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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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27 février 2008 3 27 /02 /février /2008 14:15

Suite à la publication par Xavier Darcos des nouveaux programmes de l'école primaire, les réactions ont été nombreuses, d'autant que comme l'a dit le ministre, la France compte 60 millions de personnes qui ont un avis sur l'école. 
Les syndicats enseignants ont déploré de n'avoir pas été associés à la rédaction de ces programmes. L'opinion publique se réjouit d'un retour aux "fondamentaux". Les enseignants, perplexes, attendent des éclaircissements.

Nous reproduisons, ci-après, la réaction de Catherine Kintzler, professeur de philosophie à l'université de Lille III, essyaiste et auteur de nombreux ouvrages notamment sur la laïcité. Ce texte a été publié sur Marianne.fr

Les mesures proposées par le ministre pour refaire de l'école une école et non plus un «lieu de vie» vont dans le bon sens. Se pose désormais la question des moyens à mettre en oeuvre et de la cohérence de la réforme avec les propositions pleines d'affect du président...

On se lève quand le professeur entre en classe, on sait chanter La Marseillaise, on connaît la devise de la République.... Mais commençons par le commencement. L'école maternelle a pour finalité «d'aider chaque enfant à devenir autonome en s'appropriant des connaissances qui le prépareront à la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul». Bien sûr l'enfant y établit des relations avec autrui, mais «l'objectif essentiel [y] est l'acquisition d'un langage oral riche, organisé et compréhensible par l'autre». A cet effet «l'enseignant veille à offrir constamment à ses jeunes élèves un langage dont toute approximation est bannie ; c'est parce que les enfants entendent des phrases correctement construites et un vocabulaire précis qu'ils progressent dans leur propre maîtrise de l'oral». Et c'est précisément parce que le maître, en respectant la langue et la construction d'un savoir émancipateur, respecte et déploie en l'enfant la liberté humaine et l'aide à devenir élève, c'est-à-dire à s'élever, qu'il imposera et obtiendra le respect : aussi, on se lève quand le professeur entre en classe...

Ainsi les éléments, objets de l'école élémentaire, sont placés en condition de possibilité de l'émancipation. De façon pratique et sans effets de manche prétentieux, on rappelle que l'instruction, qui suppose l'acquisition des disciplines, est aussi en elle-même une éducation. Et c'est pourquoi, fort logiquement, on ne jugera pas les professeurs sur leurs méthodes mais, rompant avec l'ordre moral pédagogiste qui érige une norme a priori et indifférente au contenu, on les appréciera sur les résultats des élèves. 
 
Des mesures de bon sens... impossibles à appliquer

Les quelques citations qui précèdent ne sont pas extraites d'un texte signé par les ci-devant ministres de l'Education nationale Chevènement, en 1985 ou Bayrou en 1994, mais du projet de programmes pour l'école maternelle et primaire présenté le 20 février par Xavier Darcos. Lisibles par tous comme le voulait le ministre, ces programmes sont écrits dans une langue bannissant non seulement l'ambiguïté, mais aussi le jargon qui inonde la littérature officielle de l'Education nationale depuis bientôt trente ans et que bien des maîtres, en quittant l'IUFM, s'efforcent de désapprendre pour pouvoir faire classe. Est soulignée en chaque point, de la maternelle au CM2, la profonde liberté qui suit en toutes choses de l'ordre raisonné accessible à tous. L'ordre raisonné éduque parce qu'il ne se replie jamais sur l'intime, sur le proche. Son mouvement consiste à élargir l'horizon non par une vaine curiosité, mais par une maîtrise qui va du connu vers l'inconnu, du familier vers l'étrange - en commençant par la langue qu'on sortira bien vite de sa maternité.

