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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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2 novembre 2006 4 02 /11 /novembre /2006 11:46

Madame la Députée, Monsieur le Député,

En ces temps troublés par les violences de mineurs en rupture avec la société, de plus en plus de voix s'élèvent dans le pays pour réclamer que priorité soit donnée à l'Education.

De par votre fonction, vous connaissez le malaise des directeurs d'école. Vous n'ignorez pas que, bon, mal an, entre 4 000 et 5 000 écoles ne sont pas pourvues d'un directeur. Certes, l'Administration réussit à "persuader" des enseignants à occuper la fonction délaissée. Quitte à y placer, de plus en plus souvent, de jeunes professeurs des écoles sortant de l'IUFM. Ces derniers doivent alors diriger une école tout en apprenant leur métier d'enseignant. Dans tous les cas, ces "directeurs malgré eux", bien que consciencieux, travailleurs et talentueux, ne donneront pas le meilleur d'eux-mêmes. Il leur manquera formation, expérience et motivation.

Nous avons décidé de nous adresser aux élus de la Nation car le malaise persistant depuis des années ne cesse de s'aggraver. En mai 2006, Monsieur Gilles de Robien a signé un protocole d'accord avec un seul syndicat enseignant. De fait, il considère que la grève administrative entamée en 1999 doit cesser. Pour y parvenir, il annonce des retenues de salaire de l'ordre de 100 euros par jour. Cette somme supérieure à ce que gagne un directeur est à rapprocher de "l'augmentation de 20 %" de l'indemnité de direction accordée au titre de ce protocole, soit environ 51 centimes par jour ! Nul doute qu'avec de tels arguments, notre ministre parviendra à ses fins. Mais aura-t-il, pour autant, réglé le problème de la direction d'école ?

Depuis 30 ans, aucun des ministres de l'Education nationale n'a jamais apporté de véritable réponse à la crise des directeurs d'école. Chacun d'eux a loué le travail des directeurs, affirmé sa volonté d'en réduire la charge. Mais aucun d'eux n'a accepté de les doter d'un statut reconnaissant la spécificité de leur métier. Chacun des ministres s'est toujours trouvé de bons alliés de circonstance : les syndicats majoritaires qui refusent toute idée de statut de directeur et affirment, sans les avoir jamais consultés, que "les directeurs d'école ne veulent pas d'un statut". Affirmation démentie par la consultation Ifop (citée ci-après) dans laquelle 93 % des directeurs réclament un statut.

Las de n'être ni entendus ni compris de leur ministre et de leurs syndicats, les directeurs d'école rejoignent massivement une association créée voilà 4 ans : le GDID (Groupement de Défense des Intérêts des Directeurs). En septembre 2006, le GDID a commandé une consultation à l'Ifop.

Dans sa synthèse, l'Ifop souligne le taux de retour exceptionnellement élevé de cette consultation : plus de 10 000 réponses !

Les principaux enseignements sont édifiants. Ils contredisent, sur des points importants, les positions et les déclarations du ministre et des syndicats.

Nous reproduisons, ci-dessous, quelques-unes des réponses de cette consultation. Vous les retrouverez, en intégralité, sur le site de l'Ifop, à l'adresse suivante :

http://www.ifop.com/europe/sondages/opinionf/consultationdirecteursecoles.asp

"La quasi unanimité des directeurs (95 %) souhaite une définition plus claire et plus précise des tâches et responsabilités de la direction d'école".

"73 % se prononcent en faveur de la reconnaissance du métier de directeur d'école".

"76 % des directeurs demandent la création d'un statut d'établissement garantissant une parité de moyens entre les écoles".

En matière de formation, les directeurs expriment de fortes attentes".

"93 % des répondants se déclarent favorables à la création d'un statut non hiérarchique de la direction d'école venant reconnaître le métier de directeur d'école et définissant de manière claire et limitative leurs tâches et leurs responsabilités".

Les mesures proposées par le ministre Gilles de Robien sont également très critiquées :

"Une très large majorité (80 %) des répondants estime que les EVS (emplois vie scolaire) recrutés sans formation ni diplôme minimum requis ne pourront pas vraiment soulager la charge de travail du directeur".

"94 % des directeurs s'accordent pour dire qu'il sera difficile de déléguer à ces jeunes sans expérience ni formation préalable une grande partie des tâches du directeur".

"Quant à l'utilisation de PE2 (étudiants en IUFM), on juge qu'elle améliorera sensiblement le régime des décharges pour 37 % des répondants. 63 % expriment l'opinion contraire".

Conscient que le problème n'est pas réglé, Monsieur Gilles de Robien a invité, début octobre, les partenaires sociaux à de nouvelles tables rondes pour poursuivre les discussions. Parmi les thèmes proposés par le ministre : le statut du directeur. Le SE-Unsa, seul syndicat à avoir signé le protocole en mai, prend ombrage de n'être pas considéré comme interlocuteur privilégié. Le SNUipp-FSU décèle un "danger" à ouvrir des discussions sur le thème du statut dont il n'est "pas demandeur"...

Parce que l'école ne doit pas être l'enjeu d'une lutte idéologique, nous pensons qu'il est du devoir des élus de se pencher sur ce problème et de faire adopter, après deux tentatives avortées, une proposition de loi instituant un statut de directeur d'école.

Vous remerciant de l'intérêt que vous porterez à nos revendications et à l'avenir de l'école de la République,

Nous vous prions de croire, Madame la Députée, Monsieur le Député, en l'assurance de nos salutations républicaines.

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Published by Les directeurs en lutte - dans Lettre aux députés
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Patrick Duposier 04/11/2006 18:01

J'avais pensé à cette action auprès d'élus mais je ne savais comment m'y prendre. Je suis content que quelqu'un nous permette de faire parler de nous.
Les syndicats n'attendent qu'une chose : qu'on oublie ce sondage de l'IFOP.
A nous de nous mobiliser pour en faire connaître les résultats. Ce serait bien de faire la même opération auprès des médias.
Merci.
Un directeur très en colère !  (7 classes et 1/4 de décharge seulement).
 

Marie-Pierre 03/11/2006 15:41

Bravo pour votre initiative.
Il faut que les 10 094 directeurs qui ont répondu à la consultation de l'IFOP continuent leur action et envoient ce courrier à leur député.
Vous imaginez ce qui se passerait si chaque député recevait des centaines de mails pour réclamer un statut...
Ne pourrait-on envisager de faire la même opération avec les journalistes ? Ce serait super !
Je veux vous dire que vous nous permettez de garder un peu d'espoir. Merci.
Rien que pour cela, continuez !