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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 14:10

La première partie de notre annonce (recherche ministre) ne s’applique pas spécifiquement à l’Education nationale.

En effet, ainsi que le dit Stéphane Rozès, directeur général de l’Institut CSA et enseignant en Sciences politiques, « les ministres ne semblent pas exister ». Et d’ajouter que « le président occulte ses ministres qui en deviennent invisibles ».

Médiateurs, émissaires, missionnaires, commissionnaires, conseillers du Président : tout ce monde gravite autour de l’Elysée, communique sous son égide, met un peu plus sous l’éteignoir un gouvernement déjà très éclipsé par le Président.

Les ministres sont d’ailleurs classés en diverses catégories (grillés, mal-aimés…). Xavier Darcos qui a perdu tout crédit est rangé parmi les « ministres grillés ».

Pourtant, le ministre de l’Education nationale n’a ménagé ni sa peine ni son temps pour appliquer à la lettre et avec beaucoup de zèle les directives de Nicolas Sarkozy.

 

La seconde partie de notre annonce (…élaborer réformes de structure) concerne explicitement le ministère de l’Education nationale.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que depuis sa nomination, Xavier Darcos n’est pas resté inactif. Il a pris énormément de mesures : politiques voire idéologiques (SMA), sociétales (suppression des cours le samedi) ou comptables (suppressions de postes par milliers).

La refonte des programmes découle logiquement de la réduction de la semaine à 4 jours, mesure prise sans réflexion et qui devra être révisée tant elle est décriée par les chronobiologistes.

Les stages de remise à niveau et l’aide personnalisée n’ont d’autre objectif que de « sédentariser » les RASED pour économiser des postes.

 

Dans le premier degré, une véritable réforme de structure semblait pouvoir aboutir : la création d’EPEP. Une proposition de loi était prête et 500 postes administratifs provisionnés. Patatras ! La voilà mort-née avant même que d'être discutée.

 

Par réforme de structure, nous entendons ce qui modifie en profondeur et durablement le fonctionnement de l’école. Pour ne prendre qu’un  exemple, dans le 1er degré, ce serait le cas des EPEP…

Par réforme d’aménagement, il faut comprendre ce qui touche à la refonte des programmes, à la modification de la semaine scolaire…

Même si les secondes réformes ont une incidence (en bien ou en mal) sur le travail des enseignants, elles n’engendrent pas de modification majeure, ni du fonctionnement de l’école, ni du statut de ses personnels.

 

On peut noter que toutes les réformes accomplies ou en voie de l’être ne sont guidées que par une approche comptable plutôt que pédagogique. Cette approche comptable est en fait dictée par l’Europe qui oblige tous ses membres à mettre en place la RGPP (relire nos nombreux articles traitant de ce thème). Et c’est là qu’il faut chercher le côté néfaste de la plupart des réformes mises en place. 

 

Sensée dégager 5 milliards d'économie dans le budget de l'Etat, la RGPP a lié impératif budgétaire, conservatisme éducatif et précipitation. Sous prétexte d'efficacité, le gouvernement a officiellement lié les réformes de structure qu'il envisage (organisation des enseignements et des filières, métier d'enseignant) à la défense d'un programme pédagogique traditionaliste (le recentrage de l’école sur les apprentissages fondamentaux).

 

Beaucoup pensaient que la nécessité de dégager des économies allait enfin amener de la raison et imposer des réformes de structure attendues depuis longtemps. La crise budgétaire pose les questions de l'efficacité de l'Ecole. D'une nécessaire refonte des programmes, des filières et des horaires, on pouvait espérer que le ministre saurait dégager des moyens pour se doter des outils d'encadrement et d'animation proches du terrain qui font défaut dans le système français. Enfin la même crise pouvait pousser à redéfinir le métier d'enseignant en lui redonnant toute sa dimension éducatrice et formatrice.

 

Au-delà des annonces sur l’organisation de la scolarité, la réforme Darcos était plus une réforme de comptable que d’Etat et, en ce sens, elle ne pouvait que manquer de souffle et d’ambition.

 

A coup sûr, ce que l’on retiendra le plus des mesures Darcos, ce sont les suppressions de postes par milliers (25 000 en 2 ans).

 

 
Le 4 janvier dernier, dans un article intitulé « Xavier Darcos englué dans la RGPP », nous insistions sur le fait que notre pays n’est pas le plus dépensier en matière d’éducation pour sa jeunesse.

 

Nous écrivions ceci :

 

Posant le postulat que personne ne souhaite affaiblir les résultats scolaires de la jeunesse de son pays, tout un chacun se pose alors la question suivante : « Les dépenses de la France pour l’éducation sont-elles à ce point supérieures à celles des pays voisins comparables et les résultats scolaires de ses enfants sont-ils jugés à ce point excellents qu’on puisse réduire fortement les coûts sans nuire à la qualité de l’enseignement ? »

 

Sur le plan des dépenses, la réponse est fournie par l’OCDE :

 

L’Education nationale française dépense 5430 euros en moyenne par élève en primaire et secondaire, les Etats-Unis et la Suisse (8580 euros), les pays scandinaves, l’Autriche, le Canada (6000 à 6400). La moyenne de l’OCDE est 5343.

 

Pour le primaire, la France dépense 3575 euros, les pays européens 3861. Pour les collèges, 5434 contre 4648. Pour les Lycées, la France, avec 7150 contre 5362, est à égalité avec l’Allemagne, au quatrième rang européen, n’étant dépassée que par le Luxembourg (12 368), la Suisse (10 723) et la Norvège (8576).

La France consacre au primaire et secondaire (BTS compris), 4,2% de son PIB, plus que la moyenne de l’OCDE (3,9%). Mais elle est parmi les pays dont la part scolarisable de la population (5-14 ans) est la plus élevée. La part du privé, 0,3%, est aussi à la moyenne, elle est nettement plus élevée en Suisse, Grande Bretagne et Allemagne.

Les 5-14 ans suivent, au total, 7500 heures de cours contre une moyenne OCDE de 6800; l’écart est surtout important dans le secondaire.

 

La France compte 19,4 élèves par enseignant dans le primaire (moyenne OCDE 14,1).

 

On voit bien que là où l’effort français est moindre, c’est dans le primaire. Dans l’ensemble, les temps d’enseignement imposés à nos enfants de 7 à 14 ans, sont parmi les plus élevés. Quant à la taille des classes, c’est encore le primaire, qui est moins bien loti en France qu'à l’étranger.

 

Les finances de la France imposent des économies importantes. Mais elles ne doivent pas être réalisées en priorité sur le dos de la fonction publique d’Etat.

D’ailleurs, durant la campagne présidentielle, le candidat Nicolas Sarkozy avait bien expliqué que la gabegie provenait des doublons en fonctionnaires dans les collectivités territoriales

 

 
C’est très exactement ce que résume Franz-Olivier Giesbert sur RTL le 6 mars 2009 :

 

« Nos collectivités locales fonctionnent comme une usine à gaz. Nous avons empilé les échelons, ce qui évidemment renchérit les coûts, et dilue les responsabilités.

La preuve que ça cloche, c'est que le nombre des fonctionnaires territoriaux a pratiquement doublé en 20 ans, pour s'approcher des deux millions. Ils ne sont évidemment pas gérés du tout. Loin de moi l'idée de les montrer tous du doigt, et tant pis si je déclenche une tempête de protestations téléphoniques, mais il faut savoir que leur taux d'absentéisme, de 13%, pour raison de santé notamment, est beaucoup plus important que celui de la fonction publique d'Etat qui est de 7,3%, chiffre déjà plus élevé que celui du privé. Vous atteignez ainsi le chiffre de 22% d'absentéisme, 22% à Aix en Provence, on se frotte les yeux. Que voulez-vous, on a la santé fragile dans la territoriale.


L'économiste Jacques Marseille a d'ailleurs calculé qu'avec le taux d'absentéisme de la fonction publique d'Etat, la fonction publique territoriale aurait besoin de 100.000 fonctionnaires de moins.

Désolé, je sais que je vais me faire agonir, mais c'est la réalité, si les noms ont un sens, ça s'appelle de la gabegie.


Ce qui est sûr, c'est que le mille-feuilles composé par les différents échelons, régional et départemental, une particularité française, fabrique plus de bureaucratie et plus de surcoût. Il faut donc simplifier ce système, le rationaliser, et il y a quelque chose de comique à entendre nos politiciens entonner l'air des grands principes au nom de leur clocher ou de leur terroir, avec la même arrière-pensée, qu'ils soient de droite ou de gauche : "touche pas à mon mandat", dans les deux sens du terme, électoral et pécuniaire
 ». (Franz-Olivier Giesbert sur RTL – 6 mars 2009)

 

 

On le voit, le gouvernement a fait des « coupes sombres » dans les dépenses là où c’était le plus facile et le plus injuste. Evidemment, il n’est pas facile de « tailler » dans les effectifs des collectivités territoriales sans s’attirer les foudres des « baronnies » locales.

 

Certes, d’autres « réformes » toucheront l’Education nationale dans les mois à venir, mais ce ne seront, une fois de plus, que des mesures comptables (nouvelles suppressions de postes par milliers) ou des aménagements scolaires (classe le mercredi, horaire de l’aide personnalisée…).

