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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 10:42

Le 13 octobre dernier, dans un article intitulé "Le SNUipp et le SE-Unsa vont-ils freiner des 4 fers ?", nous écrivions : "Curieuse situation. D'un côté, un ministre qui semble donner l'occasion d'ouvrir des discussions pour répondre aux aspirations largement exprimées par une profession. De l'autre, des syndicats immobilistes, arc-boutés sur des positions d'un autre âge, coupés de leur base, prêts à tout pour faire échouer ces discussions". Et nous ajoutions : "La messe est dite. Le SE-Unsa et le SNUipp [...] feront tout pour freiner des 4 fers et priver, ainsi, les directeurs de toute reconnaissance statutaire comme ils viennent de l'exprimer à la quasi unanimité (à 93 %) dans la récente consultation Ifop commandée par le GDID".

Un mois plus tard, le scénario imaginé par "les directeurs en lutte" se vérifie. En effet, le 16 novembre, le SE-Unsa et le SNUipp flanqué du SGEN-CFDT, nouveau compagnon d'infortune, ont quitté la réunion organisée par le Cabinet du Ministre.

La raison officielle de ce courroux syndical : le double langage du ministre : "On ne peut afficher d'un côté une volonté de dialogue et, de l'autre, manier la menace", affirme le SE-Unsa. Dans un même élan, le SNUipp et le Sgen-Cfdt "renouvellent leur appel à maintenir le blocage administratif".

De son côté, dans un communiqué, le ministre déclare que "la fin de la grève ouvre un chapitre nouveau et constructif dans les relations entre les directeurs d'école et le ministère". Sur France Info, Emmanuel Davidenkoff y a consacré sa chronique matinale ce matin. En voici le script intégral :

"France info annonçait dès le 26 octobre dernier la nature du casus belli. Flash back. Après des années de grève administrative des directeurs d'école, le ministère a signé un accord avec l'un des syndicats du primaire, le SE-Unsa. Dès lors, le ministère a considéré que le dossier était clos. Vite dit. Si 85 % des directeurs d'école, selon l'Education nationale, ont bien repris leurs activités administratives, 15 % d'irréductibles sont toujours en grève. Ils subiront dans les prochains jours des prélèvements de salaire pour service non fait. Ils porteront, selon l'entourage du ministre, sur l'intégralité du salaire et pas seulement sur l'indemnité correspondant à leur fonction de direction. C'est en quelque sorte l'application de la jurisprudence du printemps 2003 (relire notre article relatif à la circulaire du 30 juillet 2003). Depuis cette date, l'Education nationale applique la loi dans toute sa rigueur en cas de grève. Auparavant, les longs mouvements ne faisaient pas l'objet de prélèvement à 100 % qui étaient appliqués seulement pour les mouvements courts. Deux des quatre syndicats convoqués la semaine dernière par Gilles de Robien pour négocier sur les directions du primaire ont donc claqué la porte. Ils appellent à une journée nationale d'action ce mercredi".

Face à la détermination ministérielle, le SNUipp et le Sgen-Cfdt, en pleine lune de miel, "appellent leurs organisations départementales à faire du mercredi 22 novembre une journée nationale d'action". Le SNUipp mobilise ses troupes. 1000 délégués sont attendus à Paris ! Quels délégués ? Délégués pour représenter qui ? Pour réclamer quoi ? Le mystère reste entier.

Enigmatique, le SNUipp répète qu'il envoie 1000 délégués. Peut-il s'agir de 1000 directeurs ? Assurément non ! Il est de notoriété publique que les gros bataillons de directeurs ont déserté depuis longtemps les centrales syndicales entraînant dans leur désaffection un nombre sans cesse croissant de collègues adjoints. Et même s'il s'agissait de directeurs qui veulent encore croire aux sirènes syndicales, quelle serait leur légitimité pour parler au nom de l'ensemble de leurs collègues ? Les directeurs se sont exprimés massivement sans contestation possible en faveur d'un statut. La légitimité a changé de camp. Elle est du côté des 93 % qui ont clairement répondu à la question centrale posée par l'Ifop pour le compte du GDID.

