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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 09:04

Depuis plus d’un an, Sous le pseudo « Froment », l’un de nos collègues, très favorable à un statut de directeur et passionné d’économie nous livre régulièrement ses réflexions au travers de commentaires souvent très pointus et passés au travers du prisme économique.

Il nous a récemment promis une version plus détaillée de sa vision de l’avenir du statut de directeur d’école. Pour lui, aucun doute, la mauvaise santé économique du pays plombe la réforme du statut que nous attendons tous. Nous reproduisons en intégralité, ci-dessous, le texte qu’il vient de nous envoyer.

 

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En septembre 2006, 93 % des directeurs d’école se sont déclarés favorables à un statut professionnel lors de la consultation IFOP commandée par le GDID. Résultat considérable tant par le taux de participation que par celui des réponses positives. Aucun doute, à l’unanimité ou presque, les « enseignants chargés de direction » attendent une vraie reconnaissance de leur métier.

Pourtant, 20 mois plus tard, rien n’a changé. Toujours la même attente. Toujours le même silence du ministère. Toujours la même indifférence des syndicats. Aucune négociation en cours. Pire, la situation économique du pays a changé et avec elle, la probabilité du statut semble s’éloigner.

 

En effet, deux éléments jouent contre le statut. Le premier est d’ordre idéologique. Les syndicats majoritaires n’ont pas évolué dans le sens d’une reconnaissance du métier de directeur. S’ils acceptent qu’on lui donne quelques moyens supplémentaires (décharges, indemnités), ils refusent de voir le directeur se transformer en vrai responsable institutionnel de l’école. L’idée de « chef » (petit ou grand) leur est insupportable.

Paradoxalement, les directeurs eux-mêmes ne luttent pas vraiment pour contrer la « puissance » syndicale. On le voit bien, lorsque des salariés veulent imposer leur point de vue à leurs responsables syndicaux, ils le peuvent. En 68, les ouvriers de chez Renault ont conspué le leader de la CGT venu leur apporter la « bonne nouvelle » des accords de Grenelle. Plus près de nous, les marins pêcheurs ont refusé l’accord passé par leurs représentants avec le ministre de l’agriculture et ont poursuivi le blocage des ports.

En fait, tout se passe comme si les directeurs avaient peur qu’on leur donne plus de pouvoirs alors qu’ils n’exercent pas ceux dont ils disposent aujourd’hui, comme s’ils avaient un complexe d’infériorité définitif.

Le second élément qui fait obstacle au statut est lié à la conjoncture économique. Celui-ci se double d’un aspect structurel propre à la répartition des établissements scolaires du 1er degré.

Sur le plan économique, tous les experts confirment les propos du Président de la République : « les caisses sont vides ».

Certes, il existe bien des économistes qui se montrent moins pessimistes. Ainsi, Mathieu Plane, économiste de l’OFCE, qui intègre les actions de l’Etat  et qui arrive à ce résultat surprenant : « Si l'on déduit les actifs physiques de la dette, l'Etat est créditeur de 37.8% du PIB.
Moralité, le bébé français ne naît pas avec une dette de 18700 euros sur les épaules comme le disent les Cassandre, mais un crédit de 11000 euros
 ». Oui, c’est exact… sauf que les actifs ne sont pas cessibles…

L’aspect structurel de cette difficulté financière est propre à l’Education nationale. L’enseignement primaire est constitué d’un vaste réseau d’écoles souvent de petite taille. Certes, le nombre d’écoles décroît de façon régulière depuis de nombreuses années mais la France comptait encore 49 928 écoles publiques à la dernière rentrée de septembre 2007.

Parmi les 59 % de directeurs qui disposent d’un temps de décharge, 83 % ont 1/4 de décharge, 13 % une ½ décharge et seuls 4 % ont une décharge complète.

Il est important de bien garder ces chiffres en tête pour comprendre l’effort financier colossal que représenterait la création d’un statut.

Bien sûr, il est possible de créer un statut à moindres frais. Un statut pourrait ne comporter que la stricte reconnaissance institutionnelle du métier de directeur. Ce serait une avancée capitale. Mais passé le moment d’euphorie « on a gagné ! on a gagné ! », viendrait vite la déception de la coquille vide. En effet, ce qu’attendent les directeurs et toutes les enquêtes le disent, c’est la reconnaissance mais aussi et surtout les moyens nécessaires pour mieux faire fonctionner leur école.

Du temps, du temps, du temps, réclament les directeurs. Or, le temps ne peut être attribué qu’en accordant des décharges d’enseignement. Seulement, voilà ! Le temps de décharge passe par des créations de postes en nombre considérable.

Rappelons-nous : la signature du protocole a « accordé » ¼ de décharge aux 7135 directeurs de 4 classes par l’utilisation de stagiaires IUFM avec les conséquences que l’on sait et que nous n’avons cessé de dénoncer. Mais ces stages filés représentaient l’équivalent de 1641 ETP (Emploi Temps Plein).

Pour que le statut présente réellement un intérêt palpable par les directeurs, il conviendrait, à minima, de transformer les 3827 demi décharges en décharges complètes et d’augmenter de façon significative le temps de décharge des 29 000 collègues qui n’en ont qu’un quart. Il ne faudrait pas oublier non plus les milliers de collègues qui ont moins de 4 classes… Bref, des milliers de postes à créer. Autant dire qu’en l’état actuel de nos finances, c’est mission impossible avant de nombreuses années.

On m’a souvent rétorqué : « quand le gouvernement veut trouver de l’argent, il en trouve » et de me citer la « prime de Noël » des chefs d’établissement du secondaire. Mais, c’est une goutte d’eau par rapport à des créations de postes qui engagent l’état pendant 40 ans. A bien y regarder, les avancées obtenues par les salariés en détresse ne sont bien souvent, hélas, que des arrangements budgétaires sans lendemain.