Tout en se régalant à la lecture de ce texte, on se demande comment Xavier Darcos s'accommode de la proximité affective brandie par le président de la République pour imposer un très particulier «devoir de mémoire» aux écoliers de CM2. On se demande comment il réussira à installer ces mesures de bon sens en diminuant le volume horaire des cours, en marginalisant le temps scolaire à 4 jours hebdomadaires, et à moyens constants... On souhaite enfin qu'il prolonge son sillon dans le terrain autrement difficile du collège et du lycée.

 

L'aberration d'une école « lieu de vie »

Aujourd'hui, devant ces réaffirmations de l'élargissement raisonné qui sous-tend toute école et toute culture républicaines, quelque chose a bougé dans l'opinion. Il n'y a plus guère que Ségolène Royal pour s'indigner et s'effaroucher, avec quelques Diafoirus de la pédagogie «moderne», devant ce qu'elle appelle de «vieilles recettes» (dont ne font sûrement pas partie les internats militarisés qu'elle prônait). On se souvient pourtant que, devant les mêmes intentions, il était naguère du devoir de tout progressiste de crier à la ringardise et à la mise au pas ; il était de bon ton de dénoncer l'arrogance française drapée dans trois couleurs qui devaient devenir honteuses et ternes au point d'être sifflées sur un terrain de football en présence d'un premier ministre impassible. C'est que les temps ont changé et que les «incivilités», non seulement se sont répandues hors des tribunes de supporters, mais ont été rapportées à leur racine, laquelle consiste précisément à exalter en chacun les «racines» dans ce qu'elles ont de plus étroit et à l'y crucifier en lui déniant tout rapport à l'universel humain : ce que l'école a hélas réussi à faire ces trente dernières années en devenant « lieu de vie ».


Un double paradoxe

1-                  Nicolas Sarkozy, par des déclarations provocatrices dans lesquelles il persiste, s'acharne à ruiner la laïcité politico-juridique, ressoudant de ce fait miraculeusement un camp laïque hier profondément divisé et miné de l'intérieur par une «laïcité nouvelle», pas tellement éloignée de la «laïcité positive» avancée par l'Elysée. En revanche, son ministre de l'Education nationale, renouant avec une conception rationnelle du rapport entre savoirs et liberté, pose de nouveau un jalon majeur qui soutient la laïcité de l'école républicaine. Celle-ci, en effet, ne se réduit pas à des règles symboliques que la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux a opportunément prescrites. Elle reste vide si elle ne s'articule pas sur une construction de la liberté par le détour encyclopédique et les humanités, lesquels supposent la mise à l'écart des certitudes toutes faites - et donc la distinction non seulement du cultuel et du culturel, mais aussi celle du culturel et de la culture. Elle est bafouée si chacun, invité à rester ce qu'il est par une « culture de proximité », reste prisonnier d'une fausse liberté.

2-                  En face et inversement, une certaine «gauche», profitant de l'aubaine que lui offre le président de la République, refait l'unité pour défendre la laïcité politico-juridique menacée. Mais, s'agissant de la laïcité scolaire, elle continue à se crisper sur une conception qui, sous prétexte d'accueillir les enfants «tels qu'ils sont», fige cet état en essence intouchable, s'interdit de les promouvoir en élèves, négocie avec eux toute forme de discipline, installe le brouhaha comme une forme d'expression et organise l'anesthésie générale en les laissant passer automatiquement dans la classe supérieure.

Ce paradoxe croisé montre que l'unification du discours laïque et républicain ne peut pas s'effectuer sur un replâtrage politicien : la «vieille recette» consistant à soutenir tout ce que «l'ennemi» attaque et à attaquer tout ce qu'il soutient ne sert ici qu'à évacuer les principes et à faire obstacle à la pensée.

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Published by Les directeurs en lutte - dans Analyses
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commentaires

stéphan 04/03/2008 11:01

Pourquoi opposer « lieu de vie » et « lieu d’instruction » ?
-Ce genre de slogan creux, de concept vide permet des discussions sans fin où l’idéologie reigne à peu de frais, puisqu’elle ne se confronte pas au réel, et tue à petit feu l’école.

