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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 18:37

Le ministre de l'Education Xavier Darcos avait chargé la commission Pochard de réfléchir à la modernisation du métier d'enseignant. Ses conclusions dérangent les syndicats et... le ministère.

L'Education nationale est-elle capable de s'entendre dire ses vérités ? Peut-être, mais à condition de ne pas les énoncer trop fort.

Les 12 membres de la commission Pochard, des experts indépendants réunis en septembre 2007 par le gouvernement afin de réfléchir aux manières d'améliorer le métier d'enseignant, en ont fait l'expérience.

 

Rangé... aux oubliettes

 

Malgré des dizaines d'auditions, des déplacements à l'étranger, les kilos de rapports dévorés, les analyses et propositions de cette commission semblent enterrées.

Son livre vert - un état des lieux - a été remis à Xavier Darcos, le 4 février dernier. Au printemps, le ministre de l'Education nationale devait publier un livre blanc, porteur, lui, des propositions de l'Etat.

Début juillet, pas une ligne n'avait encore été rédigée. Rejeté immédiatement par les syndicats majoritaires, qui y ont vu une déclaration de guerre, le rapport Pochard a une place toute trouvée: les oubliettes. "Ce livre vert a fâché à la fois les syndicats majoritaires et le gouvernement, remarque Guy Vauchel, secrétaire national des Sgen-CFDT. Pourtant, il ouvre des pistes sur nombre de sujets."

 

Autre thème délicat, la gestion des ressources humaines. "Actuellement, on est dans un mécanisme où l'automatisme l'emporte sur tout autre mode de gestion, et où les plus inexpérimentés vont dans les zones les plus difficiles, pointe Pochard. Si l'administration continue de nier la valeur personnelle des individus, elle sera coupable." Le haut fonctionnaire propose une meilleure adéquation entre les profils et les postes. Difficile à entendre, tant pour les syndicats, soucieux d'une stricte égalité de traitement, que pour la Rue de Grenelle, qui n'a pas les moyens de remettre en question son système d'affectation.

 

"Nous ne restons pas inactifs, au contraire"

 

Le ministère, surpris par la liberté de ton du rapport, moins consensuel qu'il ne s'y attendait, se retrouve piégé par sa propre méthode. Pour négocier malgré tout, il a décidé de traiter séparément, une à une, les thématiques abordées par Pochard, sans citer leur auteur.

 

"Les syndicats ont pris ce rapport en grippe ; nous ne pouvons plus l'évoquer, indique-t-on au ministère. Mais nous ne restons pas inactifs, au contraire : le recrutement des enseignants au niveau master [projet annoncé par Xavier Darcos] figurait dans ses propositions."

 

La question des rémunérations des enseignants en début et en fin de carrière devrait, elle aussi, être très prochainement abordée. Enfin, l'idée d'une aide attribuée aux jeunes débutants en ZEP, qui pourrait être une prime d'installation, est aussi à l'ordre du jour.

 

Par Laurence Debril, « l’Express » 03/07/2008


Pour info, relire les deux articles publiés sur ce site

1- Le contenu du rapport de la commission sur le métier d'enseignant

2- Les inquiétudes de Marcel Pochard, président de la commission

 

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Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
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commentaires

Henri 09/07/2008 09:32

Propos sybillin mais après tout...M. Darcos indique dans "Libération" :"Je veux aussi revaloriser la fonction de directeur d’école
dès la rentrée en reconnaissant leur engagement dans la réussite de l’école
primaire et en améliorant leur régime indemnitaire."Voir :
http://www.liberation.fr/actualite/societe/337908.FR.php

Administrateur 08/07/2008 16:53

Merci Delphine.De ce fait, nous avons ajouté 2 liens rappelant les deux articles relatifs à cette commission.Dans son rapport, la commission fait allusion au métier de directeur d'école :
Un statut d’emploi pour les directeurs d’école
Faut-il imaginer la possibilité d’un statut d’emploi pour certaines fonctions. Un certain nombre de fonctions pérennes, assurées de longue date, gagneraient à se voir reconnaître un statut d’emploi.
Les fonctions de chef de travaux, de directeur d’école ou d’EPEP auraient vocation à devenir des fonctions plus institutionnellement reconnues qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Delphine IA78 08/07/2008 16:43