D’ailleurs, « Bruxelles » veille… Le 28 mai, elle demande à la France de "mettre en oeuvre l'invitation politique du conseil du 12 février", date à laquelle les ministres des Finances de l'UE avaient demandé à Paris de "renforcer sa consolidation budgétaire". Cette recommandation est l'un des trois instruments dont dispose la Commission pour rappeler un Etat à l'ordre sur ses déficits.
Elle peut par ailleurs choisir d'ouvrir une procédure dite de "déficit excessif", ou envoyer une mise en garde "précoce" pour demander à un Etat de réagir. Bruxelles devrait appeler aussi la France à "soutenir le processus de réforme de manière interne à travers une application ambitieuse des recommandations" de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), lancée en décembre dernier, et censée réformer l'Etat et produire des économies substantielles sur cinq ans.

L’idée de créer un corps particulier de directeurs du 1er degré a également été évoquée à plusieurs reprises sur ce site. C’est même le libellé de l’article 1 du projet de statut proposé par le GDID. Or, pour les mêmes raisons que celles énoncées plus haut, c’est impossible. La France s’est lancée dans une réforme qui vise à restructurer la fonction publique. Les différents corps vont être regroupés en grandes filières pour former ce que le gouvernement appelle la « fonction publique de métiers ». Je ne reviens pas plus explicitement sur cette réforme qui a fait l’objet d’un article complet sur ce site (*).

A mes yeux, la seule possibilité d’intégrer les directeurs d’école dans un « corps », ce serait de les associer aux personnels de direction regroupés dans l’actuel corps des chefs d’établissement. Mais il conviendrait de le demander avant que la réforme ne touche concrètement les métiers de l’enseignement.

Naturellement, cette intégration ne serait pas sans conséquences sur la nature du « cadre statutaire » qui attribuerait de facto aux directeurs d’école une fonction hiérarchique. Mais le veulent-ils ? On entre là dans un tout autre débat. Il convient aussi de savoir qu’une étape intermédiaire est tout de même indispensable pour être compatible avec l’état de nos finances, c’est la réduction drastique du nombre de directeurs d’école. Cette réforme est en phase d’expérimentation. Elle est imparfaite. Elle ne nous convient pas telle qu’elle existe actuellement mais elle a un nom : EPEP. C’est sur ce terrain que nous devons porter notre combat si l’on ne veut pas rater le train de la réforme. Train qui ne repassera pas de sitôt…

Alors devant ce constat ô combien pessimiste que je dresse, faut-il baisser les bras et renoncer à réclamer un statut jusqu’à rétablissement des finances publiques ? Evidemment non ! Nous devons maintenir la pression ne serait-ce que pour faire évoluer les esprits des « responsables » syndicaux et signifier au pouvoir en place que la coupe est pleine.

 

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(*)
Notre collègue fait référence à notre article du 12 mai intitulé :

« La création d’un corps de directeurs d’école : hautement improbable »

 



Question écrite posée le 20/05/2008 au ministre de l'Education nationale

par le Député M. Meslot Damien (UMP - Territoire-de-Belfort)
 

 

M. Damien Meslot attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale sur la revalorisation de la prime allouée aux directeurs d'école. Une augmentation forte des indemnités des directeurs d'école a été envisagée par le Président de la République et, pour l'heure, aucune mesure en ce sens ne semble avoir été engagée. C'est pourquoi il lui demande de bien vouloir lui indiquer s'il est dans ses intentions de revaloriser les indemnités des directeurs d'école et sous quels délais cette revalorisation pourrait intervenir.


 
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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

Gilles Loubry 08/06/2008 23:13

Malheureusement, jmi, le gouvernement se met rarement Bruxelles à dos. Pour la bonne raison que ça nous coûterait un max en pénalités. Et surtout parce que tous nos élus, de droite comme de gauche, sont idéologiquement d'accord avec la politique de Bruxelles. Sur ce point, je partage à 200% l'analyse de Froment. C'est d'ailleurs là qu'est la source de la majorité des problèmes que rencontre la France (pouvoir d'achat, salaires, retraites...).Faut pas se leurrer, les pêcheurs n'ont pas eu grand chose. Vois leur mécontentement qui n'est pas du tout apaisé. On leur colle quelques rustines, on gagne du temps et il faut bien que ces malheureux reprennent le boulot s'ils veulent nourrir leur famille. En attendant la prochaine grogne.Pour ce qui concerne l'économie faite par le non renouvellement de ceux qui partent à la retraite, Sarko a annoncé que ça servirait à améliorer les débuts de carrière des enseignants recrutés sur master à partir de 2012. Tu vois, les sous sont déjà affectés. On attendra encore un peu, n'est-ce pas...

jmi 08/06/2008 22:21

Bon, plus de sous !!!D'accord, bien que cela soit une question de priorité. Vois plutôt du côté des pécheurs et autres gros bras. On leur en trouve quitte à se mettre Bruxelles à dos.Mais si on entre dans la logique (si il y en a une de cohérente) du gouvernement, les fonctionnaires qui partent à la retraite ne seront remplacés à hauteur de 1 sur 2. Les économies ainsi engrangées (j'aime bien ce mot quelque peu protocolaire) seront, d'après toujours le petit Nicolas, pour moitié consacré au budget (rustines) et pour une autre partie dévolues à l'amélioration des fonctionaires (salaires et autres broutilles).Il n'y aurait pas kelkun qui pourrait correspondre à cette description ???Oui, je sais c'est de l'utopisme.Mais, si le raisonnement économique est imparable, la volonté politique peu sérieusement intervenir. Quand on se résout à n'entendre que le discours majoritairement servi à la plèbe, on peut être sûr qu'on fera du surplace.Maintenant, je reste persuadé que personne ne veut véritablement régler ce problème en nous prenant en compte.Quand, ils n'auront plus besoin de nous, ils nous jetteront en nous faisant passer pour les responsables de tous les mots.