Bien sûr que l’école doit rester ouverte sur l’extérieur (c’est son essence), mais elle doit rester fermée à la « rue ». Bien entendu que l’école est un lieu de vie, bien entendu que l’école est un lieu d’instruction, oui on doit pouvoir s’y amuser, oui on y apprend le travail, et ce n’est pas toujours rigolo … On y APPREND à devenir un citoyen responsable.

J’ai lu hier un petit article venu de Belgique :
Les écarts de performance entre les élèves Flamands et Wallons ont déjà fait couler beaucoup d’encre, notamment suite aux résultats de l’enquête Pisa.
Si l’origine sociale apparaît comme un facteur de réussite ou d’échec (18% des écarts y trouvant leur explication), elle n’est néanmoins pas seule responsable.
En effet, selon l’APED (Appel Pour une Ecole Démocratique), lorsqu’on combine l’origine sociale, l’orientation scolaire et les efforts des élèves face au test on ne peut expliquer qu’un tiers des écarts relevés par l’enquête de l’OCDE.
Reste dès lors la question de l’origine des deux tiers restants. Pour tenter d’y répondre l’APED s’est penchée sur deux domaines:
1) Une étude statistique des directives méthodologiques répertoriées dans les Socles de Compétences francophones et dans les Eindtermen flamands en mathématiques
Avec 334 connaissances et compétences requises répertoriées dans les Eindtermen contre 140 dans les Socles, la Flandre se montre plus exigeante que la Communauté Française.

Nos collègues du nord bénéficieraient en outre de recommandations bien plus explicites et précises tandis que les professeurs francophones devraient fournir davantage de travail pour bien interpréter ce qu’on attend d’eux.
Par exemple, lorsqu’un élève flamand doit être “à même de fournir immédiatement le résultat correct de l’addition et de la soustraction jusqu’à 10, des tables de multiplication jusque et y compris 10 et des tables de division correspondantes”, un enfant francophone doit apprendre à “construire des tables d’addition et de multiplication, en comprenant leur structure, et les restituer de mémoire”.

- Selon Nico Hirtt (APED):
"Les socles de compétences francophones peuvent donc être interprétés de manière minimaliste par les enseignants. Ils leur imposent un travail de relecture et de reconstruction qu’ils n’ont pas souvent le temps de faire, d’où un encouragement à abaisser les exigences".
l’article en entier là :
http://www.dirlo.org/modules.php?name=News&file=article&sid=924

Je crois que cela résume bien le débat actuel…

Thibault Mercier 03/03/2008 11:19

Un lieu de vie... Oui on peut le dire sans risque de de se tromper que l'école est devenue un "lieu de vie"...Dans ma petite commune bien tranquille, il n'est pas rare le matin d'entendre des parents dire à leur rejeton, au moment du bisou : "Au-revoir. Amuse-toi bien". Surtout le samedi, d'ailleurs, quand ce sont les paères qui les amènent.Il y a quelque temps de cela (je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans...), on entendait : "Travaille bien". Il est vrai que l'école était un lieu d'instruction... (oh ! le gros mot !)

Stéphan 03/03/2008 10:25

Mais nous avons eu ce genre de « réforme » en France, Ewen. et bien avant la plupart des pays francophones (le Québec, mais aussi la Suisse et la Belgique…)-
Celle de 89, l’enfant au centre du système, les cycles, le projet d’école, du temps dégagé pour un travail d’équipe…

Sauf qu’en France on n’est pas allé jusqu’au bout de l’autonomie indispensable :
>pas de décentralisation, pas de budget, pas de directeur… Pas de gestion des ressources, qu’elles soient humaines ou budgétaires, au service du projet d’école.

