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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 22:24

Comme annoncé précédemment, nous profitons des vacances pour aborder différents thèmes relatifs à l’Education nationale. Après « le bac », nous abordons aujourd’hui « les suppressions de postes d’enseignants ». Ce sujet, hélas récurrent, qui touche tous les enseignants de la maternelle au lycée n’est pas sans conséquences sur les difficultés rencontrées par les directeurs d’école.

 
 

La suppression de postes d’enseignants : une faute

 

Après 4664 en 2007, 11 200 en 2008, 13 500 en 2009, ce sont 16 000 postes dans l'Education Nationale qui seront supprimés en 2010.

 

Maintenant, ça suffit !

 

Pas question de refuser bêtement toute suppression de postes. Ce serait tout aussi absurde que de réclamer encore et toujours plus de créations. Mais arrive le moment où « trop, c’est trop ! ».

 

L’ouverture ou la fermeture de classe doivent répondre à une nécessité professionnelle et non à un impératif purement comptable. Ce doit être une mesure d’ajustement en fonction de seuils fixés et admis selon certains critères (type de public, spécificités locales, âge des élèves, déplacements…).

Ce n’est hélas plus le cas depuis quelques années. Le nombre de postes à supprimer est décidé en fonction des difficultés financières du pays ou des obligations liées à la R.G.P.P. (relire nos différents articles sur le sujet).

Les mesures de carte scolaire ne répondent plus aux ajustements rendus nécessaires par les flux des effectifs mais participent à la maîtrise des dépenses publiques.

 

Pourtant, la D.E.P.P. effectue des études prévisionnelles pour aider les services du ministère. Seulement, voilà, il arrive qu’elles ne correspondent pas aux décisions prises par le ministre. Qu’à cela ne tienne, ces études ne sont pas publiées… et le ministère peut alors justifier les suppressions de postes comme il l’entend.

Xavier Darcos a toujours dit que les suppressions de postes ne se voyaient pas. Selon lui, le taux d’encadrement est resté inchangé. De quoi justifier les mesures prises... Pourtant, tout n’est pas aussi simple et ne répond pas à une logique mathématique.

Il manque des enseignants dans l’enseignement primaire pour assurer les remplacements, permettre à la formation continue de fonctionner et offrir des décharges supplémentaires aux directeurs d’école.

 

Les remplacements des congés et absences sont de moins en moins assurés. « Plus un seul élève sans maître », promettait Claude Allègre. Trop souvent, les élèves des maîtres non remplacés se retrouvent dispersés dans d’autres classes, parfois pendant plus d’une semaine.

De plus en plus de stages de formation continue sont annulés faute de personnels pour remplacer les maîtres soucieux de se former.

Des milliers de postes seraient nécessaires pour augmenter les décharges des directeurs et leur permettre simplement d’effectuer leur travail convenablement.

 

Oui, il manque des milliers d’enseignants à l’école primaire. Contrairement à ce qu’affirme le discours officiel, la baisse des effectifs n’apparaît nullement justifiée. L’évolution démographique plaide plutôt en faveur d’un plan pluriannuel d’augmentation des recrutements.

 

Deux causes s’additionnent actuellement.

La première est liée à une augmentation massive des départs à la retraite du fameux « papy-boom ».

La seconde est consécutive à la forte poussée démographique que la France connaît depuis les années 2000. Pour le premier degré, les chiffres officiels indiquent que le nombre d’élèves a atteint son minimum en 2003, et a progressé de 4% sur la période 2003-2007. Une hausse de plus de 8% est prévue entre 2003 et 2014.

Il y a donc urgence à recruter plus d’enseignants. Le ministère aurait dû prévoir un plan pluriannuel d’augmentation du nombre de postes aux concours.

Dès les prochaines années, un problème majeur va se poser, résultant de la combinaison d’un afflux massif d’élèves et d’une politique récurrente de réduction des effectifs enseignants. Le gouvernement semble l’ignorer.

 

En 2007 déjà, l’Europe tire la sonnette d’alarme sur le nécessaire investissement en faveur de l’enseignement. La Commission Européenne plaide pour « promouvoir la pleine participation des jeunes à l’éducation, à l’emploi, à la société ». Les coûts sociaux et économiques de l’inactivité sont élevés.