Bénédicte B 08/06/2008 16:57

J'ai lu avec beaucoup d'attention cet article très intéressant, et très bien écrit.Les EPEP à la base, partent d'une idée intéressante, mais les proposition de réalisation sont inacceptables en l'état.Je suis directrice en Seine Maritime, département où on trouve de très nombreux RPI, SIVOS et même des classes uniques.Le regroupement de certaines écoles avec une direction unique serait difficile à la fois sur le plan politique, pédagogique et même matériel.Il ne faut pas oublier tous ces départements où le rural est encore très ancré.J'attends là aussi des propositions des syndicats, plutôt qu'une fin de non-recevoir pure et simple...

Lucien 06/06/2008 08:28

@ Froment,j'ai lu avec attention ton analyse sur laquelle je partage une majorité de points.J'ai retenu ceci "Sur le plan économique, tous les experts confirment les propos du Président de la République : « les caisses sont
vides »."Et je l'ai rapproché de ce rapport que tu connais concernant les Niches Fiscales, mission de la commission des finances présidée par Migaud didier  (PS)  et dans lequel on peut lire ceci :"Assurément. Le nombre des dépenses ou "niches" fiscales a augmenté très
fortement ces dernières années. La mission d'information les chiffre à
486, contre 418 en 2003. En cinq ans, leur coût est passé de 50
milliards d'euros à 73 milliards."Combien pourrait-on récupérer sur ces niches fiscales pour simplement améliorer un tant soit peu le quotidien de milliers de directeurs ?Si le problème est politique , au niveau économique , il reste quelques marges de manoeuvre , il me semble .Qu'en penses-tu ?

Froment 05/06/2008 14:00

D'accord avec tout ce que tu dis au niveau de la nullité des syndicats. Ils nous l'ont assez prouvé.La prime aux chefs d'établissement... Oui, tu as raison, la grogne montait et leur principal syndicat est virulent. Mais je pense aussi que le ministère voulait également les désolidariser des profs qui commençaient à se faire entendre suite aux annonces de suppression de postes par milliers. D'ailleurs le syndicat des proviseurs l'a ressenti comme tel et a fait une déclaration dans ce sens.Mais on ne peut pas dire que ce genre de prime soit un manne financière importante. C'est même une goutte d'eau dans le budget de l'EN.Tu parles de cadeaux faits à diverses professions. Attention aux effets d'annonce qui sont souvent loin de la réalité. Vois l'exemple des pêcheurs. On croyait le problème réglé il y a quelques semaines car ils avaient obtenu, nous a-t-on dit, gain de cause sur le prix du carburant. Faux ! Leurs problèmes sont bel et bien réels.Mittal... Tu te souviens, le déplacement de Sarkozy. Il devait tout régler. Il s'était engagé à sauver les emplois et revenir voir les ouvriers. Pan ! C'est Bruxelles qui met son véto au plan français. Rien est réglé. Ou plutôt si... mais pas comme on l'avait promis.Les taxis... On les avait assurés qu'on n'augmenterait pas le nombre de taxis pour ne pas dévaluer leur licence. Quelques semaines plus tard, surprise : on annonce des créations de licences. On retrouve les taxis dans les manifs sur le prix du carburant.Les suppressions de postes dans l'EN. Grosses manifs, grèves à répétition, soutien d'associations... Rien n'y a fait. Le gouvernement n'a pas cédé.Le problème, Shadow c'est que le son de cloche du gouvernement est très bien relayé par les médias et du coup on y croit. Mais tout cela n'a qu'un temps.

shadow 05/06/2008 13:04

" il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir": y'a du vrai.Mais quand on ne veut pas , alors c'est certain on ne peut pas non plus. Je m'explique.Analyse de Froment: y'a du vrai. Cependant , on peut multiplier pour la même période les exemples de " cadeaux" faits à diverses professions pour des montants non négligeables ( voir forums précédents).... donc on pondère.puisqu'on est dans les proverbes: " nécessité fait loi". Le problème des dirlos est qu'il font le boulot qu'on leur demande et qu'on leur redemande sans rien réclamer en plus. Normal personne ne les défend, ils n'ont pas de syndicat. Si la machine bloquait vraiment ( aucune allusion à la grève administrative virtuelle) , on se soucierait de notre sort et les mesures seraient prises dans le bon sens. Mais pourquoi donner ce qu'on ne réclame pas ?Création des EPEP: ça répond à la même logique. Le dirlo-citron est tellement pressé qu'il faut envisager une autre structure pour répondre aux nouveaux besoins de l'école. On garde les dirlos-à-tout-faire pratiques et corvéables à merci avec l'assentiment de tous sur le terrain + un coordinateur pour gérer la nouvelle structure. On répond aux besoins. Pourquoi les principaux de collège ont-ils eu une prime ( pas mal de sous quand même) qu'ils ne demandaient pas? plus de boulot, des syndicats pour les défendre donc à terme des soucis pour le gouvernement. On achète alors ce surcroit de travail par quelques euros . Pourquoi les dirlos n'ont rien eu ( en dépit de tout ce qui leur tombe dessus) ? pas pour une histoire de chef ou pas d'établissement mais parceque personne ne monte au créneau pour eux et que individuellement isolés, ils sont sans voix. L'économique ne fait pas tout. Mais quand en plus de l'économique , le pouvoir syndical a décidé de nous nier toute existence en dehors du cadre " dirlo = instit comme les autres" et que chacun fait son boulot dans son coin et renvoie les papiers à l'heure, pourquoi chercher ailleurs?Que ceux qui en ont assez trouvent eux-même les adresses des associations ou syndicats en faveur des dirlos et le jour où le nombre d'adhérents sera suffisant , on verra si la donne ne change pas.....

