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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

  Inscrivez-vous sans tarder à la "newsletter" des "directeurs en lutte"pour recevoir les dernières infos. 

Il suffit d'entrer votre adresse mail dans le cadre de gauche.

15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 18:21




Il nous arrive parfois de publier des courriers que nous envoient nos lecteurs notamment lorsqu'ils sont susceptibles d'éclairer ou alimenter le débat. C'est ce que nous faisons ce jour en reproduisant la lettre de Delphine qui émet un avis plutôt tranché sur la question du statut des directeurs d'école. Nos lecteurs réguliers connaissent la position de Delphine qui s'est exprimée à plusieurs reprises en laissant des commentaires sur notre site.
 

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Lu récemment sur ce site deux commentaires de collègues habitués à s’y exprimer :

« Et les directeurs d'école, dans tout ce vacarme ? Complètement absents. Inaudibles. »

Et la réponse d’un autre collègue « Ce ne sont pas les directeurs qui sont absents ou "inaudibles" ; c'est la chape de plomb qui est maintenue sur leur Parole qui les rend muets !
Il suffirait juste qu'"on" veuille bien les entendre et non les museler !
 »

 

Suite à cette lecture, je me suis demandée pourquoi notre situation est ainsi bloquée et passée sous silence. C’est d’autant plus incompréhensible que, comme l’écrit le second collègue, « les adhésions croissantes et l'audience sans cesse en expansion du site dirlo.org montrent assez, s'il en était besoin, que les directeurs sont bien vivants, qu'ils réfléchissent à leur situation, qu'ils se manifestent à leur façon ».

Il faut aussi ajouter les recommandations faites dans les nombreux rapports remis au ministre. Toutes vont dans le sens de la nécessité de reconsidérer la situation des directeurs d’école.

Pourtant, il faut bien en convenir, la communication ne dépasse pas ce qu’en disent les deux sites qui nous sont favorables (« directeurs en lutte » et « dirlo.org »). Sans l’existence de ces sites, les informations ne seraient probablement pas portées à la connaissance de la majorité des collègues. La chape de plomb existe bel et bien. Il n’en a pas toujours été ainsi.

La grève administrative nous permettait d’attirer l’attention de notre hiérarchie exaspérée de ne pas disposer de la fameuse enquête 19. La signature du protocole par le SE-Unsa a mis un terme à cette action.

En réaction à cette trahison, le GDID commande une consultation à l’IFOP. Participation exceptionnelle, souligne l’institut de sondages. Mais le plus beau succès réside dans le fait que les directeurs, à la quasi unanimité (93 %) se déclarent favorables à un statut.

Curieusement, à peine l’euphorie retombée, la « chape de plomb » s’abat sur la profession et ses difficultés. Pourquoi ce silence ? J’y vois plusieurs raisons.

La première d’entre elles, me semble-t-il, c’est une convergence d’intérêts contradictoires mais qui s’additionnent. D’un côté, les syndicats s’abstiennent de toute réaction aux demandes des directeurs. Le résultat de la consultation IFOP est un désaveu de leur idéologie anti-statut. Ils font le dos rond. Ils évitent la provocation. Leur inertie est efficace.

De l’autre, le gouvernement n’a pas intérêt à saisir la balle au bond. Ce serait défier les organisations syndicales. En 2007, Gilles de Robien n’est plus en capacité de le faire. La campagne présidentielle ne se préoccupe pas de ce genre de problèmes « mineurs ». Les deniers de l’Etat sont trop précieux en ces temps de « caisses vides » pour aller dans le sens de la demande des directeurs. Face à une « non-demande » des syndicats, il n’est pas de l’intérêt du pouvoir en place de proposer cette réforme qui coûterait cher au budget de l’Etat et dont les responsables syndicaux font un « casus belli ».

La seconde raison, me semble-t-il, nous est directement imputable. Nous ne parlons pas « clair ». Notre demande de « statut non hiérarchique » n’est pas crédible. Le statut est indispensable, c’est une évidence. Tout métier, surtout lorsqu’il est à responsabilité, doit être reconnu, cadré, et ses missions clairement énoncées. Cela passe par un statut. Cependant, la qualification « non hiérarchique » est restrictive. Elle laisse à penser à nos interlocuteurs que nous refusons la contrepartie du statut. En effet, aux yeux de notre environnement professionnel (parents, enfants, élus municipaux, intervenants scolaires), le directeur est le responsable, pour ne pas dire le « patron », de son école et de son équipe. Aux yeux de tous, il a autorité sur son personnel. C’est à ce titre que chacun s’adresse à lui.

Un « statut non hiérarchique » pour d’obscures raisons liées à la tradition de l’école primaire française qui n’admet ni dieu ni maître…

Mais cette « tradition séculaire » ne masque-t-elle pas, en réalité, quelque chose de plus profond qui s’apparenterait à la crainte de faire face à des difficultés qu’on préfère ne pas voir ?

Comme, par exemple, la crainte de ne pas trop déplaire aux syndicats majoritaires avec l’espoir de les amener à accepter ce statut qu’ils exècrent. C’est, de toute façon, peine perdue puisqu’ils sont persuadés qu’un statut serait forcément hiérarchique et ferait du directeur un « p’tit chef » à la l’école…

Ou encore la crainte de ne pas apparaître aux yeux des adjoints comme leur supérieur. Et pourtant, est-on sûr que les adjoints ne le ressentent pas déjà ainsi ? Certes, un statut hiérarchique impliquerait une part d’évaluation de l’équipe. N’y a-t-il pas une forme d’hypocrisie à refuser de participer à la notation relative des collègues ? Certains IEN ne prennent-ils pas déjà l’avis des directeurs pour se faire une idée des adjoints ? Ne tiennent-ils pas compte de cet avis pour se forger une opinion ? Est-il plus juste, plus équitable de se faire évaluer par un IEN qui ne vous connaît pas ?

 

Est-on sûr également que les directeurs refuseraient un statut hiérarchique ? Certes ils ont répondu à 93 % qu’ils étaient favorables à un « statut non hiérarchique ». Mais ils avaient le choix entre « pas de statut » ou un « statut non hiérarchique ». On comprend leur engouement à prendre la meilleure des propositions.

D’ailleurs un « statut non hiérarchique » réglerait-il les problèmes des directeurs ? On peut en douter à la lecture de certaines discussions très animées sur le forum du GDID avec en toile de fond l’autorité du directeur sur son équipe et donc son rôle au sein de l’école. L’exemple de la durée des récréations est typique de la difficulté pour certains de simplement faire respecter les obligations imposées par le législateur. Dans ce cas précis, c’est l’image et donc la crédibilité de l’école publique qui est en jeu.