Je me souviens du temps où les concertations étaient animées par des « chercheurs », du temps où la lecture fonctionnelle (Foucambert, Éloir) était portée par des pédagogues convaincus et convaincants, du temps où les chronobios venaient nous dire les méfaits de la semaine de 4 jours, de la mise en place de « la semaine Guy Drut » où le temps global de l’enfant en collectivité était pris en compte dans un partenariat EN /Mairie…

Qu’en reste-t-il ?
La plupart du gâteau mis dans la « bulle intermédiaire » : les IEN (leur équipe ont explosé), un appauvrissement du contenu des concerts pédagogiques, et de la formation, une reprise en main des projets d’écoles par les IEN, qui deviennent aussi abscons que l’harcèlement administratif que nous subissons, les écoles devenant des espèces d’hôpitaux de jour où l’on évalue, dissèque, l’élève en une multitude d’items pour le confier à des « réseaux d’aides spécialisés » où l’instituteur a laissé sa place à un maître abécédaire…

Ça ne marche pas !

Maintenant, je ne confonds pas la forme (les slogans, la com. politicienne qui cherche à flatter un certain électorat) sur laquelle je suis assez d’accord avec Ewen, et le fond : le besoin de redéfinir un contrat clair entre l’école et la nation afin de sortir d’un implicite destructeur.
>Dire clairement le minimum attendu par la société, qui n’est en aucun cas synonyme de carcan, mais de base, d’un socle indispensable quand on cherche à s'élever.

>L’école à l’ancienne, que tu décries (décris…), remplissait sa mission : grosso/modo déchiffrer, compter, écrire… Une sorte d’alphabétisation des citoyens.
Ors, les demandes et les besoins de la société ont considérablement changé.
Ce minimum-là ne suffi plus (on recherche plus la « raison mathématique » ; la maîtrise de la langue…), D’où le texte de 89.

Le souci, c’est son application.

Pas par une mauvaise volonté des enseignants, mais par une absence totale de management, de suivi, de cohérence des moyens alloués.
D’où les outrances sans l’efficacité que l’on est en droit d’attendre.
Je ne vois pas, dans ces programmes une attaque contre les enseignants, mais contre tous ceux qui ont été chargés des mises en œuvre.
Et je leur en veux beaucoup.
On ne serait pas dans les excès actuels, dans ce jeu de balançoire permanent, si on avait pris soin de concentrer les moyens (plutôt importants comparer aux autres pays) là où ils étaient utiles : les écoles !

>je sais que ce n’est pas en se levant quand un adulte entre dans la classe que l’on règlera les problèmes d’incivilité, ni par des maximes.
Mais, ce faisant, on structure, on se plie à des règles, ensemble, on se construit un commun, on apprend.
Le débat de fond est là :
-Quel commun (qui le décide) ?
Le comment revennant aux professionnels.
« se construire », « se structure »r sont des actions indispensables à l’éducation et aux apprentissages.
Pour cela point besoin de blouses grises, mais d’une volonté politique (pas politicienne) et de texte clairs.
Bien entendu que l'école est un lieu de vie, il n'y a qu'à se pencher à la fenêtre de mon (petit) bureau et les voir jouer.
Reste à définir ce que vivre signifie dans une école, qui doit rester un lieu particulier.

Ewen 02/03/2008 20:01

Un extrait oublié ( rapport québécois 'mieux soutenir le dévellopement de la compétence à écrire' ) et je crois qu'il a son importance :Les lacunes des élèves d’autrefois n’excusent évidemment pas celles constatées chez les élèves d’aujourd’hui, mais ces citations ( depuis 1 900 les mêmes constats relatifs aux difficultés en langue française ) nous permettent sans doute de dédramatiser la situation actuelle en prenant conscience que certains adultes ont souvent tendance à idéaliser le passé en s’y référant comme à une norme mythique où tout était parfait, ou encore, qu’ils sont portés à confondre l’évolution inévitable de la langue avec sa détérioration.