Dedel 05/06/2008 08:52

Ah, si c'est le "canard" qui le dit, ça doit être vrai... n'est-ce pas Henri...Je suis avec beaucoup d'intérêt ce qui s'écrit ici depuis quelques jours. Pour qui s'intéresse à la politique, pas grand chose de nouveau mais je suis content que ce sujet soit venu sur le tapis car il permet de comprendre la difficulté rencontrée par les syndicats à se faire entendre.Certains s'imaginent que les syndicats sont ou trop mous, ou de connivence et que ça explique qu'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent.Toutes les explications fournies par Froment, je les confirme, elles sont justes et facilement vérifiables. Elles montrent que les ministres ont une marge de manoeuvre réduite quasiment à néant. Le problème, c'est que jamais ils ne disent que c'est la faute à l'Europe. Les consignes doivent être respectées pour éviter que le "bon peuple" ne se détourne pas trop du "machin" comme disait de Gaulle.Les annonces de postes supprimées, toujours la même origine : trouver des économies coûte que coûte pour répondre aux exigences bruxelloises (déficit, RGPP..).Alors, Henri et les autres collègues souvent critiques, essayez, à l'avenir, de comprendre que la mission des dirigeants des organisations syndicales n'est pas aussi simple qu'on le croit généralement. Il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir...

henri 05/06/2008 06:24

L'information donnée ci-dessus semble effectivement confirmée par une notule dans "Le Canard enchaîné" dans son édition d'hier (mercredi 4 juin) page 2...Allez ! encore une petite grève et il n'y paraîtra plus !

mails ia54 - bernard 04/06/2008 23:21

Pour aller dans le sens de ce qu'écrit Froment, voici ce que déclare Emmanuel Davidenkoff, chroniqueur sur France Info :
 
On sait que, dans les trois ans, il faudra diminuer les moyens de 20%. Il faut donc s'attendre à ce que, dès juillet et, à coup sûr, en septembre lors de la discussion budgétaire, on apprenne qu'il y aura 15.000 plutôt que 11.000 suppressions de postes d'enseignants l'année prochaine. Et autant chaque année dans les trois ans à venir.

Froment 04/06/2008 23:00

@ Che
Regarde ce qui s’est passé aujourd’hui, ce n’est pas anodin : en allant manifester à Bruxelles et brûler des drapeaux européens sous les fenêtres de la Commission, les pécheurs ont clairement désigné l'Union européenne comme responsable du drame qui se joue aujourd'hui dans nos ports.
La Commission européenne qui refuse toute aide sociale au nom de la concurrence libre et non faussée est perçue comme un relais de la mondialisation débridée sur le continent.
 
On peut faire le même constat pour les services publics, les retraites, le pouvoir d’achat, les délocalisations. Tout simplement parce que 80% de notre législation est confectionnée au niveau européen, et que toute la doctrine des Traités impose aux Etats un carcan libéral d'où tout, absolument tout, découle : démantèlement des services publics, affaiblissement des Etats, réforme des retraites toujours dans le même sens, blocage des salaires au nom de la compétitivité, libre-échange absolu et dévastateur, régression des principes démocratiques au nom d'une saine économie.
 
Quelques exemples ?
 
Prenons le carburant. Qui sait que l’Europe vient de demander aux Etats membres d’augmenter encore leur fiscalité sur le gazole ? Qui sait que la convergence vers le haut constatée depuis quelques mois entre prix de l’essence et du gazole découle d’une politique voulue et orchestrée par Bruxelles ? Pas grand monde, malheureusement. Il s’agit pourtant d’un exemple parmi tant d’autres de limitations de souveraineté, se traduisant de surcroît par un mauvais coup fait au portefeuille.
 
Evoquons aussi la farce des OGM. A l’occasion de l’examen de la loi Borloo sur les OGM il y a quelques semaines, PS et UMP ont habilement mis en scène une lutte à mort sur le sujet, les socialistes feignant de s’opposer au texte qui leur était soumis. Pure comédie, d’un cynisme incroyable ! Cette loi en effet n’est rien d’autre que la transposition d’une directive européenne sur les OGM, que la France avait l’obligation de faire passer dans son droit national sous peine de très fortes amendes (plusieurs centaines de millions d’euros). Ni le PS ni l’UMP n’ont en réalité les moyens, ni la volonté, de s’opposer à cette transposition. Toutes les semaines au parlement européen, ils votent ensemble ces directives, sur lesquelles ils font ensuite semblant de s’écharper à l’Assemblée nationale…En réalité, le système européen les contraint, et la Commission comme la Cour de justice de Luxembourg sont là pour veiller à ce que les Etats membres se soumettent entièrement.
Aucun média n’a expliqué aux Français cette réalité. Aujourd’hui la loi est votée dans son état initial, et il ne pourra en être autrement tant que nous accepterons de subir ce système.
 
Dernier exemple en date, la publicité sur les chaînes privées. Jean-François Copé vient de suggérer d’autoriser une deuxième coupure publicitaire pendant les films le soir sur les antennes commerciales. Qui ne connaît pas le contexte ne peut comprendre cette soudaine lubie forcément impopulaire…En réalité, là encore, il y a Europe sous roche. Si Copé fait cette proposition, ce n’est pas du tout par hasard. C’est simplement parce qu’il prépare la transposition en droit français de la directive TV sans frontières, qui oblige les Etats membres à permettre aux chaînes privées cette 2ème coupure publicitaire…Bien sûr, pas un journaliste pour l’expliquer aux Français.
 
Est-ce à dire que nos responsables nationaux doivent être épargnés par les critiques ? Absolument pas. Parce qu'ils sont les premiers responsables de ce Système qui maintenant les dépasse. Parce qu'ils continuent année après année de le consolider. Parce que, toutes majorités confondues, ils fuient en avant sur la route européenne, contre l'avis des peuples qui veulent retrouver la maîtrise de leur destin.
 
