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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 17:00

 

« Un petit dernier pour la route… », dit la pub. Nous, nous dirons simplement : « Un de plus ! ». Oui, un rapport de plus qui va dans le même sens s’agissant de la direction d’école (DESCO, MGEN, Inspection Générale, HCE, OCDE 2007).

 

Pour ne citer que les principaux, rappelons-nous le rapport des inspecteurs généraux J.F. Cuisinier et T. Berthé, il y a deux ans : "Demain plus encore qu'aujourd'hui, un responsable d'EPLE devra être capable d'impulser les choix pédagogiques de l'établissement, d'assurer une gestion financière affinée, pour se dégager des marges de manoeuvre dans le cadre de la LOLF, de négocier des conventions locales équilibrées, voire avantageuses avec la collectivité territoriale de rattachement, d'animer des équipes dépendant de plusieurs employeurs". Pour eux les inégalités de résultats entre établissements relèveraient d'abord de pilotages de qualité différente.

 

En 1998, Jean Ferrier, dans son rapport à Ségolène Royal, évoque le « statut trop flou des directeurs d’école ». Il décrivait le « rôle essentiel » que devrait jouer le directeur d’école. Un texte à relire absolument.

 

Plus récemment, en 2007, le rapport du HCE analyse la crise de l'école élémentaire comme celle des directions. "Le titulaire de la fonction n’a pas l’autorité nécessaire pour assurer pleinement la direction de son école... le débat sur la fonction de directeur d’école primaire, dotée de compétences explicites, ne devrait plus être éludé".

 

La récente étude de l'OCDE (Août 2008) vient relancer le débat sur les tâches de direction, leur définition et leur rôle dans les systèmes éducatifs. Pour l'OCDE, il ne fait pas de doute que la direction d'établissement est la clé de systèmes éducatifs plus efficaces.

 

Il est vrai que l'Ecole française souffre réellement de ses corps intermédiaires. Elle en manque probablement pour améliorer sa gestion. Surtout, les enseignants se sentent souvent seuls, c'est un point qui ressort des enquêtes sur la pénibilité du métier. Les enseignants doivent trouver seuls les réponses à toutes leurs difficultés. Cette situation a bien sur un coût humain important. Elle illustre aussi les ambitions de pilotage…

 

L'OCDE appelle à renforcer les directions d'établissement

"La direction d'établissement est devenue une priorité dans les politiques éducatives internationalement". Pour l'OCDE, la direction d'établissement est un maillon essentiel du système éducatif  à la fois du fait de la nécessité d'améliorer l'efficacité des systèmes éducatifs et du développement de l'autonomie des établissements.

 

C'est pourquoi l'Organisation publie deux ouvrages pour montrer comment ces directions fonctionnent dans 5 systèmes (la Finlande, l'Autriche, l'Angleterre, l'Australie, les Flandres) et proposer des recommandations pour rendre plus efficaces ces directions.

 

L'OCDE recommande d'augmenter le niveau d'autonomie décisionnelle des directions. Par exemple en leur donnant plus de pouvoir dans l'évaluation des enseignants, plus d'outils de pilotage et en encourageant la construction de réseaux de chefs d'établissement.

 

L'OCDE appelle aussi les décideurs à partager les taches directoriales et à développer des équipes de direction. Enfin elle s'inquiète du peu d'attraction des métiers de direction. Elle recommande une meilleure formation, de meilleurs salaires, un recrutement mieux adapté.


  

Améliorer la direction des établissements scolaires, une priorité pour les pouvoirs publics dans le domaine de l’éducation, affirme l’OCDE

 

28/08/2008 - Si l’efficacité du corps enseignant est le tout premier facteur qui détermine l’excellence des résultats des élèves, la qualité de la direction des établissements est le deuxième. Les autorités compétentes doivent s’efforcer davantage de recruter et de former les meilleurs candidats pour diriger les établissements scolaires, selon une nouvelle publication de l’OCDE.

 

Dans le monde éducatif actuel, les chefs d’établissement ont un rôle crucial à jouer en modernisant les systèmes d’enseignement dans leur intégralité : telle est la conclusion du rapport Améliorer la direction des établissements scolaires, ouvrage en deux volumes, établi à partir des données factuelles émanant de 19 pays.


Pourtant, alors que les autorités publiques mettent tout en œuvre pour améliorer les performances des établissements scolaires, les femmes et les hommes qui dirigent ces établissements bien souvent croulent sous le travail, sont insuffisamment payés et arrivent pour beaucoup à l’âge de la retraite sans disposer d’un assez grand choix de candidats qualifiés pour les remplacer.


Basé sur une analyse comparative et sur des études de cas, le volume 1, Politiques et pratiques, recense quatre moyens s’offrant aux pouvoirs publics pour former de nouvelles générations de chefs d’établissement :

Ø       (Re) définir les responsabilités de la direction des établissements scolaires, en se focalisant sur les missions qui peuvent améliorer les résultats de l’école.

Ø       Répartir les fonctions de direction d’établissement en favorisant un élargissement des équipes de direction et en reconnaissant les responsabilités assumées.

Ø       Ménager l’acquisition des compétences qui sont nécessaires à une direction d’établissement efficace aux différentes étapes de l’exercice de cette fonction.

Ø       Faire de la direction d’établissement scolaire une profession attrayante en assurant des salaires et des perspectives d’évolution professionnelle appropriés.