L’inclusion de tous les jeunes a une importance sociale forte. C’est aussi un enjeu économique. Un jeune sur six est en décrochage scolaire alors que la moitié des nouveaux emplois créés nécessite un niveau de qualification élevée. Le développement du capital humain, en tant que facteur clé de la réussite économique de l’Union Européenne, est devenu une nécessité. Il devrait induire une politique d’investissement dans le domaine social et éducatif. De la petite enfance à l’enseignement supérieur, la commission préconise une meilleure efficacité du système, tantôt pour assurer l’inclusion sociale de tous, tantôt pour mieux répondre aux besoins du marché de l’emploi.

 

Ce sont les sirènes économiques qui viennent souligner l’absurdité de restrictions budgétaires appliquées à l’éducation. Moins d’enseignants, moins de moyens, des classes surchargées, des dotations horaires réduites, des projets en manque de budget : la logique de Bercy fait fi de la notion de capital humain, pourtant libérale, et l’Europe se contorsionne entre politique de rigueur et nécessité d’investir dans sa jeunesse.

 

 

La suppression de postes d’enseignants : une tromperie

 

L’Education nationale paie le plus fort tribut au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Naturellement, puisqu’elle représente le plus fort contingent de fonctionnaires.

Nous l’avons souvent écrit : le Président de la République s’éloigne de l’analyse qu’il faisait lors de la campagne électorale de 2007. A l’époque, lorsqu’il évoquait la réduction des dépenses publiques, il avait déjà en tête le non-remplacement d’un fonctionnaire sur 2 mais il dénonçait également la gabegie des emplois dans la fonction publique territoriale. Il faisait allusion aux doublons consécutifs à la décentralisation et à la déconcentration des pouvoirs.

La création de multiples étages (communes, communautés de communes, agglomérations, départements, régions…) s’accompagnait trop souvent de nouveaux postes sans que les précédents, devenus inutiles, soient supprimés. Cela reste vrai en 2009 et le pouvoir en place n’a pas encore osé ou voulu s’attaquer aux « baronnies locales ».

Les parlementaires qui votent la Loi de finances, et donc les suppressions de postes d’enseignants, ne s’appliquent pas à eux-mêmes, lorsqu’ils reprennent leur casquette de maire, conseiller général ou régional, les mesures qu’ils imposent à la Fonction publique d’Etat.

 

Le récent « Rapport sur l’état annuel de la fonction publique » vient de mettre à nouveau l’accent sur les incohérences de la politique nationale : concernant les fonctionnaires, l’Etat maigrit et les collectivités territoriales grossissent.

Le nombre de fonctionnaires a augmenté de 0,8 % en France entre 2006 et 2007, mais la hausse concerne seulement les collectivités territoriales et les hôpitaux. La Fonction publique d'Etat, elle, enregistre une forte baisse de ses effectifs, selon ce rapport.


Ce rapport souligne que, entre fin 2006 et fin 2007, le nombre de fonctionnaires dans les trois Fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière), hors contrats aidés, a augmenté de 41 100 personnes (+0,8 %). Mais « à un rythme nettement ralenti par rapport à l'année précédente » (+ 1,2 % en 2006).

La Fonction publique d'Etat (FPE) par contre a connu une forte baisse des effectifs (- 2,4 %, soit -61 000 agents), notamment dans les ministères (- 3,5 %, soit - 78 400 personnes), pour atteindre aux alentours de 2,484 millions d'agents. Cette diminution, qui touche surtout l'Education nationale, est liée aux non remplacements de départs à la retraite, mais aussi aux transferts de personnels vers les collectivités locales.

La Fonction publique territoriale (FPT), à l'inverse, a connu sa plus forte augmentation d'effectifs en 2007 (+ 86 000 emplois, soit + 5,2 %), pour atteindre 1,750 million d'agents « dans un contexte de développement de certaines missions dévolues aux collectivités territoriales ».

 

Le lourd tribut payé par l’Education nationale est le résultat d’une règle dogmatique, celle du 1 sur 2. Une règle qui consiste à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux. Pourquoi pas 2 sur 5 ou 1 sur 3 ?