Tu vois, Che, tout cela fait que nos finances sont tributaires de « choix imposés » qui ne laissent augurer rien de bon pour le statut des directeurs. Même s’il le voulait, le gouvernement (quel qu’il soit) ne pourrait dégager le budget indispensable à la création de milliers de postes nécessaires pour l’amélioration des décharges…

p LOUET 04/06/2008 21:57

Je maintiens mon analyse de "politique" et non 'd'économique". Tu as raison sur les prises de position du PS etc.. mais qui a dit qu'ils n'étaient pas libéraux.. je te rappelle la notion de "socialisme libéral".jamais en effet, il n'aurait accepté de donner les 6O heures aux dirlos.. L'obejt n'est pas là. Bush et reagan avant ont développé la problématique. Organise la pénurie.. Crée les conditions du disfonctionnement et tu justifies la réforme que tu envisages.Taper sur les dirlos, les écraser sous les charges, les positionner en situation intenable creent l'acceptation du directeur d'EPEP.. Et d'ailleurs,en un an de forum, on sent le retournement de tendance. Je me suis aussi rencardé un peu sur Bruxelles et sur le traité de Nice en particulier qui positionne toutes les réformes de l'école actuelle, auxquelles on ajoute le brevet A1 d'anglais par exemple.. D'accord avec toi.. c'est écrit.. On le sait. Darcos n'invente rien.. Il met en musique.. c'est fortement politique donc.cette notion de "on ne peut faire autrement because économie" me révulse.. On ne peut faire autrement car politiquement on a fait ce choix.On a perdu car tout est fait (Bruxelles etc..)? Je suis pas loin d'être en accord avec toi. On va être forcé de manger notre chapeau.. Y'a de grandes chances.. Certains d'entre nous prendront le train, d'autres non? OUIMais ce n'est pas une raison pour vendre son âme. Ne me demande pas de valider une C... pour le seul fait qu'elle est inéluctable.. Je préfère la subir, que l'accompagner. Mon grand âge certainement ! Mais tout cela peut se retourner.. Tout repose, pour que cela marche  sur le fait que des "c..." d'instits continueront à agir et travailler comme les hussards de la république en acceptant la logique de marché qu'on impose comme inéluctable et donc des conditions de travail impossibles.Imgine que ces mêmes instits entrent dans une logique "libérale".. Je bosse pour un salaire. Au mérite.. Quel est mon meilleur coup? Evaluations bidouillées faibles en début d'année, pour résultats en augmentaion pour tous en fin d'année, preuve de mon taf.. Création d'un groupe de 5/6 enfants en difficultés pour valider mes heures sups en stage en augmentant mon salaire. (1000 E ?)Mise en avant de mon travail par un marketing approprié.Ton école est en fait ton "matériel" auquel tu apportes une valeur ajoutée. A toi de faire valoir cette valeur ajoutée par un marketing approprié et par une gestion cohérente. Pas très difficile.. Faire croire est bien plus simple que faire réellement. CHE

Froment 04/06/2008 13:59


« Ta démo n'est pas économique, Froment, elle est politique.. »
Non, Che, mon propos n’est pas une « démo ». Je me suis contenté d’analyser la situation financière du pays qui est un produit d’une politique économique mise en place depuis des décennies.
Voilà 30 ans que cette politique économique est menée en France tantôt par la droite, tantôt par la gauche. Des alternances qui n’ont rien changé fondamentalement sur un plan économique et pour cause : tous les partis de gouvernement en France n’ont eu de cesse d’enfermer un peu plus la France dans le carcan libéral de l’Europe.
Que ce soit le PS ou l’UMP, (ils pourraient d’ailleurs former un parti unique UMPS) ou même le Centre (nouveau ou ancien), la politique est la même : toujours plus d’Europe au détriment des politiques nationales. On voit où ça nous mène : 80 % des lois en France sont dictées par la Commission européenne. On en a des exemples tous les jours. Et encore, ne sait-on que peu de choses car les médias sont complices. On l’a vu lors du référendum sur le Traité de Constitution Européenne : 95 % des élites (élus, médias, intellectuels de tous poils) se sont déclarés pour le TCE. Et le peuple l’a rejeté à 55 %. Du coup, on a privé le peuple de vote pour adopter le traité de Lisbonne (soi-disant un traité simplifié qui n’est autre que le même que l’ancien à 95 %, dixit Giscard d’Estaing).
Peu d’espoir que la situation s’améliore ou qu’un gouvernement choisisse ses propres priorités. Il faut répondre aux exigences de Bruxelles. D’ailleurs, il n’y a pas plus à espérer qu’un changement de gouvernement inverse la machine : PS et UMP votent ensemble les mêmes directives à Bruxelles.
On dit aussi idéologie… Pas sûr. Toutes les mesures prises actuellement (suppression de TGI, d’hôpitaux, de maternités, de collèges…) ont une explication purement comptable. Les économies sont recherchées car imposées par Bruxelles.
Au fait, t’es-tu demandé pourquoi on n’entend aucune personnalité de gauche défendre notre cause ? Je pense à un Jack Lang jamais à court d’idées, à Ségolène Royal opposante résolue, à Lionel Jospin dégagé de toute contrainte, à François Bayrou donneur de leçons… Tous quatre, pour ne prendre que des gens qui connaissent bien l’Education nationale, connaissent les difficultés quotidiennes des directeurs et savent que nous réclamons un statut… Etrangement muets alors que dans l’opposition on peut se permettre plus facilement de critiquer.
Eh bien, s’ils ne disent rien, c’est parce qu’ils savent mieux que quiconque que la RGPP et la politique économique nous sont imposées par Bruxelles. Et qu’ils partagent la vision européenne de la droite et qu’ils savent que pour respecter les critères imposés par l’UE, créer des milliers de postes c’est tout bonnement impossible. Ils savent que nos revendications sont impossibles à satisfaire.
Autre point, pourquoi ne nous a-t-on pas accordé une décharge en profitant des 60 h d’aide personnalisée ? C’était pourtant une mesure gratuite… Mais, l’accorder revenait à admettre publiquement le manque criant de temps des directeurs et dans le même temps reconnaître qu’on n’a pas les moyens d’y remédier faute de budget. Alors, on ferme les yeux et on accorde des miettes proportionnellement aux décharges existantes.
Je pourrais continuer longtemps sur le sujet. C’est mon dada, la politique et l’économie. Mais, je ne suis pas certain que ce débat passionne les lecteurs de ce blog… Raison pour laquelle je m’exprime aussi et surtout ailleurs sur ces sujets…