Les indispensables réformes de structure seront reportées au prochain quinquennat.

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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Pierrot 12/03/2009 19:07

Je pense qu'ils ne voient que le verre à moitié vide (le statut casse le corps des instits... par exemple) et pas le verre à moitié plein (le statut définit le rôle d'un dirlo, le limite et par ce fait régule les rapport dans les équipes en dressant le cadre)La multiplication des profils, les "lettres de mission", les décrets imposant au dirlo "sans statut" de mener des actions "comme si ils avaient un statut" sont là pour le montrer.Mais, et c'est là que Darkozy n'aide pas c'est le moins que l'on puisse dire, pour qu'un tel débat puisse de mettre en place valablement, il faut une certaine confiance d'ensemble. Ce que l'on a pas..à mon tour d'être complètement d'accord avec toi.

che 12/03/2009 18:39

Tu connais bien notre projet EPE  Che .Et bien je suis persuadé que si c'était le projet du GVT, il recevrait exactement le même accueil que les EPEP Darcos.Or ils n'ont rien en commun sauf la coquille: la nécessité de donner de l'Autonomie aux écoles par le biais d'un statut d'établissement.Mais l'outrance des attaques, le manque de recul, le besoin maladif de peindre en noir pour paraître plus blanc (ou vice versa), le fait de ne rester que sur la forme (la coquille) et éviter le fond (le contenu),  annihilent toutes possibilités de discussionsJe suis complètement d'accord avec toi, Pierrot. Et c'est bien pour cela qu'actuellement la question est ingérable. La question statut dirlo et école est complexe et doit être débattue car il y a de nombreuses opinions qui s'opposent. Des oppositions fortes et appuyées sur une vision tout à fait respectable de l'Ecole, même si ce n'est pas la mienne. Je défends nos projets et ne change pas d'angle.Le blocage du snui sur ce thème, l'angle à peine plus souple du SE.. je les comprends car ils s'appuient sur des "risques" tout à fait cohérents, mais je ne les accepte pas car je pense que le statut quo  rendra ses "risques" ("ptit chef" en particulier) bien plus présents qu'un statut.Je pense qu'ils ne voient que le verre à moitié vide (le statut casse le corps des instits... par exemple) et pas le verre à moitié plein (le statut définit le rôle d'un dirlo, le limite et par ce fait régule les rapport dans les équipes en dressant le cadre)La multiplication des profils, les "lettres de mission", les décrets imposant au dirlo "sans statut" de mener des actions "comme si ils avaient un statut" sont là pour le montrer.Mais, et c'est là que Darkozy n'aide pas c'est le moins que l'on puisse dire, pour qu'un tel débat puisse de mettre en place valablement, il faut une certaine confiance d'ensemble. Ce que l'on a pas.. au contraire. Tout, du gvt, du fond à la forme entraine à être vent debout contre. Bilan... pas de confiance donc pas de discussions vraies. En fait... malheureusement et je le déplore.. Darkozy attaque les fondements del'école laîque et républicaine. Se battre contre doit forcément être global car l'attaque l'est, d'où radicalisation. On ne peut faire confiance à ces gens-là!C'est dommage car en effet c'est du gâchis et surtout, me concernant personnellement, trop de temps perdu. Quand le débat sur ces questions reviendra, car il reviendra, c'est obligatoire, je serai parti.. Dommage.che

che 12/03/2009 13:04

d'accord avec toi froment sur le type de ponctuation. Disons même que je booste parfois un peu beaucoup mon cynisme naturel au concentré d'optimisme. Faut bien.Il y a en effet bien plus de chances que l'économie financière reprenne le dessus. D'ailleurs, c'est en fait déjà en cours la crise servant de prétexe à des regroupement toujours plus rapides et importants au sein des groupes industriels.che

Szyckx 12/03/2009 10:28

@ Pierrot"Sarko...Assez loin de l'idéologie libérale.""je ne défends en rien la politique de Sarkozy et de son GVT" Excuse-moi, je m'étrangle de rire...Qu'est-ce que ce serait, Pierrot, si tu le défendais... Je te l'ai déjà dit au moins 2 fois : y a pas de honte à soutenir Sarko. C'est ton droit et on le respecte...

Pierrot 12/03/2009 09:44

Je veux bien "le libéralisme pas pareil...", mais à l'époque Giscard était traité de la même manière, avant lui De Gaulle (le fascisme ne passera pas), et après  Mitterrand le "bolchevique"... On a eu droit aussi à Chirac=Le Pen...Cette radicalité, proche de la caricature, Che, Théo, ne date pas de la séquence Sarko, c'est notre culture... Alors même que les politiques se recentrent,que les différences entre une politique de gauche et celle de droite sont plus nuancées, moins nettes, parce que nous vivons dans un monde plus complexe et globalisé, le discours radical perdure, et reste un frein à la réforme concertée:-le compromis, si nécessaire dans le vivre ensemble, devient de la  compromission:  puisque l'autre est un salaud faut lui montre ses muscles...Il est certain que J. Ferry  qui installe l'école gratuite et obligatoire travaillait sur le velours d'un terrain vague... Aujourd'hui ce terrain est bâti. La réforme est du domaine de l'aménagement... Beaucoup plus soumis à la critique et au goût de chacun.Tu connais bien notre projet EPE  Che .Et bien je suis persuadé que si c'était le projet du GVT, il recevrait exactement le même accueil que les EPEP Darcos.Or ils n'ont rien en commun sauf la coquille: la nécessité de donner de l'Autonomie aux écoles par le biais d'un statut d'établissement.Mais l'outrance des attaques, le manque de recul, le besoin maladif de peindre en noir pour paraître plus blanc (ou vice versa), le fait de ne rester que sur la forme (la coquille) et éviter le fond (le contenu),  annihilent toutes possibilités de discussions.Et c'est un faux statu quo qui s'installe (un peu comme l'armistice de 11 novembre 18 qui a préparé la guerre de 39/45).La grande différence, c'est que nous sommes entrés dans l'ère de la mondialisation.- Et alors, on nie la mondialisation ou on l'adapte?L'Europe, notamment, a fait son bonhomme de chemin et a dérégulé les Etats.- Et pour la première fois en Europe une génération entière n'a pas connu la guerre...Sarko a idéologie souple"Pas du tout. On le voit encore aujourd'hui avec la réintégration dans le commandement de l'OTAN. On l'a vu l'an dernier avec le passage en force du traité de Lisbonne en l'imposant par la voie parlementaire contre la majorité des Français.- le SMA, le Grenelle de l'environnement, indexation des loyers, réforme de la caution, réduction du mandat présidentiel... Assez loin de l'idéologie libérale.....Il n'est pas souple. Il fait machine arrière quand il ne peut plus avancer : réforme du lycée...S'il fait machine arrière (et franchement les lycées n'est pas un bon exemple de réforme idéologique) c'est que ce n'est pas un idéologue mais bien un opportuniste.(sur la voie parlementaire aussi on est dans la posture. La peine de mort?)Les idéologues meurent assassinés ou exécutés...PS: je ne défends en rien la politique de Sarkozy et de son GVT, je n'ai pas besoin de le diaboliser pour m'y opposer. C'est tout. 

Froment 12/03/2009 09:17

@ Che"La crise financière qui a fait mal à cette théorie du libéralisme en prouvant sa fausseté."C'est indéniable et tout le monde en convient. C'est (si l'on peut dire ?) le côté positif de la crise..."Peut être va-t-on alors pouvoir reparler pour de vrai et passer du radical au réformisme."Personnellement, j'aurais mis un point d'interrogation car je ne suis pas optimiste au point de croire que tout va miraculeusement s'arranger.Je pense même que lorsque la crise sera passée, les vieux démons financiers reprendront progressivement le dessus et reviendront à la situation d'avant crise... (ce n'est que mon avis...)