La question peut sembler inconvenante pourtant elle pourrait prendre une coloration moins transparente dans quelque temps. Dans son discours de Versailles (devant le Congrès), Nicolas Sarkozy avait lancé la chasse aux « dépenses inutiles » à la grande satisfaction de François Fillon, avide de penser « la France de l’après-crise ».

Le revers de la médaille de l’emprunt « d’avenir » sera une rigueur accrue, même si le mot est farouchement nié. L’UMP projette ainsi de priver du statut de la fonction publique les 2 millions d’agents de l’Etat, dont les enseignants, qui ne remplissent pas de fonction régalienne (armée, justice, impôts, police). Et de ne plus remplacer qu’un agent des établissements publics (CEA, CNRS, agences diverses…) sur trois partant à la retraite.

1 sur 2, 2 sur 3… ? Pas d’explication logique. Nous restons dans le cadre d’une règle dogmatique… « Sitôt la reprise passée, il n’y aura plus que de mauvais déficits », pronostique Nicolas Baverez.

 

En faisant supporter à l’Education nationale l’essentiel des suppressions de postes de fonctionnaires, le gouvernement commet plus qu’une erreur : une faute. Parce qu’il ne donne pas toutes les chances à l’école de former correctement des citoyens, l’Etat risque de payer chèrement les choix économiques de ces dernières années.

On a coutume de dire que ce qui est rare est cher ; la jeunesse est un bien trop précieux pour la sacrifier sur l’autel d’une gestion à court terme.

 

En ne remplaçant pas un fonctionnaire d’Etat sur deux, le gouvernement laisse croire qu’il réduit fortement et durablement les déficits publics de notre pays. Ce ne sera qu’une mesure en trompe-l’œil puisque le nombre de fonctionnaires ne cesse globalement de croître comme l’atteste le Rapport annuel sur l’état de la fonction publique.

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

campa 20/08/2009 21:45

pas de noirs dessains? j'ai comme un doute........... je pense que ces remplaçants nauront pas de garanties , peu ou pas d'indemnités,pas de statut ce qu les rendra corvéables à merci , on aura dejà à la rentrée faute de PE2 des etudiants en master pour assurer les decharges de direction de 4 classes, comment seront ils garantis en cas d'accident? comment leur seront payes leurs frais ? silence total  et asourdissant de TOUS  les syndicats , tout va bien braves gens dormez en paix!

Marie 13/08/2009 14:30

Rien à voir, Zilou, avec l'idée que tu prêtes au gouvernement de supprimer les remplaçants. Darcos l'avait expliqué, Chatel le redit : sur les 50000 remplaçants, 80% effectuent des remplacements. 10000 ne remplacent personne. Pourquoi ?Le but de l'Agence c'est d'améliorer l'efficacité du système actuel en permettant une réactivité quasi immédiate. Sois rassuré : pas de noir dessein dans ce projet.

ZILOU 13/08/2009 00:05

Ils s'en fichent des enseignants absents non remplacés puisqu'ils vont lancer l'Agence de Remplacements, qui embauchera des vacataires non formés et payés des clopinettes.Peu à peu, il n'y aura plus un fonctionnaire remplaçant.Ca commence déjà à se faire et pourtant, on n'entend aucun syndicat là-dessus (Je veux dire pour expliquer où on en est du débat et quelles démarches ils ont entreprises pour que ça ne se fasse pas.)Etrange non, quand on les voit se démener pour des sujets bien moins vitaux pour l'EN et les professeurs des Ecoles en général ?

ZILOU 13/08/2009 00:04

Ils s'en fichent des enseignants absents non remplacés puisqu'ils vont lancer l'Agence de Remplacements, qui embauchera des vacataires non formés et payés des clopinettes.Peu à peu, il n'y aura plus un fonctionnaire remplaçant.Ca commence déjà à se faire et pourtant, on n'entend aucun syndicat là-dessus (Je veux dire pour expliquer où on en est du débat et quelles démarches ils ont entreprises pour que ça ne se fasse pas.)Etrange non, quand on les voit se démener pour des sujets bien moins vitaux pour l'EN et les professeurs des Ecoles en général ?