Le SNUipp le sait bien. Son objectif est de réussir à contrer ces 93 % de directeurs qui perturbent sa stratégie. Conscient de sa difficulté à mobiliser les troupes, le SNUipp met sur pied une manifestation minimale : 1000 enseignants, pardon "1000 délégués", le risque d'échec de la manifestation s'en trouve réduit... Le SNUipp reste prudent. Il a raison.

Pour le SNUipp, l'objectif est de créer un rapport de force en donnant l'illusion de soutenir les directeurs. Il espère gagner sur les deux tableaux. Il sera doublement perdant. Perdant vis à vis de l'immense majorité des directeurs qui ne seront pas trompés par le jeu habile de la direction syndicale dont la transparence n'est pas, loin s'en faut, la vertu première. Cet aréopage d'anciens enseignants à contre courant de l'opinion de la base n'offre pas un exemple de démocratie. Rappelons-nous la pseudo consultation sur le protocole en mai, modèle de manipulation, et plus récemment la volonté affichée de nier les résultats de l'enquête conduite par l'Ifop. Dirigeants à contre-courant et système verrouillé au sommet ne peuvent que mener à la faillite. Pour le plus grand malheur de l'ensemble de la profession enseignante.

Dans l'immédiat, les hommes d'appareil sont condamnés à réussir le bras de fer engagé contre le ministre. La partie est vitale pour eux. Ils ont besoin de redorer leur blason pour freiner l'hémorragie de militants, garder leur place aux prochaines élections professionnelles et ainsi conserver les privilèges liés à la fonction.

A côté de cet objectif interne, se cache l'autre objectif lié à l'idéologie dominante au sein de l'équipe entourant Gilles Moindrot : "pas de petit chef à l'école" et donc "haro sur le statut ! Il faut empêcher toute négociation sur le sujet. La tactique utilisée est simple, elle a maintes fois fait ses preuves : "pourrir la situation".

Le premier acte s'est joué le 16 novembre. Les syndicats ont quitté la table de négociation au Cabinet du Ministre. D'autres suivront. Les syndicats le savent : le temps joue pour eux. Celui de Gilles de Robien est compté. Ils useront et abuseront de l'inertie et de l'immobilisme pour arriver dans les derniers mois de la campagne présidentielle, moment où tout conflit doit être évité par le gouvernement en place.

En s'opposant au ministère, en réalité c'est aux directeurs d'école que "nos syndicats" s'opposent. En mai 2006, le SE-Unsa n'a pas craint d'ouvrir les hostilités. Depuis, le SNUipp a renchéri. D'abord en réclamant l'institutionnalisation d'un conseil des maîtres décisionnaire et maintenant en jetant toutes ses forces dans la bataille pour faire échouer la discussion sur le statut des directeurs.

Qu'ils n'oublient pas que 93 % des directeurs sont favorables à la création d'un statut... Qu'ils soient assurés que ces mêmes 93 % sauront le leur rappeler le moment venu.

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Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
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commentaires

Hervé 20/11/2006 22:50

Ils n'ont pas honte quand ils se regardent dans une glace tous ces planqués à la tête des syndicats ? Le plus incroyable, c'est qu'il y ait encore quelques vrais militants sincères à se laisser berner par ces arrivistes !!

Chantal 20/11/2006 17:49

Que faut-il faire pour créer un syndicat réservé aux directeurs et directrices ?
On ne pourra pas continuer indéfiniment à se laisser mener en bateau par des syndicats qui se fichent de nous !

Luc 20/11/2006 16:14

Très bonne analyse. C'est ce que j'avais envie de dire. Mais vous m'avez pris de vitesse. Ce qui me rassure, c'est que je ne suis pas le seul à penser à ce scénario.
On devrait pouvoir virer tous ces gens nuisibles qui occupent les bonnes places. On les retrouve partout : OCCE, Flasen, oeuvres diverses.