 

Pour ce qui me concerne, mon choix est fait. Il est basé sur la raison. Le statu quo, je n’en veux plus. Le statut non hiérarchique me semble insuffisant…
Delphine


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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

bernabeu 28/04/2008 08:44

Bravo Delphine!!Je suis ENTIEREMENT d'accord avec toi et revendique cette position depuis des mois!!!Merci.Antony

LM 22/04/2008 10:27

Lucien, tu peux rajouter à ta liste les directeurs qui ont un jour demandé à leur inspecteur de pouvoir terminer l'année ailleurs car victimes de harcèlement de la part de leurs collègues qui voulaient les transformer en larbins du conseil des maîtres décisionnaire et qui n'ont pas accepté qu'ils n'accèdent pas à toutes leurs exigences, leur menant la vie infernale.Ils sont nombreux, savent qu'ils sont dans leur droit. Pourtant, ils doivent encore marcher tête basse, supporter le regard soupçonneux des collègues, sans réhabilitation possible.Ils ne savent même pas si, s'il leur reprend l'envie de redemander une direction, ils ne vont pas être obligés de repasser l'entretien, sans certitude de le réussir.Leurs ex-collègues, eux, n'ont pas été inquiétés.

Henri 20/04/2008 21:43

Le refus d'un statut pour les directeurs d'École (c'est-à-dire la reconnaissance de la place singulière, unique et du rôle à part qu'il assume au sein de l'institution scolaire) et la revendication infantile et bêtifiante d'une supposée harmonie entre individus va totalement à l'encontre des règles foncières qui régissent :- le fonctionnement des groupes (cf. la psychologie des groupes, leur fonctionnement) ;- la sociologie des groupes (voir la citation plus haut du texte de Georges Fotinos).L'illusion que les groupes humains peuvent fonctionner dans un accord parfait, harmonieux, gommant les différences les plus élémentaires, les plus évidentes entre les individus n'est que l'expression d'une méconnaissance de la réalité des groupes : elle engendre des dysfonctionnements, génère de l'angoisse parmi les membres jusqu'à leur éclatement bien souvent en unités antagonistes !Cela ne vous rappelle rien ?

Lucien 20/04/2008 12:39

Juste une (des) question, pourquoi est-il si difficile et même pas du tout , d'avoir le nombre de directeurs (trices) sanctionnés par département , seulement le nombre .Un bilan : 1 _ des avertissements ou blâmes. 2_ des retraits de fonctions. 3_ Etc..Pourquoi aucun compte-rendu même anonymé des problèmes discutés en CAPD ?Pourquoi aucun compte-rendu de l'avis de la CAPD , tout se passe en vase clos ?Les syndicats auraient-ils peur de rendre compte de la réalité ?Dans quelle entreprise, les syndicats accepteraient-ils d'avoir 10 % des employés qui abandonneraient leur poste ?Avec les nouvelles règles de la représentativité des syndicats et les futures élections professionnelles, il sera intéressant d' analyser les résultats.

Delphine IA78 19/04/2008 18:44

"Il n'y a rien à rajouter : la messe est dite ! "...Tout dépendra, Henri, du type de statut que nous aurons (car, c'est inévitable, il faudra bien, un jour, transformer notre fonction).Si c'est un statut sans véritable autorité sur l'ensemble des personnels, ça ne changera pas grand chose sur le fond. Les mêmes problèmes seront toujours là.On dit toujours qu'on manque de directeurs pour les raisons que l'on sait : manque de temps, manque de reconnaissance, emploi précaire, salaire insuffisant...etc.Moi, je suis persuadée (et je peux en témoigner) que des directeurs quittent la fonction parce qu'ils en ont marre de ne pas pouvoir diriger leur école convenablement. Quelqu'un a utilisé le mot "harcèlement" des collègues adjoints. Ce mot est fort mais il recouvre une réalité et je connais personnellement 2 directrices qui ont pris l'une un poste de Zil, l'autre un poste d'adjointe parce qu'elles n'en pouvaient plus de devoir toujours se battre contre des fumistes ou des j'm'enfoutistes.Donc Henri, à nous d'imposer ce que l'on veut, de le dire clairement avant qu'on nous l'impose sous une forme qui nous déplaira peut-être. Je pense aux EPEP.Delphine

Henri 19/04/2008 17:45

Georges FOTINOS, dans son travail rédigé à la demande de la MGEN ("Le climat dans les écoles primaires") écrivait ceci (p. 115) :"La sociologie, et particulièrement celle du travail, nous
montre que toute organisation sociale, petite ou grande, nécessite pour
fonctionner harmonieusement la désignation d’un « leader » capable
d’assurer le bon fonctionnement, de mobiliser les énergies et de conduire le
changement. L’évolution actuelle de la fonction de directeur d’école (…)
conduit à penser qu’une réflexion plus approfondie sur ce sujet serait
opportune ». Il n'y a rien à rajouter : la messe est dite !

LEZIL 19/04/2008 11:29

Entre un directeur du primaire et un principal de collège, il y a la même différence qu'entre un prof d'école et un prof de collège.Les premiers gagnent moins et sont moins écoutés que les seconds. La situation des principaux est préférable, largement, à celle des directeurs du primaire, même si tout n'est pas rose chez eux. Il est d'ailleurs dommage que les premiers ne soient pas davantage compréhensifs envers les seconds.Moi qui tourne, qui tourne, dans ma circo, qui passe du primaire à la segpa, je trouve quand même que les principaux sont davantage respectés par leurs professeurs que les directeurs. Alors que j'ai croisé des dirlos qui pleuraient dans leur bureau car victimes du manque de respect voire du harcèlement de leurs collègues, les principaux ont d'autres problèmes, mais pas ceux-ci. On ne retire pas l'emploi du principal en cours d'année parce que les profs ont refusé de faire leur travail et n'ont pas apprécié que le directeur leur en fasse la remontrance.Quant au débat "hiérarchique-non hiérarchique", est-il encore vraiment d'actualité ? Les jeunes PE n'ont pas le même vécu que les anciens. Avoir un chef direct ne les ennuie pas car ils ont souvent bossé avant dans le privé. C'est plutôt un débat "note-pas note pédagogique" et il y a des chefs qui ne mettent pas de notes à leur personnel. Dans ce que je lis ici et là, il y a aussi le débat "responsabilité de classe ou non". Je pense qu'il n'est pas raisonnable, ne serait-ce que par respect pour les élèves, que les directeurs ayant en charge des écoles au delà de 200 élèves, puissent avoir la responsabilité d'une classe. Ce qui ne veut pas dire qu'ils soient totalement déchargés d'enseignement et coupés de leurs collègues de ce point de vue-là : nuance.Pour finir, oui, il faut aller interroger les principaux pour connaître les difficultés de leur métier, afin de pouvoir discuter avec le gouvernement sur ce qu'on veut mettre vraiment dans le statut des directeurs du primaire, et ne pas attendre, comme nous y encouragent certains de nos syndicats, au "tout contre", qui va vous (nous) conduire droit dans le mur.Car si on se "mange" les EPEP tels que prévus, ce sera bien leur faute, plus même que celle du gouvernement.