che 11/03/2009 23:47

Pour aller dans le même sens. Les années Giscard ne sont pas de la même essence. Le libéralisme non plus.Le libéralisme n'est pas une sorte de doctrine unique . Il évolue et change de forme.Au sortir de la guerre et jusqu'à la fin des années 70, le libéralisme était plutôt keynesien. avec comme conséquence l'idée d'un Etat fort qui régulait et intervenait dans le marché.La conséquence, le fonctionnariat n'était pas aussi honni et l'Education pas encore un élément du marché.Vers les années 80, le libéralisme keynésien a laissé la place avec la mondialisation et surtout la financiarisation à un courant plus dur du libéralisme qui se réclame néoclassique et dans ce néo classissisme au courant le plus entier qui refuse une quelconque intevention de l'Etat qui doit se recentrer dans 3 fonctions régaliennes police, armée, justice et ne pas en sortir.Ce courant pense que les "imperfections" du marché viennent de la sphére publique qui sort de ces 3 fonctions. L'Education n'en fait pas partie. Elle est dans le marché. La suppression des fonctionnaires et l'ouverture au marché de l'Education sont la conséquence directe.Bush et Sarko sont dans ce trip. Darcos, ancien proche du club de l'horloge de même. Le traité de Lisbonne va dans ce sens. L'Education n'apparait d'ailleurs pas nommément comme "protégée" de la loi du marché.Pour moi, nous sommes bien dans l'idéologie et la comparaison avec Giscard ne me semble pas pertinente car le libéral Giscard n'a rien à voir avec le libéral Sarko.Ce n'est que mon analyse. Je ne suis pas économiste.Mais basé sur cette analyse, en effet, je ne crois pas que l'on puisse trouver un terrain d'entente avec eux. Nous sommes radicalement opposés. Donc pour moi notre position doit être radicale.Ensuite, que des consensus à minima soient trouvés. Peut être.. Un GVT est aussi pragmatique et pour rester au pouvoir, les "chefs" sont prêts à avaler un bord du chapeau si c'est nécessaire. Mais ce ne sera qu'à cause d'une mise en danger électorale par une pression forte qu'ils accepteront de lâcher une miette, pas parce que ils sont convaincus car même la miette va à l'encontre de leur idéologie de fond.Ils chercheront àlors à la reprendre par la bande. On a des exemples tous les jours... évaluations "payées" pour introduire le "mérite" par la bande. "Prime aux dirlos" , aux débutants pour la même raison.Pas d'EPEP, mais on "incite" à regrouper les écoles et à mettre en place des profils. On sédentarise les équipes en bidouillant le mouvement. etc..Le fond est pourri, et même si tu le repeins, il reste pourri.Une lueur d'espoir me semble t il... La crise financière qui a fait mal à cette théorie du libéralisme en prouvant sa fausseté. Bilan, Keynes reprend des couleurs avec le néo keynesianisme qui redonne une part d'importance à l'Etat. Obama l'applique (peut être par idéologie) comme d'autres libéraux en place (peut être pr obligation)... Peut être va-t-on alors pouvoir reparler pour de vrai et passer du radical au réformisme.Ce n'est qu'un avische

Théo62 11/03/2009 22:55

@ Pierrot"...la France a connu des périodes "fastes" avec des "libéraux" au pouvoir (les années Giscard)... Pas de suppression de postes de fonctionnaires."La grande différence, c'est que nous sommes entrés dans l'ère de la mondialisation. L'Europe, notamment, a fait son bonhomme de chemin et a dérégulé les Etats. Elle impose plus de 80 % de ce qui se vote au Parlement français. Les circulaires sont européennes avant d'être françaises. La RGPP, c'est l'Europe... Tu sais la concurrence libre et non faussée, c'est l'Europe. Et c'est là qu'il faut chercher l'origine des suppressions de postes pour que l'Etat soit moins fort et qu'au final, il ne s'occupe plus que des fonctions régaliennes."Sarko a idéologie souple"Pas du tout. On le voit encore aujourd'hui avec la réintégration dans le commandement de l'OTAN. On l'a vu l'an dernier avec le passage en force du traité de Lisbonne en l'imposant par la voie parlementaire contre la majorité des Français.Il n'est pas souple. Il fait machine arrière quand il ne peut plus avancer : réforme du lycée...Che et Moira ont raison. Seule l'épreuve de force compte en Sarkoland.

Pierrot 11/03/2009 19:20

Toujours pas convaincu...La position gouvernementale est purement et prioritairement idéologique. Nous serions en période faste que les objectifs seraient les mêmes.Ce n'est pas vrai, la France a connu des périodes "fastes" avec des "libéraux" au pouvoir (les années Giscard)... Pas de suppression de postes de fonctionnaires.De l'autre côté, quand Savary s'est attaqué à l'école privée, où étions-nous pour l'aider tenir une position idéologique (l'école de J.Ferry? (ça lui a coûté son ministère!).Pendant des lustres le budget de l'éducation nationale est resté le premier... Comment se fait-il que nous soyons si perméables aux attaques?D'ailleurs, on voit bien que les objectifs et la méthode pour les atteindre ne sont déjà plus les mêmes... Sarko a idéologie souple.D'ailleurs, dans la plate forme commune revendicative pour le 19, le maintien du nombre de fonctionnaires s'inscrit dans le contexte de la crise... et pas dans l'absolu.On retrouve la même idéologie dans la suppression des cours le samedi. C'est moins visible, bien sûr... Mais il faut plaire aux bobos qui doivent pouvoir profiter de leur week-end...Et aux enseignants, favorables dans les mêmes % que les parents.(dans les régions où sévissaient la semaine des 4 jours, ce sont les enseignants qui l'ont faite voter en CE...)Maintenant ne me faite pas dire ce que je ne pense pas.Je n'ai jamais prétendu qu'il n'y avait pas de l'idéologie dans les , j'ai dit que c'était l'économie qui était prépondérante.Je n'ai jamais prétendu non plus que droite et gauche c'était pareil...ça c'est SARKO, l'idéologue, qui essaie de le faire croire.Pour conclure sur du consensuel, je partage:Donner une autonomie plus grande aux écoles, je suis pour mais dans le cadre de l'Education nationale fidèle aux valeurs que nous connaissons, pas dans le cadre d'une ouverture à la concurrence du service publique.Un statut ppour les dirlos, je le défends, mais dans le cadre des valeurs de l'Ecole de Ferry, mais je suis contre dans le cadre libéral d'une transformation de l'unité école en entreprise compétitive avec un dirlo patron... Mais pour y arriver, il faut prendre des risques (mesurés) et discuter avec l'autre.PS: la concurrence, Che, je suis tout à fait contre dans le domaine du service public auquel je suis viscéralement attaché.Et même dans le privé je désapprouve l'absence de régulation par l'État.Mais il ne suffit pas de dire cela et s'accommoder de la concurrence qui existe aujourd'hui entre nos écoles.Tu le sais, la course à la dérog. est un sport national, où les enseignants ne sont pas manchots.• je ne comprends pas ce qui nous pousse à "diaboliser" ceux avec qui, d'une façon ou d'une autre, on devra discuter.

Moira377 11/03/2009 17:36

De l'avis de Che.Contrairement à ce qu'affirme Pierrot, il s'agit bel et bien d'une posture idéologique chez Sarkozy.On le voit dans la mise en place du SMA. Il faut à la fois montrer que les grèves, ça ne se voit pas (c'est ce qu'il a dit, n'est-ce pas...) avant celle du 20 novembre...On retrouve la même idéologie dans la suppression des cours le samedi. C'est moins visible, bien sûr... Mais il faut plaire aux bobos qui doivent pouvoir profiter de leur week-end...On a cette même idéologie dans la mise en place des EPEP, sauf que trop c'est trop et qu'il sait être pragmatique quand nécessaire...Idéologie encore avec la suppression des IUFM. Même si, pour le coup, on peut se demander s'il n'a pas raison, vu ce que tous ceux qui y passent en disent à leur sortie...Bref, la crise économie a bon dos. Et comme Che, je suis persuadé qu'on aurait rien eu s'il n'y avait pas eu de crise.En revanche, je suis persuadé qu'il nous accorderait un statut par le biais des EPEP si on montrait tous un réel souhait de voir cette réforme s'appliquer. Oh, le statut, il ne nous le donnerait pas pour nous faire un petit cadeau... Mais parce qu'il estime que ce serait nécessaire pour faire passer les réformes sur le terrain.Quant à Darcos... Il applique... Il suit... Il pense à sa carrière... On l'avait cité comme premier ministrable... avant qu'il ne soit "grillé", comme écrit dans l'article.

che 11/03/2009 14:56

Je ne crois pas en effet que les dispositions sur l'école de XD , tout autant que la volonté absolue de réduire le nombre de fonctionnaires est une vue simplement économique. L'économie a bon dos. Les caisses vides, les économies sur le train de vie de l'état et la conséquence "logique".. On vire des fonctionnaires sont un superbe écran de fumée.D'ailleurs le fameux PIB indice de santé économique par excellence, prend en compte les "unités non productives" comme les enseignants, les infirmières etc... de plusieurs manières selon le mode de calcul retenu, prouvant bien que ces unités non productives que sont les fonctionnaires produisent une valeur ajoutée au pays, même d'un point devue strictement économique.La position gouvernementale est purement et prioritairement idéologique. Nous serions en période faste que les objectifs seraient les mêmes. Darkosy ont réuni le 23 février des profs pour un déjeuner. L'idée.. Parler à bâtons rompus, hors circuits syndicaux, pour "tester" des propositions éventuelles sur des "profs de base".D'après N Polony (pour Marianne) ont été abordés l'autonomie complète des établissements, le recrutement des personnels par les principaux, proviseurs et même directeurs, le paiement au mérite, etc...C'est révélateur... Nous ne sommes pas avec ce gouvernement dans un débat d'aménagement de l'école actuelle pour la faire évoluer. mais bien plus dans une opposition entre deux visions de la place et du rôle de l'Ecole. Idéologie contre idéologie.Ecole de J ferry contre école anglo saxonne. Ecole gratuite et nationale contre écoles en compétition ouvertes au marché autonomes. Le réformisme qui consiste à négocier pour faire avancer ne me pose pas de problèmes, mais pour pouvoir être dans cette optique, il faut que le fond, le fondamental soit partagé entre les deux partis, et là, je ne crois pas que ce soit le cas.Donner une autonomie plus grande aux écoles, je suis pour mais dans le cadre de l'Education nationale fidèle aux valeurs que nous connaissons, pas dans le cadre d'une ouverture à la concurrence du service publique.Un statut ppour les dirlos, je le défends, mais dans le cadre des valeurs de l'Ecole de Ferry, mais je suis contre dans le cadre libéral d'une transformation de l'unité école en entreprise compétitive avec un dirlo patronEn conclusion.. Je ne crois pas que nous puissions être dans le réformisme actuellement mais bien plutôt dans une opposition franche, dure, globale. Le fruit est trop pourri pour qu'on ne le jette pas.Ce qui ne veut pas dire que nous ne devons pas préparer des alternatives. Darkozy passera et si on l'a empêché de bousillé notr bien commun qu'est l'école.. Ce sera tant mieux. Mais cela ne doit pas faire oublier que les problèms demeurent et qu'il faudra bien les régler.. Et en premier lieu celui du statut des dirlosche