Le volume 2, Études de cas sur la direction des systèmes, passe en revue des pratiques novatrices en Australie, en Autriche, en Belgique (Flandre), en Finlande et au Royaume-Uni (Angleterre) afin d’illustrer les mesures que prennent effectivement certains pays pour encourager les chefs d’établissement à contribuer à la transformation du système – l’objectif étant de faire de chaque établissement un bon établissement.

 

 

Combien faudra-t-il de rapports supplémentaires pour que les gouvernements français se penchent enfin sur le problème de la direction d’école ?

 

Relire quelques-uns de nos précédents articles en cliquant sur les liens suivants :

 

OCDE 2007 (1)                      

OCDE 2007 (2)                      

Rapport HCE 1998                 

Rapport HCE 2007                 

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

Dedel 07/09/2008 18:22

Merlin, partant de ce rapport, tu fais le rapprochement peut-être un peu trop rapide entre les recommandations de l'OCDE et le statut que tu appelles de tes voeux. Je ne suis pas certain que ce soit l'unique préoccupation de l'OCDE que de revaloriser la fonction de directeur.J'ai bien relu le texte et voici ce que dit l'OCDE :"(Re) définir les responsabilités de la direction des établissements scolaires, en se focalisant sur les missions qui peuvent améliorer les résultats de l’école"C'est dans le but d'améliorer les résultats et donc de changer les relations entre direction et enseignants, y compris et surtout, sur le plan pédagogique...Je ne pense pas que c'est ce que nous souhaitons en France.Un 2ème point est également important :"Répartir les fonctions de direction d’établissement en favorisant un élargissement des équipes de direction et en reconnaissant les responsabilités assumées"Voilà une phrase qui mériterait développement. On peut comprendre que ce rapport milite pour un partage des tâches de direction. Il pose le problème du management de l'école : faire le lien entre les décisions de pilotage nationales et les enseignants, créer les conditions permettant au directeur de motiver et d'accompagner l'équipe enseignante.Vu et compris dans ce sens, je pense qu'on n'est pas si éloigné du modèle du directeur d'école français tel que nous le connaissons.

merlin 07/09/2008 16:48

C'est ....tout...ou rien! et pourquoi ne pas aller chercher le modèle à l'étranger si besoin, au fait comment cela se passe-t-il en Laponie inférieure?  Il existe pourtant, en marge des épouvantails directoriaux que l'on agite pour effrayer dirlos et adjoints, un statut original du directeur d'école rédigé par le GDID ( à consulter sans modération sur le site dirlo.org) , amendable peut-être, améliorable aussi ( avec la particpation de chacun) mais surtout pouvant servir de base de réflexion assez avancée. Un statut pour des dirlos français, rédigé en plus en français et qui apporte pas mal de solutions au problème de la direction d'école.

PouK 07/09/2008 09:50

Attention au revers de la médaille... qui ne figure peut-être pas dans le rapport de l'ocde.En Angleterre, puisque l'ocde cite ce pays, les chefs d'établissement sont évalués tous les ans. Le rapport d'inspection est publié dans la presse locale afin de permettre aux parents d'élèves de choisir l'école qui leur convient le mieux. Le directeur peut être débarqué chaque année si son conseil d'administration le décide.En contre-partie, la paye est au rendez-vous. Le directeur dispose même d'un budget spécifique pour accorder des primes à ses enseignants, selon son bon vouloir...Est-ce ce modèle qu'on souhaite en France ? Il faut bien y réfléchir avant de soutenir le projet EPEP de Darcos. On ne sait pas où ça peut nous mener. J'attends des syndicats la plus grande vigilance et surtout une grande combativité sur le dossier.

Ewen 06/09/2008 21:01

Comme dans beaucoup de domaines, il est  un juste milieu entre un 'patron' qui aurait les moyens de 'diriger' ( une évolution qui serait difficile à faire passer ) et un directeur qui en bave tous les jours sans aucune reconnaissance de son métier. Un peu d'imagination, le temps de la réflexion, l'écoute des gens concernés, de la volonté.... bref tout ce qui n'est plus d'actualité...serait nécessaire et on pourrait construire des équipes d'écoles avec à leur tête des gens responsables et formés. On peut rêver car ce qui nous attend c'est de la confrontation et en attendant, quelques euros distribués ici et là !

Dedel 06/09/2008 17:55

C’est vrai que les rapports que vous citez vont dans le même sens. Mais il existe aussi des recherches qui apportent un bémol à ces rapports.
Dans les années 80, les recherches entreprises par Doubet et Cousin n’ont pas réussi à mettre en évidence « l’effet chef d’établissement ».
Actuellement, le modèle semble être celui des chefs d’établissement du privé. Certains vont jusqu’à penser que le succès des établissements privés a pour origine les pouvoirs plus larges dont disposent leurs directeurs par rapport à ceux du public.
En 2007, Mohammad Hassani a publié une thèse sur la façon de manager un établissement. Il a mis à mal cette idée en montrant que les chefs d’établissement du privé interviennent très peu sur le plan pédagogique. Ce n’est donc pas là qu’il faut chercher leur succès auprès de la population.
Or, on nous dit (ou on le laisse entendre…) qu’il faudrait justement nous aligner sur ce modèle pour rendre plus efficace le système éducatif.
N’y a-t-il pas d’autres remèdes à apporter pour améliorer les résultats français ? N’a-t-on pas évoqué en 1995 « la fracture sociale » ? N’est-ce pas là qu’il faudrait commencer à opérer « la rupture » évoquée en 2007 ?