p.louet 03/06/2008 23:32

Belle démo économique, Froment.. Alors va plus loin.. Les écoles rurales avec quelques gamins qui maintiennent la vie dans les campagnes et retardent la désertification rurale.. Il faut les supprimer.. Pas rentables, c'est indéniable! Tu gagnes des milliers de postesPayer des instits, si chers pour faire dormir des gamins dans un dortoir et jouer le reste du temps, faut pas exagérer.. Un dplôme d'éducateur de jeunes enfants suffirait. Tu récupères combien.. 10 000 postes maternelles.. Mieux, c'est en fait de la garde d'enfant ce type d'activité (d'ailleur c'est ce que l'on fait en crèche).. En supprimant ces postes, on créé de l'emploi, donc des cotisations sociales et on fait baisser la dette de la sécu.En toute objectivité.. Savoir qui a succédé à Louis XIV, ou qui a écrit tel ou tel classique, à quoi cela sert pour monter d'aplomb un mur de brique.. Du temps et de l'argent perdus, sans compter que les mômes arrivent sur leur poste de travail sans rien savoir faire et donc non rentables... Soyons cohérents. C'est ce qui explique les difficultés d'emploi des jeunes d'ailleurs, les entreprises ne vot pas perdre de l'argent et du temps à former des ouvriers tout de même.Remettons un examen à l'entrée en 6eme.. ceux qui réussissent montent au collège, les autres avec un ou deux ans de formation en alternance (payés quelques euros pour le téléphone protable) trouveront ensuite un vraii boulot adaptés à leur compétenceSolde.. quelques milliers de profsSans discuter sur le fond, tu dis que les caisses sont vides.. une simple taxe de 1 % sur sur les mouvements financiers quotidiens de la Bourse à Paris, exonérés du moindre impot rapporterait combien?? 40 millions d'euros chaque jour? Quelques statuts de dirlos non? Je sais.. C'est pas possible.. on ne peut pas le faire.. la mondialisation, les fonds qui partiraient vers d'autres bourses.. la ruine .. Note comme les caisses sont vides et que la Bourse ne rapporte rien en impôt, cela ne changerait pas vraiment grand chose, mais bon.. Tu as raison certainement.. D'un autre côté, il est plus facile de récupérer 50 € sur le salaire des AVS qui émargent à peine à 700 €, puisqu'ils ne travailleront plus le samedi.. C'est vrai qu'ils passent rarement leurs vacances à DavosTa démo n'est pas économique, Froment, elle est politique..  Et que prouves tu? Que le  libéralisme financier a pris le pas sur le politique? Je crains que tu aies raison.. Qu'aucune idée, même juste, ne pèse pas face au cac 40.. On le voit chaque jour.. Que notre société est prête pour accepter tout cela.. Tu as encore certainement raison.. En clair, qu'on a perdu? peut être.. sûrement..L'EPEP est une con... organisationnelle voulant calquer le primaire sur le secondaire qui ne fonctionne pourtant pas si bien que cela, inadaptée pédagogiquement, psychologiquement en regard du rôle qu'ont les adultes à jouer à cet âge des enfants et surtout fonctionnellement créateur de conflits internes permanents. En revanche... Economiquement, c'est certainement rentable...Ne sois pas inquiet.. Ils vont se mettre en place, comme le reste, et non , SEB, pas "adaptés", mais comme ils sont prévus, comme tout ce qui est sorti ces derniers mois.. CHE

malou 03/06/2008 23:25

Doit-on craindre les EPEP Stéphan ? Je ne crois pas. A condition de dire ce qu'on veut et ce qu'on refuse de façon catégorique. Non aux EPEP dirigés par un pion municipal ! C'est le rôle des syndicats de se battre pour cette transformation des écoles.Il faut se dire que c'est notre seule chance, pour nous directeurs, de jouer un rôle pleinement reconnu. Inconvénient : la fin des petites écoles et disparition d'une grande partie des directeurs. Dans le même temps, c'est un plus pour l'école qui bénéficiera d'un responsable vraiment responsable avec enfin de vrais moyens qui lui permettront de mieux fonctionner. C'est quand même cela la raison première de notre combat.Ce qui est regrettable, c'est qu'encore une fois, les syndicats se sont montrés complètement nuls en n'exigeant pas une décharge pour tous les directeurs en échange de l'organisation du soutien personnalisé. Ils auraient dû imposer une sorte de donnant-donnant. Une fois de plus ils ont montré leur faiblesse à moins que ce ne soit délibéré. Allez savoir. C'est lamentable !

Stéphan 03/06/2008 19:18

Je le savais... Pas déçu par ton analyse Froment, et je partage.mais je crois aussi en la volonté politique  et aux combines politiciennes. • Si nos Institutionnels voulait vraiment nous reconnaître, les 60 HS étaient l'occasion de le faire en nous les octroyant en décharge pour TOUS les dirlos à coût zéro.• sur les regroupements aussi il y a de quoi faire.>dans les zones urbaines ils existent déjà (RP...)>dans les zones urbaines on peut le faire quand la géographie le permet (même bâtiment par exemple, ou 2 batiments séparés par une même cour) tant que le nombre de classes restent "gérable" et en profitant des départs à la retraites.Donc il y a possibilité d'avancer dans la bonne direction... Si on le veut.Mais on ne le veut pas, et les décisions actuelles (que l'on pare du vocable réforme) ne sont que comptables alors que l'école mérite une volonté politique affirmée.La prochaine étape les EPEP...Triste!