Pierre Fauchet 19/04/2008 11:04

Mais moi aussi, Stéphan, je m'en fiche de noter les adjoints. Je suis même prêt à m'en passer. Ce qui m'importe, c'est d'avoir un statut qui reconnaisse mon métier (dans tous les acceptions du terme) mais aussi, qui me donne clairement autorité sur le personnel que je "dirige" en tant que "directeur".Je n'ai pas envie que ma fonction s'arrête à être responsable de la sécurité des biens et des personnes qui me sont confiées. J'y vois l'aspect "management" également et, ça passe forcément par un statut hiérarchique. C'est ce qu'explique Delphine et quelques autres collègues ici. Je partage leur point de vue.Et donc, bien que n'ayant pas la folle envie d'évaluer mes adjoints, s'il faut en passer par là pour avoir le statut hiérarchique qui me semble indispensable, alors j'accepte d'assumer cette responsabilité.Quant au reste, Stéphan, à te lire j'ai l'impression que nous devons nous transformer en "assistante sociale". Désolé, mais ce n'est pas le même métier. Ce n'est pas celui que j'ai choisi. Bien entendu, ça n'exclut pas la "proximité". Nous avons des relations privilégiées avec les différents acteurs de l'école et il faut les préserver. mais, un statut même hiérarchique ne viendrait pas chambouler tous ces liens tissés au fil des ans. Quelle incidence aurait-il, d'ailleurs ? Aucune, j'en suis persuadé.

Stéphan 19/04/2008 10:45

"Voyez-vous, Stéphan, je pense qu'il faut se définir davantage par rapport à ce que l'on pense bien pour soi, évidemment, mais aussi et surtout pour l'école, c'est à dire pour les enfants qui nous sont confiés."C'est bien ce que j'essaie, modestement, de faire, Chère Amandine.1-je ne crois pas que l'école (l'Institution) soit "pour les enfants" (on ne passerait pas à la semaine des 4 jours). Elle a un rôle social, elle reçoit des élèves pour en faire des citoyens.À chaque école (le lieu), de faire en sorte que cela fonctionne le plus harmonieusement possible.2-que trop de PE soient des coquilles vides, je ne le conteste pas, je le déplore, car c'est l'élément fondateur de l'autonomie de l'école, de son adaptabilité à son public donc du mieux être pour nos élèves.C'est l'acte majeur de l'équipe pédagogique, celui qui est discuté et présenté aux parents en CE (lieu déterminant de la vie de l'école), celui qui sert de base à nos inspections, celui qui est le support à l'obtention de crédits...3-Autant je suis résolument pour trouver des convergences, des synergies, des ouvertures avec le monde extérieur, autant je suis prudent avec les comparaisons.• diriger 2 petits établissements scolaires dans des bourgs différents posent des problèmes d'une autre nature que de diriger 2 petites agences bancaires.Non pas que l'une soit plus importante que l'autre, mais, encore une fois, les missions, le public, les partenaires, la fréquentation, les enjeux (nous ne travaillons que sur l'humain)... sont trop différents pour plaquer l'organisation de l'une sur l'autre... Même si on doit s'en inspirer, notamment dans le souci du management, totalement absent chez nous.4-Quand je parle de proximité, je ne parle pas de convivialité. Je parle de lien social.Je suis persuadé que la majorité d'entre nous participons aux manifestations communales, aidons régulièrement des familles dans leurs démarches administratives, recevons, dans nos petits bureaux les confidences souvent dramatiques de certains parents, félicitons les futures mamans, soutenons les familles d'enfant porteur d'handicap, disputons le bout de gras avec les élus... Et retournons devant nos élèves chanter "une souris verte" ou introduire la division...Nous sommes des agents du Service Public au contact direct de nos usagers, sans hygiaphone, nous sommes des tisseurs de la toile sociale, celle-là même qui s'effile de tous côtés.Et le PE donne une cohésion, une légitimité à tout cela.(parce que je crois que le contrat implicite que l'école entretenait avec la société est mort)Nous ramener à de la gestion pure ne ferait qu'aggraver les déficits de l'école actuelle....Qui sont justement son manque de lisibilité, son absence de choix (par ex. nomination des moins expérimenté dans les postes les plus difficiles), sa carence décisionnelle sur place.On a l'impression (justifiée) que tout se décide ailleurs, d'où les retards de certains, l'arrogance d'autres... jusqu'à l'agression physiques dans de trop nombreux cas...Ma position est donc de déterminer d'abord notre rôle et nos missions et voir, ensuite, les moyens qu'il nous faut pour les assumer.Même si je ne l'écarte pas à priori, l'instauration d'une note administrative ne me semble pas être l'élément déterminent, d'autant plus qu'il n'y a pas une demande du pouvoir...

Amandine (03) 18/04/2008 23:05

A Cédric (n° 13)Vous évoquez les 2/3 de petites écoles qui, si l'on vous comprend bien, ne peuvent fonctionner avec un directeur ayant statut d'autorité. Vous faites allusion à la convivialité, je suppose. Vous pensez qu'elle n'y survivrait pas.Mon mari est chef d'agence à la Caisse d'Epargne. Il est responsable de 2 petites agences dans 2 petits bourgs. L'une a 3 employés, l'autre 4. C'est dire si c'est comparable à nos petites écoles de campagne.Il faut savoir que mon mari leur fixe des objectifs annuels à atteindre. Il doit également évaluer son personnel. Un "p'tit chef" direz-vous.Peut-être, mais ça n'empêche pas les relations amicales et sincères entre eux et lui. Nous nous recevons les uns chez les autres et l'ambiance est très bonne. Pourtant, les exigences sont présentes amis chacun sait qu'au boulot, il y a des normes, des contraintes, des objectifs. Tout fonctionne en confiance car les règles sont clairement établies et chacun les accepte.Pourquoi en irait-il différemment entre adjoints et directeurs ?A Stéphan (n° 25)Ce qui vous pose problème, c'est le projet d'école. Outre que je pourrais le comparer aux objectifs imposés à mon mari et que lui-même s'impose et impose à ses collaborateurs, j'ajoute que ce n'est vraiment pas cela qui, à mon avis, empêche les enseignants de dormir.Des rapports de l'IGEN ont montré, à plusieurs reprises, que les projets d'école tout comme les projets d'établissement dans le secondaire, sont des "coquilles vides" et cela dans près de 80 % des cas !!!C'est dire que la mayonnaise n'a jamais pris. Alors que le directeur soit ou non garant du projet d'école ne changera rien selon le type de statut.Voyez-vous, Stéphan, je pense qu'il faut se définir davantage par rapport à ce que l'on pense bien pour soi, évidemment, mais aussi et surtout pour l'école, c'est à dire pour les enfants qui nous sont confiés.La question que je me pose est celle-ci : quelles conditions de travail me sont nécessaires pour mieux faire fonctionner l'école dont j'ai la charge dans l'intérêt des élèves ?Je crois que je n'ai pas besoin de vous communiquer ma réponse.Cordialement,Amandine