Ewen 02/03/2008 19:19

Martin,L'excellent boulot des Québécois que j'évoquais concerne l'évaluation et le diagostic de difficultés recensées principalement en orthographe qui n'ont rien à voir avec nos textes 'magiques' . Le travail de réflexion dure depuis plus de 10 ans , il s'agit de recommandations pour apporter des améliorations et tout est fait pour apporter une aide intelligente aux profs ( plus de bibliothécaires, de conseillers, de livres, de cohérence dans l'aide à l'acte d'écrire...).voir les extraits du rapport d'experts à ce sujet dont le titre est déjà assez explicite ; mieux soutenir le développement de la compétence à écrire :On est très loin des constats à l'emporte - pièce et des recettes magiques d'un temps révolu.La compétence en écriture, c’est beaucoup plus qu’écrire un texte sans faute. Écrire constitue un acte complexe qui met en jeu à la fois des processus cognitifs et des représentations sociales. L’élève doit planifier sa démarche, mettre son texte en forme et le réviser. Il a donc beaucoup d’aspects à gérer en plus de la grammaire.Comment aider l’élève à mieux écrire? Pour ce faire, il faut l’accompagner et l’aider à construire ses connaissances et, si nécessaire, à ajuster ses représentations. Ce travail de longue haleine se déroule d’abord et avant tout durant les heures d’enseignement du français. Il s’effectue également hors des cours de français, mais toujours à l’école, par l’intervention de toutes les personnes responsables de près ou de loin de son éducation. revaloriser la profession enseignante; favoriser les contacts avec les didacticiennes et les didacticiens et encourager la recherche-action;·privilégier une organisation scolaire favorisant la collégialité de l’évaluation;·soutenir le personnel enseignant dans sa démarche de développement de nouvelles pratiques pour l’évaluation des compétences; sensibiliser les enseignantes et enseignants des autres disciplines à leurresponsabilité dans l’apprentissage de la langue et les former à intervenir en ce sens.  En plus de la composante temps, il faut mentionner une foule d’autres facteurs essentiels :pour épauler le personnel enseignant dans son travail d’enseignement de l’écriture aux élèves :  fournir des programmes de français clairs et lisibles;soutenir l’aide à la formation continue;