mat pu j.prevert 03/06/2008 18:04

Mes connaissances en économie sont trop limitées pour que je puisse prendre position sur ce que dit Froment. En tout cas, ça me semble être un raisonnement assez logique.En même temps, je me dis que ce doit être pain béni pour les syndicats car la situation financière joue pour eux. En fait, il ne leur reste qu'à rester silencieux pour ne pas s'attirer les foudres des directeurs et faire porter le chapeau au pouvoir en place. Pour eux, c'est tout bénéfice.Anne-Marie

Séb - ac 69 02/06/2008 22:39

Qu'on la retourne sous tous ses angles, la situation des directeurs est quasiment insoluble si on ne réduit pas de beaucoup le nombre d'écoles en France.Idéologie ou pas, les finances actuelles sont telles que les marges de manoeuvre sont réduites à zéro ou presque. On le voit tous les jours avec tous les conflits qui ont tendance à se multiplier. Et surtout, il y a l'Europe qui est un véritable carcan. Plus de 80 % des textes votés par le Parlement français sont dictés par des directives européennes.Roland propose de mettre le paquet sur les collègues non déchargés. Bien entendu que c'est nécessaire, qui dira le contraire. Mais c'est 2500 créations qu'il a comptées pour décharger les 20000 directeurs qui n'ont rien. Rien que ça, Roland...Et après, on attend 5 ans, 10 ans, 15 ans pour repartir à l'assaut de la citadelle pour aider à respirer les milliers de collègues qui n'ont qu'ne journée par semaine alors qu'on les sait exténués... Or ils sont près de 25 000 si l'on suit les chiffres donnés par Froment. Une paille ! Si solution il y a, elle passe par la création d'EPEP. Mais pas comme on nous les promet en ce moment. Il y a là un vrai combat à mener et je pense que ce combat est de nature à intéresser le gouvernement qui ne demande qu'à mettre en place ces EPEP. Dernier point soulevé par Roland "les dirlos ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent ! Ils n’ont d’ailleurs jamais vraiment su ce qu’ils voulaient ! Et c’est justement là leur sagesse !" J'avoue ne pas très bien comprendre. Là où Roland voit de la sagesse, moi je vois plutôt ce que Froment appelle un "complexe d'infériorité". Qui n'a jamais entendu un collègue directeur, en apparté, souhaiter disposer d'autorité voire d'un pouvoir hiérarchique ? Il est vrai que dès qu'on est plus de trois, alors le mot redevient tabou. Tant que nous n'aurons pas réglé ce problème de la hiérarchie, nous n'avancerons pas. Les syndicats le savent bien et c'est sur ce concept de hiérarchie non avouée et non avouable qu'ils nous tiennent.

VALMORI Patrick 02/06/2008 22:09

D'accord avec Roland pour dire que les choix qui sont faits sont surtout idéologiques. Dans tous les domaines. Ce n'est pas la fonction publique d'Etat qui est pléthorique, c'est la fonction publique territoriale. On en a déjà parlé sur ce site. De nombreuses études ont mis en avant les doublons qui ont été créés et qui le sont encore à chaque fois que l'Etat a opéré des transferts de compétences. Des communautés de communes, les communautés urbaines, les conseils généraux, les conseils régionaux, les syndicats intercommunaux... regorgent de doublons. Tout le monde le sait même le président de la République qui l'avait dénoncé pendant la campagne présidentielle. Seulement, il faut un sacré courage pour s'attaquer aux barons départementaux que sont députés, sénateurs, conseillers généraux ou régionaux qui cumulent et placent leurs protégés dans tous les organismes. Prenez les maires : on leur a tous confié une vice-présidence de quelque chose...Du coup, le plus simple, c'est de s'en prendre aux fonctionnaires d'Etat. Ils ont mauvaisepresse dans l'opinion : des nantis, des fainéants, toujours prêts à se mettre en grève... J'en passe et des meilleures. A cela, vous ajoutez une dose de libéralisme, une gorgée de populisme, une pincée d'idéologie et on obtient la politique de suppression de postes que nous connaissons aujourd'hui.

roland pastor 02/06/2008 21:34

Bonjour,
Analyse rigoureuse certes, mais on peut aussi y opposer quelques arguments :  
D’abord les maths nous parlent aussi à nous « non déchargés ». Ainsi 20 000 écoles seraient sans décharges ! Soit, si l’on nous « donnait » une petite demi journée par semaine  cela représenterait 2558 ETP. Un effort c’est certain, mais très relatif. En le concentrant sur les non déchargés seulement au lieu de préconiser une répartition sur l’ensemble des directeurs…on aurait peut être gain de cause grâce à la solidarité non ? Je rêve ? D’accord.
 
La vision conjoncturelle de l’économie ( les poches vides ) est un peu courte à mon avis : passe encore sur Bruxelles et son déficit budgétaire alibi, mais la politique c’est aussi de mettre en oeuvre des priorités…réduire le nombre des fonctionnaires en est un mais tellement idéologique qu’il en devient stupide ! Le livre blanc de la défense propose aussi de réduire le nombre de casernes et les hôpitaux et les prisons etc..…mais ce n’est pas lié à la conjoncture ! Sinon on laisserait entendre aux français que dès la question du déficit surmontée, on va se mettre à engager des fonctionnaires, construire des casernes etc ….soyons sérieux ! Non, il y va des réelles missions de l’Etat et de sa modernisation. Des choix très politiques !
 
