Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Quelle heure ?

 

Recherche

Soutiens

Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 08:07

Direction d'école : le ministre veut engager de nouvelles discussions.

"La conclusion en 2006 d'un protocole, mis en oeuvre dès cette rentrée scolaire, rend désormais possibles de nouvelles concertations destinées à examiner et améliorer la situation des directeurs tout en oeuvrant pour un meilleur fonctionnement des écoles", écrit le ministre de l'Education nationale.

Alors qu'il nous avait annoncé que le problème de la direction d'école était réglé, notre ministre a probablement perçu la colère et l'indignation des directeurs. Pour ne pas perdre la face, le ministre déclare qu'il souhaite maintenant passer "à une seconde étape" du dialogue.

Trois thèmes et plusieurs questions serviront de fil conducteur à la discussion.

Premièrement, les fonctions de directeur d'école :

"Quelles conditions de travail, quels domaines pour l'assistance ? Quelles relations avec l'équipe enseignante ? Avec l'IEN ? Avec l'équipe de circonscription ?"

Deuxièmement, le statut de directeur d'école :

"Faudrait-il un corps de directeurs ? Pourquoi ? Pour toutes les écoles ou pour les plus importantes ? Quel régime indemnitaire spécifique aux directeurs d'école ?"

Troisièmement, le fonctionnement de l'école :

"Quelle analyse des causes des vacances de postes ? Comment développer des logiques de réseaux ? Quelle autonomie pour les écoles et quelle gestion de cette autonomie ? Comment permettre à une école (ou plusieurs écoles) de constituer un établissement public du premier degré ? Quelles conséquences pour le directeur ?"

Pour la première fois, peut-être, le ministre se montre ouvert à toutes les questions qui méritent débat et qui peuvent déboucher sur une amélioration des conditions de travail des directeurs pour un meilleur fonctionnement de l'école.

Hélas ! La "toute puissance syndicale enseignante" est sur la défensive. Pensez donc... Le SNUipp et le SE-Unsa ont failli s'étrangler en lisant les mots tabous du ministre : "statut", "corps de directeurs", "autonomie", "établissement public du premier degré"... Nos "responsables syndicaux" ne manifestent pas un enthousiasme débordant. Ils sont aux abois. L'initiative de Gilles de Robien les a surpris en leur proposant de s'aventurer sur le terrain glissant d'une discussion sur le staut du directeur. On les sent K.O. debout et tel un boxeur sonné, leurs premières réactions montrent leur faiblesse en accentuant un peu plus encore leur image de syndicalistes pétris d'idéologie à la tête d'organisations malades de démocratie.

Sans doute, le SE-Unsa se serait-il contenté d'une petite amélioration des "avancées engrangées"... Pour Luc Bérille, son secrétaire général, le cadre des discussions proposé par le ministre n'est pas "viable". Bien que disposé à une concertation "sérieuse", le SE-Unsa rappelle que c'est le comité national de suivi créé par le protocole d'accord qui est chargé "de formuler des propositions d'amélioration".

Le SE-Unsa se croyait en chasse gardée. Etant le seul à avoir signé le protocole, et jaloux de ses prérogatives, il s'estimait interlocuteur privilégié du ministère. Tout naturellement, croyait-il, lui revenait de droit d'être le négociateur patenté et exclusif d'autres "avancées à engranger"... Mais voilà, notre bon ministre se montre ingrat envers son partenaire signataire... Tout ça pour ça ! doit penser le SE-Unsa...

Côté SNUipp, la situation n'est pas plus confortable. Le dos au mur, assis entre deux chaises, son secrétaire général, Gilles Moindrot, déclare : "Nous avons besoin d'en savoir plus et de connaître le calendrier". En effet, essentiel, le calendrier !!! Une bouffée d'air et Gilles Moindrot poursuit : "Nous nous interrogeons également sur les mesures budgétaires et sur les intentions ministérielles sur tous ces sujets". et notre brave représentant syndical d'ajouter : "Nous n'avons jamais demandé d'ouvrir des discussions sur le statut hiérarchique de la direction". Pourquoi se sent-il obligé d'accoler "hiérarchique" au mot "statut" ? Nulle trace dans les propositions du ministre... Est-ce dèjà le premier prétexte à un refus de discussion ? L'idéologie suinte.

Curieuse situation. D'un côté, un ministre qui semble donner l'occasion d'ouvrir des discussions pour répondre aux aspirations largement exprimées par une profession. De l'autre, des syndicats immobilistes, arc-boutés sur des positions d'un autre âge, coupés de leur base, prêts à tout pour faire échouer ces dicussions.

La messe est dite. Le SE-Unsa et le SNUipp, "grands défenseurs de la direction et du fonctionnement de l'école" feront tout pour freiner des 4 fers et priver, ainsi, les directeurs de toute reconnaissance statutaire comme ils viennent de l'exprimer à la quasi unanimité (à 93 %) dans la récente consultation IFOP commandée par le GDID.

Retour

Partager cet article

Repost 0
Published by Les directeurs en lutte - dans Position des syndicats
commenter cet article

commentaires

Olivier - administrateur 13/10/2006 14:37

Bonjour Colette,
Vous êtes-vous demandée pourquoi les adhérents sont de moins en moins nombreux et notamment les directeurs ?
Vous êtes-vous interrogée sur la façon dont certains syndicats se moquent des préoccupations des directeurs ?
Sont-ils en phase avec les directeurs ?
Cherchent-ils à les écouter ? A comprendre leur quotidien ? A connaître leurs préoccupations ?
Si l'on se réfère à leurs écrits, à leurs revendications et aux réultats de la consultation Ifop, le fossé est devenu abîme.
Comment peuvent-ils dire et écrire que "les directeurs ne veulent pas de statut" alors que 93 % affirment le contraire quand on leur pose la question ? La synthèse de l'Ifop est claire et nette à ce sujet.
"Jouer de pédagogie pour les convaincre" dîtes-vous. Ce serait tellement bien s'ils voulaient tendre l'oreille et se montrer tant soit peu démocrates (cf la pseudo consultation organisée par deux d'entre eux).
Il existe, malheureusement, une vraie crise de représentativité dans le monde syndical en France. Est-ce le hasard si moins de 8 % de la population active française adhèrent à une organisation syndicale.
Faut-il dissoudre le peuple ou demander aux responsables syndicaux de se remettre en question ?
Bien cordialement.
Olivier
 

Brouard Colette 13/10/2006 11:26

Je trouve contreproductif de taper à bras raccourcis sur les syndicats, comme vous le faites depuis quelque temps. Les syndicats sont ce que les font leurs adhérents. Il faut jouer de pédagogie pour les convaincre, à la fois de l'intérieur et de l'extérieur. Combien de directeurs sont syndiqués (ou plutôt non syndiqués, tout en reprochant aux syndicats de mal les défendre)?
Colette Brouard, directrice d'école de 4 classes
 

Natacha 13/10/2006 10:15

Bravo pour votre analyse.
Vous avez vu juste. Il y beaucoup à craindre que les syndicats que vous citez vont jouer la montre et attendre l'arrivée d'un nouveau gouvernement.
Impossible de leur accorder notre confiance. Ils sont complètement déconnectés. Vous avez raison de dire qu'ils sont au service d'une idéologie plutôt que de vouloir améliorer le fonctionnement de l'école.
Natacha
Directrice d'une école à 9 classes dans le 78.