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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 21:46

Un peu partout en France, le mouvement de recrutement est lancé. Les hésitations sont fortes chez un grand nombre de directeurs.

En effet, beaucoup d'entre eux ont l'impression d'être tombés dans un piège. Un piège tendu par le ministère et le SE-Unsa... Une grande confusion règne dans les esprits. Rappelons-nous que les EVS ont été présentés comme une "aide à la direction". La plupart des directeurs savent que loin d'être une aide, l'EVS sera une charge supplémentaire, sans véritable intérêt dans leur fonction. Le directeur devra expliquer, préparer, vérifier... Il devra continuer à rester disponible pour répondre aux divers interlocuteurs (parents, collègues, personnels de service, mairie, inspection...).

Ce dont a besoin le directeur, ce n'est pas tant d'une personne qui lui décroche le combiné du téléphone pour le lui passer ensuite mais plutôt de temps. Du temps pour lui permettre de s'atteler à une tâche, une seule à la fois et l'effectuer correctement.

Bien que conscient de l'inadéquation de cette aide qu'on lui "offre" avec insistance, certains directeurs n'en restent pas moins soucieux de bien faire fonctionner leur établissement et se disent qu'un moyen supplémentaire, même inadapté, c'est mieux que rien. Le piège se referme.

Nous publions, ci-dessous, quelques commentaires de collègues que notre correspondant du Nord nous a fait parvenir ce soir. Ils témoignent du désarroi dans lequel se trouvent certains directeurs.

Pour ma part, ce sera non.... sans aucun état d'âme!!!

Ne vous laissez pas abuser par cette pseudo aide qui a été avancée pour réduire artificiellement le chômage avant tout, et pour essayer d'avoir la paix avec les syndicats ( plutôt LE syndicat ) ...mais certainement pas pour aider véritablement les directeurs dans leur tâche!

J'ai refusé car les EVS ne pourront rien rédiger à notre place, ils ne recevront aucune formation (avoir fait des photocopies dans une école ne remplira pas leur CV) et après avoir refusé le CPE : que dire de ce contrat pour des jeunes qui sont en échec par rapport au système scolaire ?

Ce n’est pas un moyen supplémentaire c’est une charge de plus pour les directeurs

Quelques pistes pour une réponse qui pour moi est claire.

Quelle sera la motivation d'un hyper précaire à 20h/semaine payé un demi SMIC, pour un contrat de six à dix mois sans avenir ni formation qualifiante?

Contrairement aux emplois jeunes aide éducateur recrutés parfois à Bac ++++, les EVS seront issus du vivier de l'ANPE des jeunes sans diplôme ni qualification, en rupture de ban tant scolaire que social. Sauf à te transformer en éducateur, quelle tâche vas-tu pouvoir déléguer ?

Enfin ce dispositif est-il autre chose qu'un nième traquenard tendant à minorer les chiffres du chômage en période électorale ?

Tant sur le fond que sur la forme que sur le principe ma réponse est un non catégorique.

Pour te donner un ordre de grandeur, sur les 22 directeurs de ma circonscription, seulement 2 semblent avoir accepter de se faire un peu plus arnaquer...

Directeur d’une école de 9 classes, je me pose les mêmes questions. Faut-il accepter les propositions pourtant largement dénoncées ou entrer en résistance ?

Un moyen humain supplémentaire dans une école n’est jamais de trop mais sur qui allons nous tomber ? Quelles seront ses motivations ?

Je vous passe le fait que les élections c’est pour l’an prochain et que tout cela pourrait encore être remis en cause…

Les gens se dégonflent très vite devant quelques cacahuètes...

Je vais certainement faire tache dans ce concert de refus, puisque j'ai accepté, sans état d'âme non plus.

Vous dites non au CPE:moi aussi, mais le "jeune" qui n'aura le poste , lui avez-vous demandé son avis:peut-être qu'il galère depuis pas mal de temps...

Vous dites:je vais devoir le former. Oui. Mais en ne le choisissant pas trop mal, il pourra peut-être faire quelques photocopies, surveiller la récré, enregistrer un prêt de livres, ranger quelques rayonnages, accompagner une sortie etc. Tout cela ne nous demandera pas trop de formation, je pense.

Voilà une deuxième tache dans le concert de non. J'ai autant d'arguments pour accepter que d'arguments pour refuser et je peux me faire l'avocat des deux causes. Mais si mon fils ou ma fille était en recherche d'emploi, dix mois d'expérience dans un milieu de travail tel que le nôtre ne me semble pas négligeables. A nous de cibler les possibilités que nous offre une présence adulte en plus dans l'école. Les enfants en ont besoin.