Martin - IA63 02/03/2008 14:19

Ewen, je suis ton dialogue avec Stéphan au sujet des "vieilles recettes". L'exemple que tu mets en avant (le Québec) est mal choisi. Je te cite :L'école est bien un lieu de vie, d'éducation autant que d'apprentissages. En recréant un lieu fermé detiné à de l'instruction sans donner de sens, on montre notre incompréhension - voir l'excellent boulot des Québécois par ex - et  on va à l'encontre de graves ennuis.En effet, le ministre de l'Education du Québec vient de décider de faire comme chez nous : revenir aux bonnes "vieilles recettes" qui ont fait leurs preuves...Voilà un extrait d'article paru dans la presse québecquoise le 6 février dernier. Tu verras que le discours de nos lointains cousins pourrait être tenu, ici en France...Les diplômés de cégeps et d'universités incapables d'écrire ne serait-ce qu'un court texte sans faute de français pourraient bien devenir un phénomène en voie d'extinction.C'est du moins ce que croit la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, convaincue que son plan de valorisation du français à l'école, rendu public mercredi, sonnera le glas de l'écriture au son.Pour atteindre cet objectif, «le secret, l'élément principal, c'est bien sûr la révision du contenu des programmes et la formation initiale des enseignants», a résumé la ministre, lors d'une conférence de presse, au cours de laquelle elle a annoncé 22 mesures visant à faire de l'apprentissage du français écrit une priorité absolue, tant pour les élèves que pour les enseignants. Sans le dire ouvertement, Mme Courchesne impose un virage majeur à la réforme de l'éducation, en misant désormais sur les bonnes vieilles méthodes d'apprentissage de connaissances - de l'orthographe, de la syntaxe et de la grammaire, à travers la dictée et la lecture - plutôt que l'acquisition de compétences. Ainsi, dès la rentrée de septembre prochain, les élèves devront notamment écrire un texte, dictée ou autre, au moins une fois par semaine. De plus, tous les jours, les élèves devront s'adonner à la lecture en classe. Une plage horaire sera réservée exclusivement à cette fin. «Plus on lit, plus on maîtrise l'écriture», a dit la ministre.Surtout, signe évident que quelque chose clochait dans l'enseignement du français au Québec, le ministère de l'Education procédera à une révision complète de tous les programmes d'enseignement de cette matière, tant au primaire qu'au secondaire.Implicitement, le ministère reconnaît qu'une trop grande marge de manoeuvre est actuellement laissée aux enseignants et aux écoles. Désormais, le ministère énoncera donc de façon explicite quelles sont les connaissances qui devront être acquises par l'élève avant la fin de chaque année scolaire.De plus, Québec double le nombre de conseillers pédagogiques en français, qui passera de 150 à 300. On prévoit aussi embaucher 20 bibliothécaires.Enfin, pour que les élèves maîtrisent mieux le français, leurs enseignants devront nécessairement avoir acquis une formation exemplaire, ce qui n'est pas le cas actuellement, a plaidé Mme Courchesne.Les enseignants ne doivent pas être «bons» en français, il faut qu'ils soient «excellents» au terme de leurs études, prévient la ministre, en annonçant que les universités devront réviser à la hausse leurs exigences.Pour s'assurer que les mesures annoncées seront mises en place, la ministre a dit qu'elle dépêchera des équipes de fonctionnaires sur le terrain.La Fédération des commissions scolaires a accueilli favorablement le plan d'action, de même que la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), tout en le jugeant «incomplet».Surprenant, n'est-ce pas ?

Ewen 02/03/2008 11:34

D'accord avec Stephan sur la liberté laissée aux professionnels pour atteindre des objectifs en fin de parcours. Il manque cependant le travail en équipe, les projets réels et liés aux problèmes repérés, des directeurs qui peuvent faire leur travail et une formation très continue, une bonne synergie serait aussi utile Ce n'est pas rien.Sur la grammaire, désaccord complet, désolé Stéphan mais autour de moi beaucoup de musiciens jouent avec force et qualité sans avoir appris le solfège. C'est le cas aussi ailleurs et beaucoup sont renommés en jazz, en musique traditionnelle ...Personne ne conteste le besoin d'une grammaire structurante sur le long terme. Ce qu'il faut dénoncer c'est sa  nécessité pour apprendre à écrire et à parler pour s'exprimer dans les différentes situations que la vie impose.  Ma connaissance des grammaires allemandes et bretonnes demanderait une sérieuse mise à niveau et pourtant je peux communiquer oralement et à l'écrit de manière assez claire. Si on vise l'excellence et le style, on n'oublie pas de donner les bases utiles- mais encore faudrait -il bien définir lesdites bases - seulement j'ai cru comprendre qu'on voulait remonter le niveau des élèves de collège. L'orientation des textes a, à un moment donné, permis d'aller vers un travail diversifié et riche en production écrite mais il aurait fallu former les enseignants, expliquer, ne pas arrêter peu de temps après en empêchant sa réalisation effective par de nouveaux horaires en litterature de jeunesse et en reliant la construction de textes aux disciplines ( le comble de l'inefficacité). Les voilà les soubresauts des réformes successives et des changements incohérents.Les orientations actuelles se font dans le plus grand 'désordre' ( pas de concertation, évaluation inexistante sur le fond..)en imposant un ordre tout à fait inefficcace. Complètement d'accord avec le besoin de devenir élève. Cela ne se décrète pas par de l'instruction mais par la compréhension d'un professeur formé ( psy, com..) aidé par les relais nécessaires ( RASED compétents et complets + médecine solaire). J'aimerais également y ajouter des relais sociaux ainsi qu'un besoin de tisser des liens avec les familles ( rôle très important du directeur ) .L'école est bien un lieu de vie, d'éducation autant que d'apprentissages. En recréant un lieu fermé detiné à de l'instruction sans donner de sens, on montre notre incompréhension - voir l'excellent boulot des Québécois par ex - et  on va à l'encontre de graves ennuis.