Stéphan 18/04/2008 20:06



Sincèrement,
Pierre, je ne vois pas quel "pas" il me reste à faire.
Je dis,
depuis le début, que nous sommes des fonctionnaires d'autorité, et qu'un statut
ne pourra que le confirmer.
 
Je ne
comprends pas non plus l'accolade  véritable+statut.
 
Un statut
est un ensemble de textes qui définissent un métier.
Si on
considère que directeur d'école est devenu un véritable métier, il faut un statut qui
clarifie la situation.
j'ai dit
aussi, que, dans le cas improbable où l’on nous proposerait un statut "hiérarchique"
(notation des adjoints), je prendrais plutôt que de rester dans le statu quo...
Je note déjà
les ATSEM...
Reste à
savoir si on peut être juge et partie.
En effet,
notre rôle dans le montage, la cohérence, la présentation du PE, dont nous
sommes, également, les garants, rends une position uniquement hiérarchique
"délicate". 
C'est par
rapport au PE, acte important de la vie de l'école,  que je crains l'éloignement...
 
Pour
conclure, l'important c'est ce qu'il y aura dans le texte et pas le statut en
lui-même.
Il peut très
bien définir une autorité, des responsabilités, des domaines décisionnels, sans
pour autant se calquer sur le fonctionnement du secondaire (pas par "dégoût",  mais parce que nous n'avons pas le même
public ni les mêmes missions, ni la même géographie).
Mais je
partage ton analyse sur les intentions des adjoints.
Je n'ai pas
une position craintive à ce sujet, au contraire, le jour où l'on interrogera véritablement l'ensemble de la profession, on aura
des surprises. ;-)

 

Pierre Fauchet 18/04/2008 13:56

Réponse à StéphanCe statut assurera, de fait, l’autorité (indispensable) qui est (doit être) la nôtre, mais doit conserver ce qui fait aussi notre singularité : >La proximité. Proximité avec les adjoints (petites structures), avec les usagers (souvent présents dans l’école) avec les élus (payeurs de nos factures…). Je te sens proche de franchir le pas qui mène à un véritable statut, Stéphan. Mais, je ne vois pas en quoi le fait de l'avoir, ce fameux statut hiérarchique, nous priverait de cette proximité à laquelle nous tenons tous. Parents et élus ne se posent pas la question de savoir si nous sommes supérieurs hiérarchiques dans nos écoles. Ils le pensent et ils agissent comme tels. Donc qu'on l'ait ou non ne change rien à la notion de proximité vis-à-vis d'eux.Reste le cas de nos adjoints. Honnêtement, Stéphan, les imagines-tu traumatisés à l'idée qu'on puisse un jour émettre une "partie de l'évaluation" ? Pas moi.Je comprends que ça agace les fumistes (il y en a comme dans tous les métiers). Actuellement, il leur suffit de sortir le grand jeu pour "mener en bateau" l'IEN tous les 3 ou 4 ans. Facile.Pour la majorité de ceux qui font très bien leur boulot, ça ne peut être qu'un plus puisqu'ils auront un directeur qui les soutiendra avec un poids certain lors des visites d'inspection. Pour ceux-là, ça ne serait que bénéfique.Je ne vois vraiment pas pourquoi tu crains que cette proximité disparaisse.Pierre

Stéphan 18/04/2008 12:08

@ Cédric,Tu résumes bien le paradoxe fatal dans lequel s'est enfermée la stratégie syndicale à notre sujet.- On ne  reconnaît pas la spécificité des dirlos, parce que celle-ci consiste à "diriger" une école. - On demande des moyens pour que les dirlos puissent diriger les écoles.- Pourquoi donner des moyens à des enseignants comme les autres, sans spécificité, assurant une "fonction" que l'on peut alourdir à souhait?>d'où, logiquement, ni les moyens, ni la reconnaissance... PS - je me souviens très bien que les premiers PE s'interrogeaient sur leur devoir de surveillance, maintenant qu'ils appartenaient au corps des profs.Et je maintiens: un cadre A est le supérieur d'un cadre B.Cela n'a rien changé dans la vie des "équipes".  

Stéphan 18/04/2008 11:41

statut-non-hiérarchique Je crois, effectivement, que cette expression a vécu…
Même si elle a été déterminante dans le déverrouillage de la parole, l’évolution des mentalités, l’instauration du débat (qui aurait parié 1 cent. sur la possibilité de ce genre de discussion ?) , elle est aujourd’hui source de confusion.
D’abord, il faut s’enlever de la tête que le MEN est favorable à un statut hiérarchique. Cela arrange les syndicats de le faire croire, mais la réalité c’est que, pour des raisons différentes, MEN/Syndicats ne veulent pas reconnaître les dirlos.
Ensuite, c’est une question de démarche, de logique.
1-définir quel service à rendre à nos usagers.
2-Prendre en compte la grande diversité de nos écoles, et, dans leur grande majorité, le fait que ce sont de petites structures.
Ces 2 éléments montrent que les liens, la proximité, que nous entretenons avec nos partenaires et notre public nécessitent un pilotage différent de celui des collèges et des lycées.
Il nous faut à la fois de l’autonomie et de l’autorité, pour, à la fois, être réactif aux multiples demandes et attentes et être perçu, par tous, comme le responsable de l’école, le représentant de l’Institution, le garant du service donné…
Reste à définir cette autorité.
Pour ma part, je ne pense pas qu’elle passe nécessairement par le fait de noter les adjoints (supérieur hiérarchique).
Comme je ne pense pas que le problème de l’école soit les enseignants qui n’arrivent pas à l’heure…
La difficulté, pour garder cet exemple, vient du fait que nous ne sommes pas « perçus » comme celui qui doit régler le problème par l’adjoint (pour qui tu te prends ?), alors que c’est à nous, à juste titre, que les parents demandent de le régler… (et certainement pas par l’IEN).
C’est bien d’un déficit de définition, de perception dont nous souffrons.
Traduction administrative : besoin d’un statut.
Ce statut assurera, de fait, l’autorité (indispensable) qui est (doit être) la nôtre, mais doit conserver ce qui fait aussi notre singularité : >La proximité.
Proximité avec les adjoints (petites structures), avec les usagers (souvent présents dans l’école) avec les élus (payeurs de nos factures…).
Là, je ne vois pas ce que le fait d’instaurer une note administrative peut apporter, même si je prendrais plutôt que de rester dans le statu quo…
C’est pourquoi, je préfère parler maintenant de « statut-original » pour les directrices et directeurs d’école.