D’accord à 100% avec Froment l’anonyme en revanche pour dire que les dirlos ne savent pas vraiment ce qu’ils veulent ! Ils n’ont d’ailleurs jamais vraiment su ce qu’ils voulaient ! Et c’est justement là leur sagesse ! Pas de cette rupture inhumaine et globale en tout cas !  Et en creux, je pense,  qu’il ne veulent surtout pas de ces réformes brutales, couperet et sans retour possible qui ne cherchent finalement qu’à produire des affrontements stériles. Ils veulent de la douceur, une évolution de leur métier, un statut original et de la reconnaissance…
 
Cordialement
Roland PASTOR
Directeur
Membre du Gdid

Froment 02/06/2008 13:42

D'abord, merci aux administrateurs d'avoir mis en ligne mon courrier dans sa totalité.@ HenriUn statut ne peut se résumer à ce que j'appelle une "coquille vide" (excuse-moi de me citer). J'entends par-là un statut qui nous reconnaîtrait en tant que directeur. Etre reconnu pour le travail que nous faisons, ce serait DEJA un progrès considérable. Mais, ce que nous attendons TOUS, je pense, c'est ce que contiendrait le statut et en l'occurrence, outre la reconnaissance, ce serait du temps. Du temps, c'est de la décharge d'enseignement. De la décharge, c'est des créations de postes budgétaires. Et cela, les finces ne le permettent pas pour l'instant (pour ne pas dire pour un certain nombre d'années).J'ai expliqué cela en commençant mon paragraphe par : "Bien sûr, il est possible de créer un statut à moindres frais."Or, ce que j'ai écrit est en deçà de la vérité. Car un statut ne peut se résumer à une simple définition de la reconnaissance. Un statut décline une définition du métier, une grille indiciaire et naturellement les conditions d'exercice. Et cela sous-entend évidemment, l'attribution de décharges d'enseignement,c'est à dire des milliers de postes à créer !!! C'est là où ça coince. J'ai essayé de montrer à quel point la réforme nécessite un budget COLOSSAL (relis le nombre de créations de postes nécessaires pour les décharges. J'ai repris les chiffres de la rentrée 2007).On peut faire semblant de croire que c'est possible. Pas moi.  @ MerlinJe pense que tu es dans le vrai. Tu fais allusion à la création d'EPEP. Je l'ai écrit, je pense que la réponse au problème des directeurs passe par les EPEP. Et, tu as raison, il faut éviter qu'ilsaient à leur tête un "non-enseignant". Pour cela, comme tu le dis, il faudrait que les syndicats discutent au lieu de tout refuser en bloc.Et, enfin, je te rejoins également sur un point : celui du statut qui aurait toutes les chances (si je puis dire...) d'être hiérarchique si on veut avoir une possiblité d'être reconnus. Comme je l'ai écrit, les corps vont disparaître au profit de cadres plus larges. Notre seule chance de voir nos conditions de travail vraiment améliorées, et de cela je suis convaincu, c'est d'être assimilés aux chefs d'établissement.On peut espérer que ça se passe autrement mais, quand on regarde l'état de nos finances, les réformes entreprises en cours ou en préparation (parfois dans le plus grand secret), je ne vois pas d'autre issue que celle que j'ai décrite.Seul l'avenir nous dira si j'avais vu juste.

shadow 02/06/2008 13:26

On peut s'interroger sur la stratégie syndicale: plus au courant que nous sur l'imminence des projets EPEP, les syndicats dénoncent sans proposer de projet alternatif réaliste. On peut alors imaginer que les EPEP se mettront en place, dans l'indignation syndicale générale mais , comme pour Base éléève, ce sera trop tard.Est-ce une stratégie pour espérer récupérer des adhérents mécontents? On n'ose  le penser, ce serait un peu dangereux!Est-ce un manque de réalisme ? les syndicats majoritaires étant encore à la recherche de l'école d'hier , blouses grises et encre violette? peut-être. Pourtant, je suis assez d'accord: des solutions existent, des négociations sont nécessaires avec pour préalable un statut pour les dirlos et les conditions à réunir pour que l'obtention de ce statut soit possible dans le contexte actuel.

merlin 02/06/2008 12:34

Question de point de vue: sans remettre en cause l'analyse de Froment, on peut aussi raisonner ainsi:les charges de service s'accroissent tous les ans un peu plus.Un certain nombre de ces charges sont co-gérées par les IEN pour éviter que le boulot en plus pour les dirlos soit trop voyant. Mais les IEN saturent aussi car ils sont sollicités par d'autres missions d'analyse et de statistiques. L' adéquation entre les objectifs ( et besoins ) ministériels et les moyens sur le terrain est de plus en plus nécessaire.... d'où le projet EPEP dont les coordinateurs pourraient bien être des " non enseignants".  C'est ce qu'il faut éviter en  acceptant certainement les regroupements d'école Mat-Elem ( les syndicats sont contre), un statut peut-être hiérarchique ( les syndicats sont contre).On peut aussi penser que ces directeurs auraient une obligation d'ancienneté de service ( recrutement parmi les enseignants exclusivement) , n'auraient plus ou peu charge d'enseignement( selon la taille des écoles: par exemple 2 groupes 1 à 4 classes ( 1/2 décharge) et + de 4 classes. ( décharge complète) Bref des solutions existent , des négociations sont possibles et alors les moyens suivraient aussi. Mais tant que les syndicats bloqueront sur tout en demandant l'impossible ( le Snuipp veut pour des dirlos peu déchargés la création en plus d'emplois statutaires de service!) , effectivement l'analyse de Froment est juste.

henri 02/06/2008 11:09

Pourquoi plombé(e) ?Froment nous explique effectivement ceci depuis bien longtemps (" y'a pas d'sous !")Bruxelles est là ? Oui, effectivement !La RGPP est là ? Oui effectivement aussi !Et alors ? il n'est pas certain que l'obtention d'un statut pour les directeurs d'école "plomberait" les finances publiques guère plus qu'elles ne le sont actuellement !Pessimisme ? Optimisme ? Ni l'une ni l'autre de ces deux attitudes ; un constat sur la réalité et la demande qui va avec ; impossible ?

Annie C. 02/06/2008 10:16

Statut plombé... Et pour moi, un coup d'assommoir !!!Bien sûr, tout ce qui est dit dans cet article, on le sentait intuitivement. Mais on gardait espoir... Mais, en le lisant, tel que c'est expliqué, on a la semaine plombée, à l'image du statut.Eh bien, je n'ai plus qu'à me dire ceci : "ma pauvre Annie, tu partiras sans connaître le statut.." (il me reste 2 ans à faire)Bon courage aux plus jeunes.