merlin 11/03/2009 14:06

Il est bon parfois de discuter, d'échanger et je constate que nombre des débats qui ont lieu sur ce site et celui du Gdid, se retrouve ailleurs quelques semaines plus tard ( avez-vous reçu le diaporama du Snuipp sur l'évlolution de l'école?)Nous sommes assez d'accord sur un point: non aux EPEP Darcos et à la libéralisation sauvage de l'école.Ensuite nos analyses diverges: le Snuipp et le SE sont pour un combat " défensif" ou contre tout et on ne change rien , d'autres du Gdid ou d'analyse proche sont pour une évolution de l'école pour la mettre en adéquation avec ses nouvelles missions tout en lui gardant ses valeurs républicaines ( EPE).  Au delà de ce constat, on peut remarquer la défense systématique de tous les " statuts" particuliers de l'école ( IMF, CP, Rased...) à l'exclusion de tout ce qui touche à la fonction de directeur d'école. Nous ne sommes plus dans l'argumentation raisonnée mais bien dans une posture idéologique refusant de reconnaître un métier spécifique dont tout un chacun s'accorde à reconnaître l'exigence, la difficulté, l'absence de reconnaissance.   Peut-on parler " d'anti-directorialisme primaire"? ...

PouK 11/03/2009 08:57

@ PatrickVoilà ce qu'écrivait un collègue (che) il y a quelques jours :"la bagarre doit perdurer, elle doit même se radicaliser car ce GVT ne comprend que le rapport de force. On en a des exemples chaque jour, universités, guadeloupe, lycéens.. che"Entièrement de son avis. Nos petites discussions ne sont pas entendues. Et même si elles l'étaient, on n'aurait aucune chance de trouver une oreille attentive. Che a raison : seul le rapport de forces a permis les reculades du ministère. Seul le rapport de forces permettrait de faire avancer notre cause.

VALMORI Patrick 10/03/2009 23:07

De grandes dicussions intéressantes... De beaux échanges sur l'économie... De belles tirades sur le fonctionnement de l'Etat...Tout cela est fort bien mais pendant ce temps, de quoi parle-t-on dans le monde de l'Education ? Des enseignants-chercheurs et de l'université.Et nous, pauvres enseignants-chargés-de-direction, nous sommes bien oubliés... Le statut ? Quel statut ? Les EPEP ? C'est quoi, déjà, les EPEP ?Tout cela vaut-il bien la peine de se prendre la tête ? J'y crois de moins en moins... 

Pierrot 10/03/2009 16:50

@ Froment, une question de profane:Tu dis:Les dépenses publiques : leur poids est inférieur en France à ce qui existe dans des pays comme le Danemark et la Suède qui tirent plutôt bien leur épingle du jeu sur le marché mondial.> Est-ce que la comparaison peut s'établir de dépenses publiques à dépenses publiques sans que d'autres facteurs, comme la dette ou le niveau des prélèvements, ou le niveau des salaires ou le PIB... soient pris en compte?PS. Inutile d'essayer de me persuader qu'il faille un service public fort, j'en suis résolument convaincu.La question, ici, c'est: est-ce que le service public est à la fois réformable , et plus d'efficacité est-il compatible avec moins d'agents?> Il me semble bien que, pour la grève du 19, l'arrêt de la diminution du nombre de fonctionnaires est revendiqué par rapport à la crise- Au regard de la destruction des emplois dans le privé, ce n'est pas le moment de réduire le nombre de fonctionnaires.(ce que je partage assez, les fonctionnaires cotisant aux assurances sociales...)Pourquoi cette référence à la crise, serait-ce différent si elle nous avait évité?

Froment 10/03/2009 16:02

@ Pierrot"Attali n'est pas un ultra libéral"C'est vrai, le qualificatif est sur-dimensionné. Disons qu'après avoir été socialiste avec Mitterrand, il est devenu libéral avec Sarkozy.Je pense que c'est un personnage haut en couleur, aussi naïf que libéral...Son rapport est intéressant... à lire. On y trouve quelques bizarreries...
Le rapport propose une mesure détestable : « Apprendre l’économie dès le primaire. » Ca laisse rêveur. Je pense qu’il vaut mieux que les enfants apprennent à lire, compter, chanter, quelques poésies aussi. Tout ça vaut mieux que les formater à la croissance, pauvres gamins, à peine sevrés.
 
Le noyau dur libéral du rapport avec deux mesures essentielles qui sont de nouveaux allégements de cotisations et une réduction brutale des dépenses publiques.
Les dépenses publiques : leur poids est inférieur en France à ce qui existe dans des pays comme le Danemark et la Suède qui tirent plutôt bien leur épingle du jeu sur le marché mondial.

Pierrot 10/03/2009 11:08

faudrait d'abord que j'apprenne à envoyer des commentaires...Au contraire, par épisode c'est plus captivant, tu maintiens le suspens.Grosso modo je suis d'accord avec toi...Je redis que des courants ultra libéraux existent et sont actifs... Je ne leur accorde pas l'importance que tu leur donnes.- le point d'ancrage de la RGPP est bien la nécessité (annoncée comme telle en tous les cas) de réduire les dépenses de l'État.-  même notre droite française n'est pas culturellement "ultra libérale", et le mot libéral a été introduit dans le vocabulaire du PS par Royal et Delanoë. -  même critiqués, les services publics gardent un lien fort avec les usagers. Et la crise ne fait que renforcer ce lien.Et si des courant ultra libéraux existent, il en est pas moins vrai que le courant alter mondialiste se renforce...Maintenant, où je te rejoins, c'est qu'il faut être conscient des risques, mais ils ne peuvent servir à nous enfermer dans le refus de toute adaptation, car l'issue serait du domaine de la certitude, et se seraient les mêmes ultra-libéraux qui se frotteraient les mains. Si l’Etat est systématiquement pris pour cible, et pas seulement depuis le lancement de la RGPP, c’est qu’il est le seul à avoir une taille critique et une légitimité démocratique suffisantes pour faire obstacle au marché et avoir la capacité de le réguler.D'accord avec la conclusion, pas avec l'introduction.On ne peut s'abstenir de critiquer l'État parce qu'un risque de démantèlement de ses services existe.C'est de notre capacité à le réformé que l'État puisera sa force et sa légitimité d'intervention dans le "marché".
Le thème de la « réforme de l’Etat » s’accompagne toujours d’une critique de l’Etat, dénoncé comme trop lourd, trop coûteux, mauvais gestionnaire, et pas assez flexible à l’heure de la mondialisation.Pas que... la critique du fonctionnement de l'État se justifie par des constats pragmatiques.la décentralisation (et la déconcentration) est une adaptation essentielle dans une société qui a de plus en plus besoin de proximité (réactivité, adaptabilité) pour retrouver le maillage social.La mondialisation, oui, mais aussi une formidable évolution des moeurs et des technologie.La centralisation (peut être utile à un moment de l'Histoire) ne peut que desservir l'efficacité d'un service rendu au public en renforçant l'administratif. (je ne conçois pas la décentralisation sans un cadre national).> Si on ne doit plus critiquer l'ÉTAT (au regard des risques) et que celui-ci affirme sa propension centralisatrice (pour se préserver des risques)... On change de régime.PS. Attali n'est pas un ultra libéral. Sarko... On ne sait pas où il est, et Darcos n'est pas un idéologue de l'ultra libéralisme. 
  

PouK 10/03/2009 10:44

Content pour les maîtres formateurs, Dedel...Mais pourquoi pas la même reconnaissance pour tous les dirlos ? Parce qu'ils le méritent moins ?

Provocator 10/03/2009 10:31

@ Dedel...Dans ton commentaire n°1, tu nous dis :"j'aimerais que ce texte soit porté à la connaissance du maximum de collègues."Je te propose ceci : toi qui utilises beaucoup ce site pour faire la promo de ton syndicat anti-directeurs qui lui, pourtant, ne laisse jamais s'exprimer ceux qui ne sont pas en phase avec lui... pourquoi ne profiterais-tu pas de publier cet article sur l'une des revues nationales du SNUipp ?Tu pourrais ainsi renvoyer l'ascenseur et porter ce texte à la connaissance de tous les collègues...   