Cedric58 18/04/2008 11:05

Stéphan•les profs d’EPS ont un statut particulier (non-hiérarchique) qui  les reconnaît dans leur spécificitéOui qui les reconnaît dans leur spécificité. Mais rien de comparable avec les directeurs. Ils n'ont pas la responsabilité de "diriger" donc ceci explique cela.•Les instits changent de statut Encore une fois, il s'agissait d'un changement qui n'a rien à voir avec l'action de diriger. C'était pour répondre à une formation comparable à celle du second degré et donc de permettre l'alignement de la grille salariale car il y avait une situation devenue inadaptée.Tu comprends bien (et là je rejoins, SUR CE POINT, Delphine), que le gouvernement ne pourrait nous reconnaître que DIRECTEUR donc avec statut HIERARCHIQUE. Voilà pourquoi je pense que c'est dangereux de mettre le doigt dans cet engrenage.

Stéphan 18/04/2008 09:30


@
Cédric 58.
Problème n° 1 du statut : il sera hiérarchique ou
ne sera pas. Aucune autre possibilité.
Tu
devrais terminer ce genre de commentaire par un « AMEN », ou un
« ROMPEZ » !

Voilà pourquoi, avec mon syndicat, je me bagarre
pour l'amélioration de notre situation (décharges, salaires, moyens...).
Et,
à l’occasion, revoir la définition du mot « bagarre »…
Et,
si tu as le temps, avoir un regard critique sur la stratégie de ton syndicat. Car,
c’est bien parce que la récolte en termes d’AVOIR est PITEUSE, qu’il nous faille
trouver une issue à l’impasse dans laquelle LES syndicats majoritaires nous
enferment.
 
Mais
je t’en demande certainement trop.
Tout
compte fait ton axiome martial sied tout à fait à ton type d’engagement, quasi
religieux, militaire…
-Juste
pour le fun :
•les
profs d’EPS ont un statut particulier (non-hiérarchique) qui  les reconnaît dans leur spécificité.
•Les
instits changent de statut :
les
Profs d’École ont un statut de cadre A, les instituteurs, cadre B.Quelle
hiérarchie (automatique dans n’importe quelle autre administration) cela
instaure-t-il?
Pour
ajouter à la fantaisie de ton théorème, TON syndicat demande un statut pour les
CP, alors que la dérive hiérarchique est plus probante dans leur cas (proche de
l’IEN…), et un autre pour les PSYSCOS, qui les sortirait, de fait, de l’EN.
Si
tu ne peux pas l’analyse, au moins ne nous prend pas pour des truffes.

VALMORI Patrick 17/04/2008 17:45

Commentaire 14, si j'ai bien compris, Isabelle semble sous-entendre que c'est à l'IEN de régler les problèmes dans une école.Pas d'accord. Cette délégation d'autorité ne peut que nous faire perdre toute crédibilité auprès de nos adjoints qui savent bien qu'on ne va pas alerter l'IEN, pour un oui pour un non, à longueur de journée.Quand il y a problème, à nous d'intervenir tout de suite pour le régler. C'est une manière de nous affirmer qui nous renforce vis à vis de nos adjoints ou des parents. C'est ma façon d'agir. Pas question d'aller voir mon IEN qui finirait par m'envoyer sur les roses et qui me considèrerait, à juste titre, comme incapable de diriger une école.

JiPé @ac-grenoble 17/04/2008 15:45

Je me souviens des Guignols de Canal+ qui montraient Elkkabach en lui faisant dire "OSONS !".Eh bien, Delphine a osé. Elle a osé soulevé LE TABOU de la direction d'école. Chapeau bas, Delphine.Quand on se retrouve en réunion de circo, c'est fou ce qu'on entend les dirlos se plaindre de n'avoir pas les moyens de mieux faire tourner leur école.Moyens en terme de moyens et de décharge, en premier lieu. Pas assez de temps pour faire le boulot de classe et de direction. Il faut un statut avec ce qui va avec : du temps, de la reconnaissance et des sous.Mais les dirlos se plaignent aussi, et j'ai suffisamment d'expérience pour dire que c'est de mal en pis, de n'avoir pas les moyens de faire preuve d'autorité sur leurs collègues adjoints. C'est récurrent. Entre ceux qui arrivent en retard, ceux qui grapillent 5 mn en entrant, en sortant, qui prolongent les récrés... Un petit quart d'heure par jour, ça va vite et ça représente plus d'une heure par semaine. Pas grave... N'empêche qu'on les entend râler quand le ministre supprime 2 heures...et ceux qui se dispensent de réunions obligatoires ou qui y viennent en touriste... y a de quoi en avoir ras la casquette parfois !Tous ces directeurs qui doivent faire face à ces problèmes, et ils sont nombreux (y a ceux qui l'avouent et ceux qui lâchent une bribe au détour d'une conversation) n'évoquent pourtant jamais le désir d'avoir un statut hiérarchique. Ils ne le disent pas. C'est TABOU ! Ils passeraient illico pour des ringards, des chefaillons ou des conservateurs de droite extrême... Comment ? un directeur d'école publique qui évoque l'autorité ! Vous n'y pensez pas ! Non, impossible. Politiquement incorrect. Le poids de la tradition, mon bon monsieur, ma bonne dame...Et tous vont vous dire qu'ils sont pour un "statut non hiérarchique". C'est syndicalement correct... Ils n'en pensent pas moins, bien sûr. En réalité, ils rêvent d'un monde scolaire où ils pourraient remettre dans le droit chemin leurs adjoints qui leur cassent les pieds à longueur d'année...