Je me souvenais d'un article publié sur ce site. Je l'ai retrouvé en date du 7 mars 2008. Le président de la commission sur le métier d'enseignant (Marcel Pochard) faisait part de ses inquiétudes sur le devenir de son rapport. Il est intéressant de le relire. Tout était déjà écrit.
Un autre risque, probablement plus lourd, pesait sur la commission : le risque de s’en tenir à une sorte de langage commun et largement codé qui existe entre l’administration de l’éducation nationale et les organisations syndicales. Car il y a des points sur lesquels on peut avoir le sentiment que les deux ne souhaitent pas que la réalité des choses soit dite explicitement et écrite. Car ils peuvent redouter d’être mis dans une situation qui les obligent à changer et à sortir du bois.
C’est-à-dire ?Il y a des constats que l’institution scolaire n’aime pas faire ; par exemple qu’il n’est pas acceptable de confier systématiquement aux nouveaux titulaires la majorité des postes vacants dans les zones difficiles dites prioritaires mais si peu prioritaires en matière d’affectation des ressources humaines. Admettre ce constat, c’est s’obliger à agir. Mais comme agir, cela signifie remettre en cause des solutions de facilités aussi bien pour l’administration que pour les syndicats, mieux vaut ne pas avoir à regarder la réalité en face et se contenter de circonlocutions. Mieux vaut en quelque sorte une inéquité qu’un désordre.
Et vous avez buté sur le fait qu’en France, les organisations syndicales détiennent un certain pouvoir dans ce domaine, comme celui d’informer les enseignants sur les affectations et les mutations, ce que l’administration ne fait pas toujours...
Nous sommes effectivement là dans un domaine type que l’on peut qualifier de cogestion. Le langage tenu par les deux partenaires est sensiblement le même. A savoir : ce système n’est pas très bon mais, dans le fond, il est possible de limiter les dégâts par des mesures d’accompagnement. A l’inverse, la Commission est sortie de son travail convaincue que les mécanismes d’affectation et de gestion des ressources humaines doivent être réformés en profondeur. Même chose pour la notation des enseignants : les syndicats comme l’administration n’ont pas véritablement envie de trouver un autre système de notation parce que le système actuel a le seul mérite d’exister.
Pourquoi co-gestion ? Ne s’agit-il pas plutôt d’une absence de gestion tout court de la part de l’administration ?On peut effectivement estimer qu’en matière d’affectation, l’administration a trop renoncé à exercer ses prérogatives de puissance publique. Le principe même du service public veut qu’il soit d’égale qualité sur tout le territoire et c’est à la puissance publique de faire respecter ce principe. Or dès lors que, quels que soient les efforts faits pour y remédier, l’intérêt quasi exclusif des agents prévaut en matière d’affectation, avec le résultat que l’on sait, cela signifie que l’intérêt du service se trouve peu ou prou sacrifié, faute d’usage des prérogatives dont dispose la puissance publique. Cela ne veut pas dire que l’on ne doive pas considérer l’intérêt des agents ; mais on doit se donner les moyens de peser sur les choix. Dans l’éducation, tout le monde est attaché au service public. Il ne doit pas être impossible d’amener les partenaires sociaux à comprendre qu’ils ne peuvent méconnaître à ce point certains des principes fondamentaux de ce service public.
Bien sûr, je n’ignore pas qu’il y a énormément d’explications à tout cela. L’une d’elle est que la France conserve une conception très individualiste du métier d’enseignant et qu’il y a dans le monde enseignant une profonde défiance vis-à-vis de l’autorité de proximité, la plus à même d’exprimer quel est l’intérêt du service sur le terrain. Les chefs d’établissements en sont bien convaincus mais n’osent pas le dire de crainte qu’on les accuse d’avoir changé de camp.
On peut considérer que la messe est dite pour les directeurs qui pouvaient placer un (tout) petit espoir dans les résolutions du rapport.

Cedric58 06/07/2008 22:46

"Les syndicats ont pris ce rapport en grippe ; nous ne pouvons plus l'évoquer, indique-t-on au ministère.Ah ! ils ont bon dos les syndicats !!! Le ministère débite ce genre de sornettes pour gogos et les journaleux plongent tête baissée dans le piège tendu sans même se poser la moindre question.En réalité, il faut un financement important pour mettre en oeuvre certaines recommandations de la commission Pochard et les "caisses sont vides"...Les syndicats ne refusent pas de discuter des résultats de la commission mais n'acceptent pas tout ce qu'elle propose. C'est différent.