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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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14 janvier 2007 7 14 /01 /janvier /2007 21:27

Voilà quelques jours, le SNUipp 93 mettait en ligne un dossier intitulé : "Création d'un statut d'emploi fonctionnel". Si l'article commence par une brève description de cette "nouveauté", il se poursuit essentiellement par un long commentaire, qui se veut complet, détaillé, précis, sur le "statut de directeur d'école". En somme un prétexte pour argumenter contre la demande de statut des directeurs.

 

Certes, à la première lecture, on peut penser à une possible "évolution" du SNUipp vers les thèses défendues par les 93 % de directeurs qui ont clairement affirmé leurs positions dans la consultation Ifop-GDID. Peut-être même, croit-on y déceler un certain infléchissement de la section du SNUipp 93 ? Hélas, trois fois hélas, plusieurs faits nous incitent à la plus extrême prudence.

 

Ce texte n'émane pas du SNUipp 93. En effet, plus d'une semaine auparavant, les "directeurs en lutte" en avaient pris connaissance lors de sa diffusion par le SNUipp 69.

Ce texte a été quelque peu modifié comme si le SNUipp 93 avait voulu en faire une version plus "lisse" qui ne prête pas à polémique. En un mot, pour qu'il apparaisse plus neutre et plus objectif, donc plus crédible.

Exemple 1 : Paragraphe "De quel statut parle-t-on ?"

Version SNUipp 69

[...] "Le statut est ainsi sensé mieux protéger, apporter la clarification des missions et une meilleure reconnaissance de la fonction. Evidemment, dans ces conditions et selon certains sondages, il n'est pas surprenant que l'immense majorité des directeurs soit favorable à un statut mais en faisant jouer à ce mot un autre sens".

Version SNUipp 93

Disparition de "et selon certains sondages".

 

Exemple 2 : paragraphe "Création d'un corps des directeurs d'école : éléments"

Version SNUipp 69

"La question du statut peut aller de pair avec celle de la création d'un nouveau corps. Nouveau métier, nouveau corps, nouveau statut... mais il n'est pas sûr que tous les collègues soient sur cette logique".

Version SNUipp 93

Disparition de "mais il n'est pas sûr que tous les collègues soient sur cette logique".

 

Dans ce paragraphe, à l'inverse, c'est le SNUipp 93 qui a ajouté quelques commentaires non présents dans le texte du SNUipp 69.

 

Les imprécisions de ce texte

Le pargraphe cité dans l'exemple 1 ci-dessus fait manifestement référence à la consultation Ifop et lui donne un coup de griffes. Le SNUipp 93 l'a bien compris.

"Il n'est pas surprenant que l'immense majorité des directeurs soit favorable à un statut mais en faisant jouer à ce mot un autre sens".

On est en droit d'attendre quelques explications. Que sous-entend cette phrase ? Quel sens le GDID aurait-il "fait jouer à ce mot" ? Ces critiques sont inutiles car non argumentées et surtout dénuées de tout fondement.

 

Les fragilités de ce texte

Dans le paragraphe concernant "la création d'un corps des directeurs d'école : éléments", le SNUipp écrit :

"C'est un peu à contre-courant de la tendance actuelle qui, dans le cadre de la modernisation de l'Etat, tend à fusionner des corps, surtout si on ajoute à cela qu'une des particularités du premier degré est précisément son homogénéité".

Il faut savoir qu'il existe actuellement environ 900 corps différents et que quelques-uns d'entre eux ne comportent que quelques agents. Ainsi, celui des "Monnaies et Médailles" compte moins de 10 personnes. L'objectif est effectivement de fusionner certains corps pour éviter les blocages et les pesanteurs liées à cet éparpillement. Mais, cela n'interdit en rien la création d'un corps de plusieurs milliers de directeurs d'école.

 

"Quoi qu'il en soit, si les collègues sont actuellement nommés sur un emploi de direction d'école après leur inscription sur liste d'aptitude, il en irait tout autrement s'il fallait qu'ils intègrent un nouveau corps. La procédure serait de toute façon plus sélective. Rien ne garantit que les collègues actuellement directeurs puissent accéder directement et automatiquement à ce nouveau corps".