Cedric58 17/04/2008 13:58

Réponse à Isabelle (comm 14)Problème n° 1 du statut : il sera hiérarchique ou ne sera pas. Aucune autre possibilité. Voilà pourquoi, avec mon syndicat, je me bagarre pour l'amélioration de notre situation (décharges, salaires, moyens...).

Ce.07525xxx@ac-paris.fr 17/04/2008 13:41

plutot d'accord avec Delphine

Pierre Fauchet 17/04/2008 11:53

Isabelle, si la charge supplémentaire apportée par le statut hiérarchique n'est que la notation ou l'évaluation des collègues, alors je prends tout de suite."...Les IEN (quand ils en ont la volonté) auraient déjà "réglé" ces problèmes ... Ils sont totalement démunis comme nous le serions ...."Si les IEN ne règlent pas les problèmes, c'est d'abord et surtout parce qu'ils ne sont pas informés de ce qui se passe dans les écoles. Toujours pareil, pour ne pas avoir l'air d'être le supérieur qu'il n'est pas mais qu'il aimerait être, le directeur ne dit pas grand chose à son IEN. De crainte d'avoir le retour de bâton de ses adjoints et surtout de passer pour un incapable aux yeux de sa hiérarchie.Puis, il y a aussi le cas des IEN qui ne veulent pas de vagues pour ne pas s'attirer les foudres d'un syndicat qu'ils imaginent surpuissant. C'est plus simple pour eux, alors, de fermer les yeux... Tant que le directeur ne dit rien ou tant que ça ne prend pas des proportions inquiétantes...La lâcheté, la petitesse, l'absence de conscience professionnelle, le refus de s'engager... au choix.

hamon 17/04/2008 11:18

Pierre a écrit :"En quoi un statut "hiérarchique" ne ferait "qu'augmenter notre charge de travail" ? J'avoue ne pas comprendre."Parce que celà s'ajouterait à notre charge de travail ...La notation et ce qui va avec (rapport en cas de désaccord, évaluation etc, etc ....)"Mais justement, comme le disait Marie (commentaire 7), comment mieux le faire rentrer dans le rang qu'en ayant un pouvoir hiérarchique ?"Je suis désolée de vous dire que ça je n'y crois plus du tout ...sinon les IEN (quand ils en ont la volonté) auraient déjà "réglé" ces problèmes ... Ils sont totalement démunis comme nous le serions ....Mais cet avis n'engage que moi.L'obtention d'un statut (je vous laisse le choix du statut) doit NOUS protéger (surcharge de travail, retrait de fonction voire meilleur salaire ) ...mais c'est CE premier pas qui est important...alors nous aurions une reconnaissance effective (préalable à toutes discussions efficaces)Cédric a écrit "La solution n'est pas là, chers collègues. Il faut privilégier l'obtention de meilleures conditions de travail. C'est l'objectif du SE. Il faut augmenter les décharges de façon significative, limiter les responsabilités du directeur, mieux les définir dans des textes clairs, et surtout obtenir des améliorations financières et indiciaires. L'ensemble de ces mesures devrait contribuer à soulager le travail de direction et à la rendre plus attractive....."....les responsabilités du directeur, mieux les définir dans des textes clairs = cela s'appelle UN STATUT !Merci Cédric de légitimer notre demande de statut !Isabelle

Cedric58 17/04/2008 09:08

BonjourMa petite contribution, si vous le permettez.Je crois que Delphine, Marie et les autres collègues favorables à un statut hiérarchique oublient un paramètre important, voire capital, dans leur analyse : les 2/3 des écoles en France sont des petites structures qui n dépassent pas les 6 classes.Vous imaginez le directeur d'une telle petite équipe devoir évaluer ses collègues ? Bonjour l'ambiance...La solution n'est pas là, chers collègues. Il faut privilégier l'obtention de meilleures conditions de travail. C'est l'objectif du SE. Il faut augmenter les décharges de façon significative, limiter les responsabilités du directeur, mieux les définir dans des textes clairs, et surtout obtenir des améliorations financières et indiciaires. L'ensemble de ces mesures devrait contribuer à soulager le travail de direction et à la rendre plus attractive. C'est le choix qu'a fait mon syndicat.

Dedel 16/04/2008 23:10

Tu le dis toi-même Isabelle, ton mari chef d'établissement avec statut hiérarchique n'arrive pas à changer le comportement de ses profs. Alors, à quoi bon le statut que tu réclames ?Je le répète, je crois en un fonctionnement différent de l'école. C'est le fonctionnement autoritaire, arbitraire parfois, qui peut créer les dysfonctionnements de certains collègues. Donne-leur plus de responsabilités, de vraies responsabilités et tu les verras changer. Je sais, faut que ça corresponde à ton état d'esprit. Mais crois-moi, ça donne une meilleure ambiance dans l'école.

Pierre Fauchet 16/04/2008 22:40

Isabelle2 choses que je ne comprends pas dans ce que tu dis et qui me paraissent en totale contradiction. Excuse-moi si j'ai mal compris.En quoi un statut "hiérarchique" ne ferait "qu'augmenter notre charge de travail" ? J'avoue ne pas comprendre.A juste titre, tu soulignes qu'un "collègue récalcitrant" peut pourrir la vie d'une école. Mais justement, comme le disait Marie (commentaire 7), comment mieux le faire rentrer dans le rang qu'en ayant un pouvoir hiérarchique ? En quoi un "simple" statut de reconnaissance t'aiderait-il dans ta fonction à venir à bout d'un tel énergumène ? Il y a des moments où on n'a d'autre choix que le recours à l'autorité et à la rigueur pour ramener certains à la raison. Certains ne comprennent que cela, HELAS. Relis ce que dit Colette (commentaire 5). Elle l'explique mieux que je ne viens de le faire.

hamon 16/04/2008 21:43

Dédel a dit :"Vous apportez la preuve que l'exigence d'un statut, ça n'est pas la bonne voie à emprunter.Ah bon ?? Tu vas un peu vite ...j'ai juste dit qu'à MON avis, un statut hierarchique ne ferait qu'augmenter notre charge de travail ...mais je milite POUR un statut car je trouve anormal qu'on surcharge continuellement la "barque" des dirlos et je trouve complètement antidémocratique qu'un dirlo puisse être "viré" de ses fonctions par le seul bon vouloir d'un IA qui ne doit même pas se justifier ...Que fait ton syndicat Dédel dans ces cas là ?  "A vous croire, ce serait même faire fausse route. En fait, vous renforcez ma conviction qu'une autre façon d'appréhender l'école et son fonctionnement est souhaitable..... C'est même un handicap dans l'harmonie entre les membres de l'équipe éducative."Quelle harmonie? ...celle des personnes de bonne foi ? Oui mais tu ne dois jamais avoir croisé un/une collègue "récalcitrant/te" à l'harmonie sinon tu ne tiendrais pas ce genre de discours complètement utopique ...ou militant ?(et aussi blessant pour tous les dirlos qui doivent faire face à ces personnels "récalcitrants " qui pourrissent la vie d'une école ! )Isabelle-qui-a-du-et-doit-encore-faire-face-à-une-récalcitrante-à-l-harmonie!