Christian 10/03/2009 09:36

@ PierrotExcuse-moi, je ne suis pas doué pour ce genre de choses. Je dois m'y prendre en trois fois pour faire passer mon message. L'informatique, c'est pas mon truc !suite et fin (j'espère...)
La version française de la RGPP est plus lourde de conséquences encore parce qu’elle touche à des secteurs stratégiques telle la Défense nationale, et qu’elle se concentre sur l’appareil d’Etat, alors que le Canada a mis à contribution les entreprises privées en réduisant nettement les subventions publiques qui leur étaient accordées.
 
Concernant la RGPP française, à noter l’influence des cercles libéraux dans la promotion de la réforme : cf les recommandations de la Commission Pébereau sur l’endettement public en 2005, présentée comme « pluraliste » dans ses membres : Alain Lambert, Christian Blanc, Pascal Lamy, directeur de l’OMC…
 
Cf le rôle de thinks-tanks français ultra-libéraux proches de Bruxelles, tel l’IFRAP, « think tank de la société civile » comme il se présente lui-même, régulièrement auditionné par des commissions du Sénat et de l’Assemblée Nationale (cf http://www.ifrap.org/-Les-interventions-de-l-iFRAP-.html). L’IFRAP souhaiterait même une réduction des dépenses de l’Etat de 40% ( !) « en quelques années ».
 
Cf le rapport Attali, qui s’inscrit dans la même optique à travers ses 316 « décisions » et ses préconisations en matière de « réforme de l’Etat ».
 
Cf l’inscription enfin de cette réforme dans l’ « Agenda de Lisbonne », signé par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE en 2000, et animé depuis par la Commission européenne, qui vise à faire de l’UE en 2010 « la zone la plus compétitive du monde » à travers une série de « réformes structurelles » (entendez réformes d’adaptation à la mondialisation libérale), parmi lesquelles la réforme de l’Etat.On pourrait ajouter bien d'autres choses et notamment voir qu'il est des domaines source potentielle d'économies importantes qui permettraient de ne pas "ravager" le service public et en particulier l'enseignement, les hôpitaux, la défense...Mais, c'est une autre histoire et faudrait d'abord que j'apprenne à envoyer des commentaires...

Christian 10/03/2009 09:31

Petit problème : mon message a été coupé...suite de mon message...
-       les externalisations vers le privé.
 
 
Si l’Etat est systématiquement pris pour cible, et pas seulement depuis le lancement de la RGPP, c’est qu’il est le seul à avoir une taille critique et une légitimité démocratique suffisantes pour faire obstacle au marché et avoir la capacité de le réguler. Cette analyse transparaît clairement des innombrables rapports écrits sur le sujet depuis une trentaine d’années dans les cercles libéraux nationaux, européens et américains.
 
Le thème de la « réforme de l’Etat » s’accompagne toujours d’une critique de l’Etat, dénoncé comme trop lourd, trop coûteux, mauvais gestionnaire, et pas assez flexible à l’heure de la mondialisation.
 
Plusieurs régimes libéraux ont ainsi déjà expérimenté la plupart des mesures aujourd’hui reprises en France dans le cadre de la RGPP.
L’exemple souvent cité est celui du Canada qui a mis en place une « Revue des Programmes » entre 1994 et 1998 (sous Jean Chrétien, Parti libéral). Les dépenses publiques ont ainsi été réduites de 17 milliards de dollars canadiens, et le nombre de fonctionnaires de 60 000.
A noter l’envers du décor…aujourd’hui des hôpitaux en sous-effectif permanent, un doublement des droits d’inscription dans les universités en quelques années, un doublement du prix de l’électricité, de l’eau,…

Christian 10/03/2009 09:26

@ PierrotFidèle lecteur de ce site, je n'y suis jamais intervenu. Exception ce matin car je ne peux te laisser écrire ceci sans réagir :"la diminution des fonctionnaires n'est à l'ordre du jour que depuis que l'on s'intéresse au remboursement de la dette... Que certains s'y engouffrent, sans aucun doute, mais, sincèrement, ces diminutions sont plus économiques qu'idéologiques."C'est faux. Permets-moi de te fournir quelques éléments. Je tiens un dossier complet à ta disposition, si tu le désires.
Sur le site gouvernemental dédié à la RGPP, l’objectif mis en avant est le suivant : « maîtriser et rationaliser les dépenses publiques tout en améliorant la qualité des politiques publiques”
 
A court terme, l’objectif de réduction des dépenses publiques, à travers la loi d’airain du non-remplacement d’un fonctionnaire d’Etat partant à la retraite sur deux, semble être la principale, si ce n’est l’unique motivation de ce projet.
 
Le gouvernement annonce une revalorisation en parallèle des fonctionnaires d’Etat en poste, qui devraient bénéficier de la moitié des gains attendus de la réforme. Cependant, aucune mesure précise n’a pour l’heure été annoncée en ce sens, et les revalorisations de traitement annoncées pour 2008 et 2009 ne traduisent aucune amélioration (1% en 2008, alors que l’inflation est estimée à 3% environ).
 
Plus fondamentalement, la philosophie d’ensemble de la réforme est indéniablement libérale. Elle vise à restreindre le périmètre d’action de la puissance étatique au profit de structures privées ou indépendantes du pouvoir politique, selon ce schéma :
 
-       des structures ministérielles (administrations ou cabinet ministériels renforcés) réduites ayant pour mission la conception des politiques publiques, le contrôle et l’évaluation de celles-ci ;
-       des structures réalisant la mise en œuvre des politiques ainsi définies (les structures les « mieux » placées sur le marché : administrations, agences, entreprises ou associations) ;
-       à noter la création d’agences, à l’instar des pays étrangers ayant connu une réforme similaire. En France ce système se développe depuis plusieurs années à travers la multiplication des agences et autorités administratives indépendantes ;
-&n

Dedel 10/03/2009 08:21

Info à l'intention des collègues qui doutent de la capacité du SNUipp à se faire entendre...Vous savez que Darcos envisageait une réforme catastrophique (une de plus) pour les maîtres formateurs...Notre organisation a réagi vivement et nous venons d'obtenir une réponse de Darcos :"leur compétence reconnue, validée par un examen professionnel exigeant, contribue fortement à la qualité de la formation des enseignants."Il précise que leur rôle va être redéfini. Un premier pas important qui appelle la vigilance. Une bonne nouvelle, non ?

Pierrot 10/03/2009 08:17

Ton obsession réformative nuit à ton jugement ...Peut-être, je ne prétends pas détenir la vérité.J'utilise juste un devoir critique, parce que je constate que notre fonctionnement coince.En tous les cas mon jugement peut évoluer... oui il ya une volonté de démentelement du service public qui commence par la réduction ravageuse des effectifs et donc une volonté de transférer au privé nombre de services.Qu'il y est un courant "ultra libéral" en France (ULTRA libéral, le simple fait de devoir ajouter "ultra" à libéral, montre combien les choses sont complexes...) je ne le nie pas et on voit avec la crise les limites d'un système sans régulation, sans intervention, de l'ÉTAT.Mais force est de constater que la diminution des fonctionnaires n'est à l'ordre du jour que depuis que l'on s'intéresse au remboursement de la dette... Que certains s'y engouffrent, sans aucun doute, mais, sincèrement, ces diminutions sont plus économiques qu'idéologiques.C'est là que je dis qu'il ne faut pas se tromper de combat.C'est là que j'espère que l'on peut avoir une attitude responsable en évitant le saupoudrage: déterminer les champs et les missions du service public et faire des choix.J'ai bien précisé la stupidité, la faute, de réduire les effectifs dans le domaine de la santé, de la justice et dans une certaine mesure dans l'éducation.Si je m'oppose, sur le fond et sur la forme, à la manière dont est conduite cette politique, je ne dis pas que faire des économies soit a priori synonyme de démantèlement du service public...On peut très bien le rendre moins efficace avec plus de moyens, par exemple en augmentant les structures intermédiaires au détriments des acteurs de terrains.• peut de services municipaux ouverts pendant que les usagers ne travaillent pas. (on a bien souligné que les fonctionnaires territoriaux augmentent)• chez nous, explosion des équipes départementales,  alors que nos usagers et partenaires réclament de la proximité...Avant de dire la maladie, il faut établir un diagnostic.Même si je reste prudent, je crois qu'il faille être plus précis dans notre diagnostic et savoir hiérarchiser les risques.À partir de là on peut soigner.Or, notre culture du conflit, nous pousse trop vite à se coller des étiquettes afin de faire rentrer le problème dans un cadre idéologique bien marqué... Mais pas toujours pertinent. 

Densi 09/03/2009 21:22

Pierrot : 'Mais à force de rester bien à l'abri derrière sa porte fermement gondée, on a du mal avec la réalité'Sans revenir sur tes propos relatifs l'historique du syndicalisme de l'EN que je partage, je pourrais reprendre ta citation par contre vis à vis de tes 'explications' vis de la vision à long terme des services publics. Ton obsession réformative nuit à ton jugement : oui il ya une volonté de démentelement du service public qui commence par la réduction ravageuse des effectifs et donc une volonté de transférer au privé nombre de services. Plus tu enlèves de monde dans ces secteurs clés(santé, éducation...) plus tu favorises la médiocrité du service et donc dans l'esprit de l'usager tu favorises la recherche d'un autre service, qui comme par hasard sera proposé par des entreprises privées et tu verras que 'l'attachement des français'...