Lorsque le corps des PE a été créé, une transition a été mise en place (qui n'est pas terminée, d'ailleurs) pour permettre le passage du corps de instituteurs à celui des professeurs des écoles. Il en fut de même lors de l'intégration des principaux de collège. Pourquoi serait-ce impossible pour les directeurs d'école ?

 

Les faiblesses de ce texte

"Le chef de service est défini explicitement par la loi. C'est celui qui a le pouvoir de notation, de nomination et disciplinaire : l'IA pour les écoles.

A contrario, le supérieur hiérarchique reste souvent dans l'implicite. Dans le silence des textes, c'est à la jurisprudence qu'il revient de définir qui il est, en prenant en compte la nature des fonctions exercées et l'organisation générale du service".

 

Le SNuipp devrait savoir que la jurisprudence n'est qu'une interprétation à un instant T et qu'elle est très fragile. En effet, elle peut être remise en cause par un texte ou même par une nouvelle jurisprudence.

Tout cela n'est que pur jargon syndical sans appui juridique. Tout comme l'est l'interprétation du décret qui définit les fonctions du directeur d'école.

"Si on regarde de près le décret n° 89-122 du 24 février 1989 et notamment son article 2, le directeur est compétent dans un certain nombre de domaines qui relèvent de l'organisation du service. [...] Les textes lui reconnaissent bien un pouvoir hiérarchique".

 

Ce texte montre un SNUipp déboussolé, d'un côté, par le camouflet que lui ont infligé les directeurs en se déclarant massivement (93 %) pour un statut et, de l'autre, par les initiatives du ministre. Manifestement, ce syndicat ne sait plus quel argument présenter pour justifier son refus idéologique de statut pour les directeurs. Il s'embrouille, se contredit, interprète les textes et ne craint pas les contrevérités.

Ce texte prend l'allure d'une manipulation savamment orchestrée visant à convaincre les directeurs qui se croyaient de simples instituteurs-chargés-d'école qu'ils ont déjà un statut et plus encore : un pouvoir hiérarchique !

"Voyons, camarades directeurs, pourquoi demander ce que vous avez déjà ?"

A vouloir leur faire prendre des vessies pour des lanternes, l'action concertée des sections départementales du SNUipp apparaît pour ce qu'elle est : une manipulation grossière méprisante à l'égard des directeurs.

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Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
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commentaires

Sébastien - Administrateur 15/01/2007 23:40

Entièrement d'accord, Véronique, pour dire qu'il serait plus efficace de nous concentrer sur notre "lutte" pour conquérir une véritable reconnaissance de notre métier. A vrai dire, c'est  de lojn à cela que nous préfèrerions consacrer notre temps et notre énergie.
Hélas, jour après jour, dans toute la presse syndicale, des moyens considérables sont mis en oeuvre pour dénoncer nos projets, les calomnier, mettre en cause nos idées et nous imposer une idéologie d'un autre âge. Et des moyens, ils en ont...
Ne pas répondre, c'est laisser croire que nos convictions sont faibles ou ébranlées, c'est laisser le doute s'installer dans les esprits quant à notre détermination, c'est décourager certains de nos collègues qui croient en notre action, en celle du GDID, c'est laisser le champ libre à ceux qui ne nous veulent pas que du bien... 
C'est probablement parce que les directeurs se sont tus trop logtemps qu'ils sont dans cette situation aujourd'hui. Il n'est plus possible de laisser nos contradicteurs parler en notre nom. Depuis la consultation, on ne les entend plus affirmer que "les directeurs ne veulent pas de statut". C'est notre première victoire. Elle est de taille !Alors, ne baissons pas les bras. Continuons. Ne craignons pas la confrontation. Elle est parfois nécessaire voire indispensable.
 

veronique uzan 15/01/2007 18:27

Et si on laissait de côté ce syndicat pour seulement  nous concentrer sur  ce qui nous préoccupe, c'est à dire la reconnaissance de notre rôle au sein de l'école (statut et rémunération). J'ai le sentiment que le SNipp essaie de faire diversion et peut être nous diviser ...........Ce n'est qu'un ressenti mais que j'avais envie de le  dire.Véronique

Gérald 15/01/2007 10:46

Ce même texte a également été diffusé dans plusieurs autres départements. Voilà qui montre bien qu'il s'agit, comme vous le dîtes, d'une action concertée.
Ils nous prennent pour des c... !