hamon 16/04/2008 21:08

Delphine a écrit :"Mais ce n'est pas du tout ce que disent les principaux et proviseurs qui se plaignent d'avoir de plus en plus de travail qui vient s'ajouter à leur mission de chef d'établissement. De récentes manifestations ont eu lieu pour dénoncer cet état de fait. Et on a beaucoup entendu leur syndicat s'en faire l'écho, si j'ai bon souvenir."Exact et ils ont obtenu une revalorisation de leur salaire ET une prime à Noël ...et nous ? toujours plus de travail et rien du tout en plus ...parce que pas de statut donc pas de charges définies donc pas de contrepartie ...!"Ce que tu dis est très décourageant car ça revient à dire qu'on ne peut rien faire"Par contre là ...je crains que vous ne vous fassiez de grosses illusions sur le "pouvoir" qu'amènerait un statut hiérarchique... les gens de mauvaise foi le resteront, hiérarchie ou pas ... mais ce n'est que mon avis personnel .

Pierre Fauchet 16/04/2008 18:15

D'accord avec la plupart des collègues qui sont intervenus avant moi pour dire qu'ils pensent qu'un statut hiérarchique est nécessaire.Comme l'a expliqué Delphine, on ne peut pas être crédibles aux yeux du ministère avec notre histoire de "statut non hiérarchique". Ils doivent nous prendre pour des rigolos. On refuse d'endosser les responsabilités pour ne prendre que ce qui nous arrange. Ce serait trop beau...A l'opposé, les syndicats sont contre un statut de directeur. Pourquoi ? Parce qu'ils savent que ça déboucherait automatiquement sur un statut hiérarchique dont ils ne veulent pas. Quel intérêt auraient-ils à nous rejeter s'ils pensaient qu'un statut ne serait que récompense de notre travail. Evidemment, ils se précipiteraient pour le réclamer rien que pour nous avoir à leurs côtés pour ratisser plus large.Il faudra bien qu'on choisisse : soit continuer dans la mouise comme maintenant, soit avoir un statut hiérarchique. Le reste, c'est de la foutaise.Il n'est jamais bon de rester le cul entre deux chaises...

Marie 16/04/2008 16:40

D'accord avec Delphine, Anne-Marie et Colette !Reconnaissons que le bon fonctionnement de chaque école repose sur la conscience professionnelle de ses enseignants, sur leur sens des responsabilités et leur sérieux, et pas seulement sur leur bonne entente. Je connais plusieurs exemples d'écoles qui ont complètement changé dans un sens ou dans l'autre lorsque l'équipe a été renouvelée. Et la personnalité du directeur joue un rôle majeur dans de tels changements.De tels phénomènes existent aussi dans le secondaire, même si le chef d'établissement a plus de difficulté à faire évoluer des équipes plus nombreuses, passant moins de temps dans l'établissement, se sentant souvent moins responsables du bon fonctionnement global. Avec certains proviseurs, on peut arriver en retard sans avoir jamais de remarque, avec d'autres ça passe beaucoup moins bien. Comme dans une classe, le chef exige plus ou moins de discipline, et nous savons tous que le résultat n'attend pas.Certes, dans l'idéal, chacun se montre sérieux et responsable, alors pas besoin de supérieur hiérarchique. Mais soyons sérieux, reconnaissons qu'il faut parfois quelqu'un pour rappeler les textes. Et qu'un vrai statut hiérarchique légitime ces interventions.J'entends bien qu'il existe de bonnes équipes enseignantes où chacun fait son travail et tout le monde est copain, mais ne soyons pas naïf en en faisant une généralité.Si nous voulons être reconnus et respectés, faisons preuve de clarté et de rigueur dans notre organisation. Aux yeux de certains professionnels du privés, nous sommes des rigolos et ils n'ont pas toujours tort.

PRÉVOST 16/04/2008 16:32

Je suis dans le même cas que Colette(salut!). Je pars en retraite dans quelques mois et je pense strictement la même chose que Delphine et Colette. Comme pour un collège ou un lycée, le statut hiérarchique est nécessaire pour quelques rares collègues qui pourrissent la vie des autres et mettent une mauvaise ambiance dans l'école. En plus de ce que Colette a déjà soulevé, j'ajouterais les changements de niveau lors de changements de structure. C'est bien souvent les mêmes qui s'y collent pour éviter les problèmes (intervention de l'IEN, par exemple), alors que d'autres gaderont leur petite classe bien au chaud pendant 40 ans!!!.Je suis pour un statut hiérarchique(tout en sachant que ce n'est pas la potion d'Astérix), je suis pour le salaire au mérité, en fonction des efforts de certains pour permettre un bon fonctionnement de l'école et une réussite(bonne et heureuse) des bambins qui nous sont confiés (aptitudes à monter des projets, à différencier son enseignement, à respecter les règles édictées par le conseil des maîtres, à respecter globalement les horaires...etc...).JP.