Pierrot 09/03/2009 18:23

Te vante pas, Isabelle, tes charnières,  tu ne les quittent pas vraiment tellement tu es verrouillée dans tes confortables certitudes.Et ne cherche pas non plus à me diaboliser afin de me discréditer, Comme si la critique du fonctionnement syndical n' était réservée qu'aux Schtroumphs (UMP = petit & bleu non?).Reste dans l'argumentation, même si je suis prêt à te donner mon curriculum vitae, on pourra comparer nos engagements respectifs.Sur le fond quand même, je te signale que ce genre de division dont tout le monde se fiche (tout le monde = toi?) a fait éclater la FEN... Et ça, les dirigeants syndicaux ne s'en balance pas (voir les efforts de Thibault pour mener la CGT vers plus de "réformisme").Et pardon de t'en faire la remarque, mais tu fais une autre erreur, grave,  en faisant un parallèle entre "parti politique" et "syndicat". Confusion des genres qui est une des causes de la médiocrité de notre dialogue social.Je maintiens que la "division" syndicale et les luttes internes ne ne sont pas des facteurs qui favorisent la défense des personnels car elle mobilise de l'énergie tournée vers l'intérieur (la boutique), et une nécessité de se différencier des autres (et pas sur la défense du personnel, qui est commune à tous!): c'est à celui qui à la plus....Je maintiens qu'il existe d'autres modèles de la pratique du dialogue social, certes exigeants mais plus efficaces.

Tellement hostile qu'on devine aussi la couleur politique de l'attaque...
Je ne lis aucune hostilité dans le texte que j'ai collé à partir de Wikipedia, et il est surprenant de prendre comme une "attaque" le fait de dire qu'il existe des courants au sein de la FSU ...De plus comment déduire une couleur politique à partir d'une information délivrée?Vraiment, Isabelle, cette pratique est détestable.Mais à force de rester bien à l'abri derrière sa porte fermement gondée, on a du mal avec la réalité  . 

 

thierry fabre 09/03/2009 17:53

Le retour d’Isabelle et du sempiternel couplet sur le bon vieux « anti-syndicalisme primaire »… A croire que chaque minuscule critique émise envers tel ou tel syndicat entraine immédiatement le même reproche, la même accusation. Pourtant, à bien relire tout ce qui dit Pierrot sur les courants de la FSU, je n’y trouve que des faits avérés, connus de tout adhérent de la FSU. Si énoncer une vérité devient antisyndical, il est à craindre, Isabelle, que tu ne finisses par prendre le mensonge pour le seul discours « syndicalement correct » Vérité « primaire » que de constater que les équilibres internes des courants au sein de la FSU, que le poids, en particulier, du courant « Ecole Emancipée » bloque la plupart du temps tout espoir de réel débat interne sur le direction d’école au sein de ce syndicat ? Non, Isabelle, vérité « première » !Ce qui serait de l’ordre du « primaire » concernerait plus ta tendance à suspecter de sarkosysme aggravé toute personne dont les propos te déplairaient. Un peu minable, cette manière de diaboliser tout contradicteur… Mais, bon, « quand Isabelle dort, plus rien ne bouge, quand Isabelle dort au berceau de sa joie… » Grand Jacques l’avait dit bien avant moi… Thierry Fabre

Isabelle Censier 09/03/2009 17:02

Le mois dernier (07/02) j'ai écrit ceci"Je ne fais à personne le reproche d'avoir des idées personnelles différentes de celles des syndicats. Le problème n'est pas là.Ce qui me fait parfois sortir de mes gonds, c'est toutes ces attaques systématiques qui s'apparentent souvent à de l'antisyndicalisme primaire."Pas un mot à changer quand je lis ce soir ce qu'écrit Pierrot au sujet de la FSU. Il s'en va chercher des histoires de groupuscules dont tout le monde se fiche comme de l'an 40. Des histoires comme celles-là, on en trouve dans toutes les familles politiques alors forcément on va bien en trouver dans les syndicats. En tout cas, il est facile de savoir quelle estime ce collègue voue aux syndicats. Tellement hostile qu'on devine aussi la couleur politique de l'attaque...

Pierrot 09/03/2009 16:36

@ Dedel,je ne suis pas révolutionnaire, je l'assume sans honte, je suis réformiste, je l'assume aussi et avec fierté.L'idéologie de Darcos  ... l'opportunisme?C'est justement ce que je conteste dans notre pratique du débat, il faut absolument diaboliser l'autre, le pousser vers une extrémité afin de se rassurer dans sa posture de révolutionnaire... confortable. PS: FSU:
Ces tendances fédérales viennent toutes de l'ex-FEN où elles existaient déjà. On note par ailleurs des groupes émergents. Certains ne se présentent pas aux élections internes :

En 2004, dans le cadre du débat d'orientation proposé par le congrès de Perpignan, des militants se sont constitués en réseau intitulé « Réunification syndicale ». Ils œuvrent à la réunification autour de la CGT et estiment terminée la période de la fédération autonome. Ce groupe est notamment basé sur la section départementale de la Manche de la FSU. 
Se disant en dehors des tendances nationales, un Collectif Unitaire pour un Front Syndical de Classe s'est formé en 2006 "à l'initiative de divers groupes opposés au syndicalisme rassemblé de la direction nationale de la FSU".
Le Comité pour un courant intersyndical lutte de classe et anti-bureaucratique, proche du Groupe CRI

Il y a aussi 2 tendances nationales mais non fédérales :

Il existe depuis 2001 un courant indépendant propre au seul SNUipp, Ensemble qui mène parfois des campagnes fédérales (signes religieux à l'école, contre l'entrée des syndicats de l'enseignement privé dans la FSU...) et lance des appels à candidatures avant les congrès fédéraux.


Le courant Pour un Syndicalisme de Lutte - PSL - est apparu au sein du SNASUB à la veille de son congrès de 2006. Il souhaite rassembler les syndiqués « attachés à la lutte de classe ainsi qu'à une pratique rigoureuse de la démocratie ouvrière ».

En novembre 2006, ces deux minorités non fédérales (Ensemble/SNUipp et PSL/SNASUB) ont décidé de s'associer et ont lancé un blog commun. ... Je parlais bien de la FSU  

Dedel 09/03/2009 15:35

@ Pierrot"Darcos (bon connaisseur du système et de ses couloirs) sait que le compromis ne fait pas partie de l'arsenal de la FSU (trop tiraillé par ses courants)"Comme tu y vas... Tu te trompes, tu dis FSU mais tu penses PS peut-être."je ne vois pas un Ministre qui aurait l'ambition d'être celui qui aurait vendu une Institution au privé. Ils sont beaucoup trop nombrilistes."Et l'idéologie, qu'en fais-tu Pierrot ? Aux oubliettes ?Demande ce qu'il en pense à ton collègue Che (qui lui est un peu plus révolutionnaire que toi)...

Pierrot 09/03/2009 14:05

Oui Théo, pardon ne pas avoir était plus explicite (mais mes commentaires sont déjà tellement long!).Je parlais des postes supprimés 2008+ 2009, à peu près 24 700 postes, soit un peu moins de 3% des effectifs enseignants.Reste que le projet c'est - 80 000 postes sur 5 ans, soit 10% des enseignants au finish.tu considères que supprimer des postes ce n'est pas "un ravage des services publics". Oh que si ! On est en train de les démolir pour mieux les refiler au privé quand on aura fait la preuve que le public, ça coûte cher et ça ne marche pas. 2 choses:- je considère que supprimer des posters n'est pas en soi une destruction du service public.Mais oui ça peut l'être surtout dans les conditions dans lesquelles cela se fait.Axel Khan explique très bien le blocage de la réforme des facs:Quand on veut réformer il faut- donner d'abord des gages de considération et recherche du compromis par la négociation.Or, dans notre culture du conflit, point de considération ni de discussion... C'est ce qu'il se passe.Darcos, mandaté et légitimé par l'élection de Sarko a commencé par discréditer les syndicats (les forces conservatrices...) et fait passer ses changements par la loi... Car Darcos (bon connaisseur du système et de ses couloirs) sait que le compromis ne fait pas partie de l'arsenal de la FSU (trop tiraillé par ses courants)C'est le serpent qui se mord la queue et ça a marché jusqu'à la mobilisation des lycéens... - la preuve que le service public coûte cher et qu'il n'est pas très performant elle est faîte et passée dans l'opinion.Mais ça ne suffit pas à le brader. Les français, à juste titre y sont très très attachés.Autant ils pourront comprendre qu'ils faillent réformer (vraiment), autant ils refuseront leur démantèlement. (la maternelle est un bon exemple)De plus je ne vois pas un Ministre qui aurait l'ambition d'être celui qui aurait vendu une Institution au privé. Ils sont beaucoup trop nombrilistes.Pour dire qu'il ne faut pas se tromper de combat, qu'en se battant contre des moulins à vent on perd de vue la réalité et nos forces.