Moi aussi j'ai dit oui. Et si  on me "colle" un PE2 comme 1/4 de décharge, en sachant donc qu'il ne sera pas là pendant deux fois trois semaines, une personne de plus sera la bienvenue. Mais je peux comprendre les appréhensions des collègues. Je suis peut-être naïve, c'est ma première année de direction. Mais ça ne pourra pas être pire qu'avoir un "directeur" trop jeune (parce qu'on a permis à un moment donné de donner ce poste à des PE sortants) derrière lequel il faut tout vérifier, chaque jour. Mais ça c'est mon vécu qui me fait dire ça. Et puis oui, je pense à certaines de mes collègues qui ont des maris chômeurs en fin de droits, il y en a autour de moi. Ce ne sont pas tous des "neuneus" je pense.

Peut-être aussi les inventaires de l'école (je n'ai pas le temps de faire ça sérieusement, c'est un boulot énorme; présence d'un adulte aux heures d'entrée et de sorties (dans une maternelle ce n'est pas négligeable avec l'afflux de parents dans les couloirs); gestion de la BCD et de l'informatique ... À méditer non ?

Qui peut se permettre de refuser une aide? Qui peut se permettre de refuser d'aider?

Si cela me demande un peu plus de travail dans un premier temps je peux l'accepter.

Je suis en REP et les élèves de mon école ont besoin de cette aide supplémentaire.

Les aides éducateurs n'ont pas eu un gros succès au départ, on les regrette aujourd'hui.

Cinq sont passés par mon école, trois sont aujourd'hui profs des écoles, une agent territoriale et un employé par une grande compagnie d'assurance.

J'aimerais très sincèrement poursuivre sur cette voie.

Ces quelques témoignages, parmi tant d'autres, montrent la grande misère de la direction d'école. L'idéologie dominante, encore présente dans les instances syndicales, continue de brouiller les esprits. La confusion reste importante entre direction et fonctionnement de l'école. Elle est entretenue par les syndicats majoritaires qui y trouvent leur raison d'exister. Chez certains de collègues, la culture de la direction d'école commence seulement à poindre.

 

Beaucoup de directeurs sont tentés de "prendre" un EVS pour améliorer le fonctionnement global de l'école. Ils le font par conviction, bien évidemment, mais peut-être également par crainte d'être incompris de leurs adjoints. Par générosité aussi vis à vis de ces jeunes qui sont sans emploi et qu'un demi SMIC aiderait à sortir, momentanément, la tête hors de l'eau. C'est beau, c'est grand, c'est généreux.

 

Malheureusement, ces directeurs semblent avoir vite oublié le long combat contre le CPE. Peut-être même y ont-ils participé. Leur sens de la justice sociale risque d'être mis à mal car ces "contrats d'avenir" sont précaires en plus d'être sous-payés. Certes, un demi SMIC, c'est "mieux que rien". Mais l'accepter dans ces conditions, c'est cautionner la précarité ! La course aux bas salaires peut ainsi se poursuivre. Si dans un an on nous annonce que le financement ne permet plus d'attribuer qu'un quart de SMIC pour le même travail, faudra-t-il encore l'accepter car ce serait toujours mieux que rien ?

Malheureusement aussi, ces directeurs tentés d'accepter l'EVS oublient le motif de la grève administrative et la mobilisation contre le protocole signé finalement par le SE-Unsa. Ils doivent savoir qu'ils cautionnent cet accord même si c'est partiellement. C'est l'acceptation globale qui en  restera le point marquant. Ils doivent prendre conscience que le gouvernement et son acolyte, le SE-Unsa, auront muselé les directeurs pour de très longues années.

 

 

La politique des petits pas... De très petits pas ! Tout ça pour ça ? Dommage ! Faut-il que la direction d'école soit dans un état calamiteux pour qu'on daigne se baisser pour ramasser les miettes qu'on nous jette avec un tel dédain !

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Published by Les directeurs en lutte - dans Réactions des directeurs
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commentaires

ledirlo 03/06/2006 14:27

Attention aussi de ne pas avoir nos collègues sur le dos, car certains pensent que les EVS pourraient faire le travail des ex A.E.Ranger la BCD, s'occuper le l'info, prendre des enfants...Je dis ATTENTION à la dérive.ledirlo du 62

franck parmentier 02/06/2006 08:19

C'est tellement vrai...
Après plus d'une semaine sans internet j'ai eu de la peine à lire tous mes messages, et n'ai pu prendre un EVS que j'aurait de toute façon refusé...
Tout ce temps à remettre en route la live box qui n'était pas reconnu contrairement au modem précédent, rendez-vous avec l'emploi jeune du cyber point dont le contrat s'arrête en juillet, finalement ça marche (les donnée perdues en moins).
Mais globalement tout le monde s'en fout, on est là pour ça et de toute façon les instits sont toujours en vacances... et les directeur izont plein de sous et pi leurs enfants izont les meilleurs places...
Chacun se fout de l'autre, le problème c'est que l'on est minoritaire.
Bonjour chez vous n°6...