Brouard Colette 16/04/2008 14:13

Tout à fait d'accord avec Delphine! Je pars en retraite cette année scolaire. Je peux vous jurer que mes plus gros problèmes en tant que directeur seront venus de ce flou artistique sur notre statut, et en particulier de l'absence de toute connotation hiérarchique. Certains collègues sont très habiles pour jouer perversement sur les deux tableaux: ils nous reconnaissent comme directeur quand il s'agit de nous repasser une corvée, mais c'est un tout autre son de cloche quand on ose leur rappeler certaines obligations de service (respect des horaires,  surveillance des élèves...); alors là, bizarrement, nous ne sommes plus directeur mais redevenons simple collègue qui n'avons rien à leur dire ("Tu n'es pas mon responsable hiérarchique!")... N'empêche qu'en cas d'accident, nous sommes co-reponsables de leurs fautes professionnelles!Quand admettra-t-on que, dans nos rangs comme dans tout corps de métier, pour un grand nombre (heureusement!) d'enseignants responsables et autonomes, il existe une minorité de collègues ... immatures ? j'men foutistes ? souffrant de diverses névroses ? incapables de faire classe ? La liste en serait longue et variée... Pour tous ceux-là, l'absence d'un responsable hiérarchique au sein même de l'école est une catastrophe, leurs problèmes se développant en toute liberté, en paralysant parfois le fonctionnement  de l'école, alors que je suis persuadée qu'une relation hiérarchique ferme dès le point de départ (attention, je n'ai pas dit tyrannique!) leur aurait fait le plus grand bien... Quand comprendra-t-on dans le corps enseignant que les mots "hiérarchie" ou "chef de service"  ne sont pas des grots mots anti-syndicaux ? La situation actuelle n'est pas saine du tout: elle favorise le harcèlement (que ce soit du directeur envers un adjoint ou d'un adjoint envers son directeur, j'ai des exemples des deux!) Arrêtons de faire l'autruche! De plus, comme dit Delphine, demander "un statut non hiérarchique" n'est pas vraiment propice à nous faire prendre au sérieux. Je doute même que ce soit possible dans le statut de la Fonction Publique...Bon, dans quelques mois je vous quitte... Je souhaite bon courage et bonne chance à tous les collègues directeurs en lutte qui resteront fidèles au poste. Et merci à Delphine pour sa prise de position politiquement incorrecte!Colette Brouard, Maine et Loire                                                     

mat pu j.prevert 16/04/2008 10:33

Merci à Delphine d'avoir le courage de briser les tabous. Parce qu'il faut bien le dire, parler d'un statut hiérarchique est encore tabou chez les directeurs en 2008. Et je ne veux même pas faire allusion aux syndicats qui, eux, ont leur montre arrêtée en 1920.La question importante est quand même de savoir si on se fabrique un statut pour avoir la paix avec nos collègues adjoints et les syndicats. Dans ce cas, effectivement, il faut rester un "enseignant-comme-les-autres" même doté d'un statut.Ou doit-on penser à l'intérêt supérieur de l'école (je sais c'est un gros mot) et faire en sorte que le fonctionnement de l'école soit le meilleur possible quitte a devoir rappeler quelques collègues adjoints à leurs responsabilités et à leurs devoirs. Mais pour y parvenir, il est indispensable d'avoir un statut hiérarchique.L'école est-elle condamnée à continuer de marcher de guingois ou peut-elle tendre vers un idéal ? Le tout est de savoir ce que l'on veut. Anne-Marie

Dedel 15/04/2008 22:58

Finalement, Delphine et Isabelle, même combat. Vous me rassurez toutes les deux. Vous apportez de l'eau à mon moulin. Vous apportez la preuve que l'exigence d'un statut, ça n'est pas la bonne voie à emprunter. A vous croire, ce serait même faire fausse route. En fait, vous renforcez ma conviction qu'une autre façon d'appréhender l'école et son fonctionnement est souhaitable.Isabelle, tu as raison de dire que le côté hiérarchique du statut n'est pas une garantie de bon fonctionnement. C'est même un handicap dans l'harmonie entre les membres de l'équipe éducative.Mais tu pourrais aussi souligner que le statut, lui-même, ne garantit pas qu'on ne se verra pas attribuer de nouvelles charges de travail. Delphine rappelle très justement les manifs des chefs d'établissement du secondaire. D'ailleurs, un récent rapport a mis en lumière la baisse de moral des principaux et proviseurs (comme chez nous, d'ailleurs).Preuve s'il le fallait que les problèmes des uns et autres ne peuvent être résolus par un statut.

Delphine IA78 15/04/2008 22:40

Isabelle, tu me dis qu'un statut hiérachique ne permet pas de faire tourner correctement un bahut. Autrement dit, si des profs arrivent en retard ou n'assurent pas la totalité de leurs cours, c'est qu'ils considèrent qu'ils n'ont pas de chef d'établissement devant eux ou qu'ils se moquent de lui.Crois-tu qu'on doive l'accepter ? Imagines-tu une entreprise qui fonctionnerait de la sorte ? Les mêmes individus se permettraient-ils un tel laisser-aller ? Et doit-on le tolérer parce qu'on travaille dans la fonction publique ?Je ne pense pas que ce soit pareil dans l'enseignement privé ni même dans tous les collèges ou lycées publics. Du moins, je l'espère car c'est à désespérer d'être fonctionnaire !Ce que tu dis est très décourageant car ça revient à dire qu'on ne peut rien faire. Finalement, à te lire, on se dit qu'un statut hiérarchique ou non, finalement, ça ne sert à rien. Hiérarchique, tu m'assures que c'est inutile puisque ça n'apporte pas un meilleur fonctionnement.Non hiérarchique, ça apporterait quoi ? La certitude de ne pas se voir confier sans cesse de nouvelles charges ? Mais ce n'est pas du tout ce que disent les principaux et proviseurs qui se plaignent d'avoir de plus en plus de travail qui vient s'ajouter à leur mission de chef d'établissement. De récentes manifestations ont eu lieu pour dénoncer cet état de fait. Et on a beaucoup entendu leur syndicat s'en faire l'écho, si j'ai bon souvenir. Delphine

hamon 15/04/2008 19:53

Delphine écrit:"D’ailleurs un « statut non hiérarchique » réglerait-il les problèmes directeurs ?"Je me permets de te retourner ta question : D'ailleurs un statut hiérarchique réglerait-il les problèmes des directeurs? " On peut raisonnablement en douter . Si je me réfère à ce que je connais , à savoir la position des chefs d'établissement, qui eux ont un statut hiérarchique, je ne vois pas où serait l'amélioration de nos rapports avec nos adjoints, ni même de leur "obéissance" à la stricte réglementation ! Je dis "ce que je connais" car mon mari étant chef d'établissement, nous échangeons souvent à propos de nos problèmes ...et bizarrement des profs sont en retard, vont faire des photocopies alors que leurs élèves les attendent dans les classes etc etc ...et pourtant il y a un statut hiérarchique et il y a une note  !!!! Mon avis personnel est que le statut hiérarchique nous apporterait PLUS de travail mais ne réglerait absolument pas nos problèmes avec les collègues.L'intérêt d'un statut réside dans la définition de nos responsabilités et de nos tâches (les chefs d'établissement ont obtenu une revalorisation parce qu'il avait des "ajouts" dans les tâches demandées par rapport au cadre initial) ...Nous nous n'avons pas de cadre donc l'état peut ajouter ce qu'il veut sans contrepartie ...d'où la demande d'un statut ...mais pourquoi hiérarchique ??? Tu manques de travail ?Isabelle (membre diu GDID, directrice et épouse de chef avec statut !)