Théo62 09/03/2009 12:40

@ Pierrot"ce n'est pas la réduction d'effectifs qui est en cause (3% dans l'EN...) "Tu es loin du compte. En fait, relis ce qu'a déclaré le ministre du budget. On le trouve sur ce site dans un article récent :
Eric Woerth a également confirmé la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
« C'est toujours notre objectif. Nous n'allons pas remplacer 30 600 départs cette année et poursuivrons en 2010 dans la même direction, sachant que l'éducation nationale en est à 35 % de départs non remplacés, qu'il n'y aura pas d'emplois supprimés en 2010 et 2011 dans l'enseignement supérieur, mais que d'autres ministères avancent plus vite.
Les syndicats nous demandent de renoncer à ces suppressions de postes, à tout le moins de les geler. Mais substituer de l'emploi public à un emploi privé défaillant n'est pas une réponse adaptée à la crise et nous interdirait d'assainir nos comptes publics. Aucun plan de relance en Europe n'y a recours. » Je te rejoins sur un point : gauche et droite (parlementaires), c'est du pareil au même sur ce plan-là. Un point sur lequel je diffère : tu considères que supprimer des postes ce n'est pas "un ravage des services publics". Oh que si ! On est en train de les démolir pour mieux les refiler au privé quand on aura fait la preuve que le public, ça coûte cher et ça ne marche pas.On trouve la même démarche à l'hôpital, à l'école et au tribunal. Pendant ce temps, les collectivités territoriales, les communautés de communes, les syndicats intercommunautaires, les communautés d'agglomérations... regorgent d'emplois en double si bien qu'on se jalouse d'un service à l'autre, on se marche sur les pieds et on est obligé d'augmenter les impôts locaux pour payer tout ce petit monde...Et la proposition de la commission Balladur reste bien prudente sur tous ces sujets. Il ne faut pas compter sur elle pour changer sensiblement ce qui ne va pas.

Pierrot 09/03/2009 11:21

Le problème n'est pas une question de droite ni de gauche, mais une question de vision, de volonté et de pratiques politiques.Aujourd'hui l'étiquette droite ou gauche tient plus de la posture que de l'engagement... Les extrêmes mis à part .Le malaise de l'EN ne date pas de 2007, sa fragilité est bien antérieure et la responsabilité est à partager entre les décisionnaires, qu'ils soient politiques ou syndicaux.Le c'est pas moi c'est lui, tient de l'infantilisme, dans lequel ils aiment bien nous laisser. Si les tensions sont si fortes aujourd'hui, à juste titre, c'est parce qu'à force de laisser filer, d'abdiquer sur le fond, de monnayer la tranquillité, on arrive au bout du bout.À ce stade les artifices politiciens ne prennent plus. Il est assez facile de mettre des gens dans la rue, plus difficile de les contrôler, tant les motifs de mécontentements sont mal portés par les mots d'ordre syndicaux. (multiplications de appels à la résistances, de pétitions, de blogs indépendants des syndicats)Pour ma part je crois que nous payons la facture d'une période où justement syndicats et partis politiques étaient trop imbriqués, où, dans l'EN, la FEN était devenue un cogstionnaire administratif.C'est beaucoup moins le cas aujourd'hui, mais nous payons son l'éclatement et la division syndicale qui en a découlé,avec des syndicats  plus occupés à marquer leur territoire qu'à défendre nos intérêts.Nous payons le fait que les gouvernements s'en accommodent très bien, eux aussi. Cela leur permet de signer des accords, même minoritaires, augmentant ainsi les tensions en croyant tenir une paix, qui en fait ne prépare que la guéguerre suivante...Système aussi qui touche le fond, puisque on nous propose de nouvelles règles de représentativité (faut lire FO à ce sujet ).Quant au rôle d'un parti d'opposition, ce n'est pas uniquement de s'opposer, mais aussi de proposer une direction, un souffle et, parfois, savoir être solidaire.En tous les cas être dans l'effort et l'explication pour convaincre et rallier.En ce sens je trouve notre classe politique assez flemmarde.Mais, il faut dire, quand on a des personnalités qui ont cette ambition, ils sont très vite ridiculisés (Rocard...), comme si nous ne voulions pas, nous non plus, faire des efforts.Somme toute, n'aurait-on pas ce que nous méritons?PS: Difficile d'associer une réduction d'effectifs des fonctionnaires par le non-remplacement de tous les départs à la retraite à un ravage des services publics.> ce n'est pas la réduction d'effectifs qui est en cause (3% dans l'EN...) mais bien, encore, le saupoudrage, l'absence de choix.S'il y a des secteurs où la réduction est un non sens ( santé, justice...) d'autres pourraient l'envisagerDans l'EN supprimer des postes d'enseignants qui ont une classe est imbécile... Mais pour autant je pense que l'on peut économiser sur l'administratif et même sur certains postes d'enseignants sans élèves.Encore faudrait-il d'abord définir les buts et les missions, puis mettre à plat le fonctionnement.Et je rappelle qu'il est toujours aussi difficile de fusionner les services des Impôts, de fusionner les ASSEDIC et l'ANPE, que le traitement informatique n'a pas entraîné de bouleversement à la SECU... que les services publics ne sont pas toujours encensés par les usagers.Je crois que ce que l'on appelle le "statu quo" a fait plus de ravage dans les services publics que les annonces récentes, et leurs  traitements... 

Dedel 09/03/2009 10:18

@ Pierrot"On voit encore une fois la faiblesse du positionnement syndical quand il s'agit des directeurs"Tu auras remarqué le communiqué du SNUipp concernant le SMA.J'ajoute, pour info, la lettre envoyée par Gilles Moindrot à Darcos en date du 4 mars :
Monsieur le Ministre,
 
Dans le cadre de l’appel de la journée interprofessionnelle de grève du 19 mars, portant sur la priorité à donner au maintien de l’emploi public et privé, à la lutte contre la précarité, au maintien du pouvoir d’achat et des services publics, nous avons l’honneur de vous notifier les motifs qui nous conduisent à envisager le dépôt d’un préavis de grève.
 
Pour les enseignants des écoles, les motifs du préavis de grève sont les suivants :
 
  -  L’emploi : exigence d’un autre budget qui permette de faire face à la hausse des effectifs et à la transformation de l’école qui favorise la réussite de tous les élèves.
  -  Le développement de la maternelle.
  -  Le maintien et l’organisation des postes des RASED et des dispositifs spécialisés d’aides aux élèves en difficulté.
  -  La formation initiale et continue des enseignants des écoles et le rôle des PEMF.
  -  La mise en place d’un dialogue social et le respect des droits syndicaux.
  -  La revalorisation du métier d’enseignant.

Moira377 09/03/2009 09:30

@ Delphine"Je sais que ce n'est pas leur fonction, mais il est des moments où les organisations syndicales doivent prendre la responsabilité de jouer dans le camp des politiques"Faut pas rêver. Toutes les régions et la plupart des départements ainsi que les grandes villes sont gérées par des partis de gauche. La "gabegie", elle est chez eux. Ils le savent. C'est leur vivier électoral... Tu imagines les syndicats enseignants aller à l'encontre de leurs alliés naturels ?Ceci explique cela...

Delphine IA78 09/03/2009 09:23

@ PouKD'accord avec toi pour regretter que les partis "dits" d'opposition n'aient pas joué leur rôle. On comprend pourquoi en lisant l'article et les commentaires qui suivent.Mais, si l'opposition ne joue pas son rôle d'opposant, si les médias n'expliquent pas les enjeux, le citoyen lambda s'y retrouve comment dans ce big bazar ?Je sais que ce n'est pas leur fonction, mais il est des moments où les organisations syndicales doivent prendre la responsabilité de jouer dans le camp des politiques. Je n'aurais pas trouvé choquant que le SNUipp, le SE, le SGEN ou FO dénoncent bruyamment l'injustice qui consistait à ravager le secteur public dans la seule fonction publique d'Etat.Hélas, ça n'a pas été fait. Et maintenant, il est vraiment tard pour se réveiller.

PouK 09/03/2009 08:52

C'est vrai que les partis de gauche, notamment, auraient pu dénoncer, arguments à la clé, le démantèlement du service public de l'éducation : la valse des suppressions de postes par dizaines de milliers. On ne les a pas entendus et pour cause : ils auraient dû reconnaître que ches eux, dans les départements et les régions qu'ils gèrent en majorité, la gabegie est là et bien là !Le même désastre, on le retrouve dans le ministère de la justice avec la suppression des tribunaux administratifs.On le retrouve aussi dans la fonction publique hospitalière avec la fermeture des maternités et hôpitaux de province...Tout cela, les élus de gauche l'ont dénoncé mais sans aller jusqu'au bout du raisonnement à savoir que dans les collectivités territoriales, on pouvait trouver une vraie source d'économies...

Cedric58 09/03/2009 08:06

Je m'associe naturellement aux collègues précédents pour dire le bien que je pense de cet article.Je pense aussi qu'il serait intéressant qu'il parvienne au maximum de collègues.Il montre bien que les syndicats n'ont pas le beau rôle car les réformes sont plus politiques que sociales ou pédagogiques. En fait, les dés sont pipés car personne ne dit qu'il serait plus judicieux de dégraisser la fonction publique territoriale que la fonction publique d'Etat.Les politiques, tous bords confondus, s'abstiennent de commenter : leurs intérêts sont les mêmes. La presse ne joue pas son rôle et ne dénonce pas les scandales. Ensuite, il est aisé de dire que les syndicats sont impuissants...Je dois dire que ça fait du bien de lire ce genre d'article. Merci.

VALMORI Patrick 08/03/2009 22:59

Comme Pierrot et Dedel, je trouve cet article très intéressant.  C'est vrai qu'il est riche, argumenté, instructif. Bref, un texte de qualité. Bravo. 

Pierrot 08/03/2009 20:22


Article très instructif pour le profane que je suis.
-d'abord une vision "parcellaire" de notre système éducatif de la aprt de nos dirigeants, quasiment "corporatiste" si j'osais la provocation.
> Quand on regarde les chiffres, on est frappé par le déséquilibre des répartitions des moyens entre le primaire le secondaire et la fac... sans n'y voir aucune volonté (direction).
Ce qui est quand même l'objectif d'un budget (l'Éducation a été longtemps la priorité de l'État)
 
- Ensuite, ce brouillard épais qui entoure les fonctions publiques et territoriales et le partage de leurs missions.
> Nous l'éprouvons particulièrement dans nos écoles avec les ATSEM, la PMI... le SMA
Et on peut comprendre, sans l'approuver, la tentation du MEN de refiler des bébés aux  communes (dernièrement le SMA), puisque en décentralisant on ne réduit pas globalement le nombre de fonctionnaires, on l'augmenterait même en les changeant de nature.
On remarque surtout la volonté de ne rien "partager" mais plutôt d'accumuler (exercice du pouvoir ?)
 
- Enfin, combien notre culture du dialogue social basée sur le conflit et du coup par coup est destructrice.
> Je serais moins catégorique qu'Anne-Marie, la faute n'est pas exclusivement du côté syndical.
D'ailleurs Darcos est le parfait exemple, jusqu'à la caricature, de cette manière de fonctionner côté des GVTs.
Mais en restant sur les vieux réflexes, d'un siècle passé, où la société était beaucoup plus manichéenne, on passe à côté de réformes structurelles essentielles pour adapter nos outils républicains, dont l'école, à une société devenue très complexe.
 Ce retard accumulé crée des tensions inévitables qui sont plus exploitées que traitées par nos politiques et nos syndicats… qui finalement y retrouvent leurs comptes.
> Comment expliquer autrement les derniers résultats à l'élection présidentielles:
- Le Pen au 2° tour, puis 3 nouvelles têtes à la bataille (Bayrou, sur la négation du clivage G/D, Ségolène un ovni de gauche et Sarko se réclamant d'une droite décomplexée...) et un Président élu à 53% sur le thème de la rupture, décliné, en fait, par les 3 candidats. 
 
Les mêmes causent produisant les mêmes effets…
Mais la crise profonde du système peut pousser à l’audace et à l’imagination.
On peut, on doit, rêver.
PS:Le SNUipp dénonce une nouvelle charge de travail pour les directeurs et condamne une méthode qui vise à leur faire porter la responsabilité de la mise en œuvre du SMA en dehors de toute disposition législative.>oui, et si le législateur légifère?Voir la proposition des sénateurs à ce sujet:PROPOSITION DE LOI Article unique L'article L. 133-3 du code de l'éducation est complété par deux alinéas ainsi rédigés : « L'obligation de service d'accueil n'est pas opposable aux communes de moins de 2 000 habitants. « En outre, elle n'est opposable dans les autres communes que sous réserve du respect, par le directeur de chaque établissement ou celui qui le remplace, de ses obligations de service en ce qui concerne l'accueil des élèves. » ....On voit encore une fois la faiblesse du positionnement syndical quand il s'agit des directeurs.Pourquoi ne pas dénoncer la "fonction" qui permet cet accumulation de responsabilités et réclamer un statut protecteur?

Dedel 08/03/2009 15:43

SMA : le gouvernement essaie de contourner les difficultés de la loi.
 
Je vous cite le communiqué du SNUipp à ce sujet :
 
 
Le ministre de l’éducation nationale, a annoncé aux associations d’élus locaux qu’il faciliterait la mise en œuvre du service minimum d’accueil en demandant aux directeurs d’école de recenser les familles susceptibles de faire appel au service minimum d’accueil en cas de grève.
 
Cette nouvelle disposition confirme que le droit d’accueil est dans les faits inapplicables par les municipalités dans des conditions suffisantes d’encadrement et de responsabilité. Le SNUipp dénonce une nouvelle charge de travail pour les directeurs et condamne une méthode qui vise à leur faire porter la responsabilité de la mise en œuvre du SMA en dehors de toute disposition législative.
 
En effet, les dispositions légales prévoient une déclaration individuelle préalable 48h avant le jour de la grève et la transmission de leur nombre aux maires et en aucun cas le nombre d’élèves concernés. Le directeur ne peut donc connaître ni le nombre d’enseignants grévistes de l’école, ni le nombre d’élèves concernés.
 
De plus, les résultats de cette enquête seraient très peu fiables :
 
-        Comment une famille peut-elle savoir dans l’absolu si elle a besoin d’un mode de garde ?
-       Que se passera-t-il si une famille conduit son élève à l’école malgré une réponse négative au questionnaire ?
-       Que se passera-t-il pour les enfants des familles qui ne répondront pas à l’enquête ?
 
L’urgence n’est pas à l’organisation d’un service minimum d’accueil a minima, mais d’un service maximum d’éducation qui vise à la réussite de tous les élèves. Le ministre de l’éducation nationale répondra-t-il aux attentes des enseignants lors de la négociation préalable à la journée de grève du 19 mars aux revendications des enseignants des écoles ?
 
Dans l’attente, le SNUipp appelle les enseignants des écoles à part

Dedel 08/03/2009 15:41

SMA : le gouvernement essaie de contourner les difficultés de la loi.
 
Je vous cite le communiqué du SNUipp à ce sujet :
 
 
Le ministre de l’éducation nationale, a annoncé aux associations d’élus locaux qu’il faciliterait la mise en œuvre du service minimum d’accueil en demandant aux directeurs d’école de recenser les familles susceptibles de faire appel au service minimum d’accueil en cas de grève.
 
Cette nouvelle disposition confirme que le droit d’accueil est dans les faits inapplicables par les municipalités dans des conditions suffisantes d’encadrement et de responsabilité. Le SNUipp dénonce une nouvelle charge de travail pour les directeurs et condamne une méthode qui vise à leur faire porter la responsabilité de la mise en œuvre du SMA en dehors de toute disposition législative.
 
En effet, les dispositions légales prévoient une déclaration individuelle préalable 48h avant le jour de la grève et la transmission de leur nombre aux maires et en aucun cas le nombre d’élèves concernés. Le directeur ne peut donc connaître ni le nombre d’enseignants grévistes de l’école, ni le nombre d’élèves concernés.
 
De plus, les résultats de cette enquête seraient très peu fiables :
·         Comment une famille peut-elle savoir dans l’absolu si elle a besoin d’un mode de garde ?
·         Que se passera-t-il si une famille conduit son élève à l’école malgré une réponse négative au questionnaire ?
·         Que se passera-t-il pour les enfants des familles qui ne répondront pas à l’enquête ?
 
L’urgence n’est pas à l’organisation d’un service minimum d’accueil a minima, mais d’un service maximum d’éducation qui vise à la réussite de tous les élèves. Le ministre de l’éducation nationale répondra-t-il aux attentes des enseignants lors de la négociation préalable à la journée de grève du 19 mars aux revendications des enseignants des écoles ?
 
Dans l’attente, le SNUipp appelle les enseignants des écoles à participer massivement à la journée de manifestation du 11 mars et à la journée de grève du 19 mars.

mat pu j.prevert 08/03/2009 15:35

Un peu facile, Dedel, de s'exonérer de toute responsabilité dans l'échec des réformes...On entend quand même plus souvent les syndicats dire "NON" de façon quasi systématique à toute réforme plutôt que "discutons et améliorons"... Presque comme une sorte de réflexe.Anne-Marie

Dedel 08/03/2009 14:49

Aux rédacteursSans vouloir faire de mauvais jeu de mots, j'enlève ma casquette syndicale et vous tire mon chapeau bas pour la qualité de votre article.Bien que souvent d'un avis opposé au vôtre et à celui des intervenants réguliers (n'est-ce pas Pierrot... ), à titre personnel, je me dois de vous dire que j'apprécie votre analyse.En effet, elle me paraît intéressante par le fait qu'elle précise les responsabilités des échecs du gouvernement. A ce titre, si l'on est quelque peu sensible au sort du ministre Darcos, on peut le plaindre de tant d'ingratitude de son mentor. Mais, il a choisi de le servir, alors ne pleurons pas sur son sort. S'il n'avait pas été d'accord, il aurait démissionné...Votre analyse permet de mieux comprendre également les difficultés du combat syndical qui a eu fort à faire depuis mai 2007. Rien que pour cela, j'aimerais que ce texte soit porté à la connaissance du maximum de collègues. Cela leur montrerait que la responsabilité des syndicats n'est pas en cause comme certains se plaisent à le clamer trop souvent, ici et ailleurs.Encore merci.