Stéphan 01/03/2008 12:26

pourquoi tous les commentaires sortent-ils en gras?

Les directeurs en lutte 01/03/2008 13:27

Il s'agit probablement d'un dysfonctionnement passager de la plateforme OverBlog. Cet incident s'est déjà produit voilà quelques mois. Il ne nuit en rien à la réception des commentaires.Olivier

Stéphan 01/03/2008 11:06

D’abord, je vous prie de m’excuser pour la moitié de mon dernier commentaire en gras.
Il donne l’impression d’une colère alors que ce n’est qu’une erreur de balise.
Je me relirai la prochaine fois (cela me permettra aussi de corriger l’orthographe).
Point de colère donc, mais au contraire du plaisir à débattre.

Je ne pense pas qu’il faille parler de « méthode », ni opposer les anciennes aux nouvelles. La méthode dépend de celui qui l’utilise, ce qui importe c’est l’implication personnelle et, surtout, son efficacité.
Sur ce point, je rejoins tout à fait Ewen, il faut laisser la liberté aux enseignants et il la recherche doit pouvoir s’enrichir des multiples expériences du terrain.

Il s’agit de définir les buts, des objectifs, des missions de l’école. Les moyens pour les atteindre doivent rester aux mains des professionnels.

Sur la grammaire Ewen,
La grammaire n'est qu'une aide aux effets très peu efficaces pour beaucoup d'énergie dépensée ( repérer les pronoms COD pour un seul gain orthographique limité par ex.)
>ce n’est pas la seule fonction de la grammaire Ewen. Elle charpente l’écrit, donc la organise la pensée, elle est un exercice structurant en elle-même, donc une aide précieuse pour l’élève qui veut écrire, qui devra écrire. Pour celui qui écrit, elle fera ce que l’on appelle son style.
La grammaire doit donc s’apprendre, pour mieux pouvoir s’en passer, comme il faut faire ses gammes pour jouer d’un instrument de musique, comme il faut apprendre les techniques de la peinture pour s’exprimer sur une toile, ou répéter les gestes techniques pour le faire sur un stade…

Partir du vécu de l’enfant, pourquoi pas, mais il faut que l’enfant sache qu’à l’école il est un élève, qu’il va apprendre, qu’il n’a pas tout en lui, mais que presque tout est autour de lui, qu’il a besoin d’un maître qui le guide pour devenir un adulte citoyen.

Les programmes définissent des objectifs, les enseignants les mettent en œuvre avec toute la liberté pédagogique nécessaire à cet exercice difficile : enseigner.

mat pu j.prevert 01/03/2008 09:10

Le président Mitterrand, parlant un jour des tentatives d'enrayer le chômage, avait eu cette formule qui lui a été reprochée : "On a tout essayé". Cette phrase traduisait une certaine désespérance de mauvais aloi pour un Chef d'Etat.Il y a 2 ou 3 ans, dans "Le Monde", un inspecteur d'académie a sensiblement dit la même chose à propos de l'échec scolaire : "On peut avoir le sentiment que tout ce qu'il était possible de faire est expérimenté".Et de fait, il serait long et fastidieux de dresser le catalogue des formules qui ont été successivement inventées, maintenues, abandonnées, remises au goût du jour sous d'autres appellations... et tout cela sans que l'on parvienne à faire baisser l'échec scolaire. Il semble même que les dispositifs les plus récents (heures de soutien, classes dédoublées, aides au travail personnel, tutorat, parrainage, classes relais...) n'aient pas apporté d'amélioration notable.Pas mieux d'ailleurs pour les nombreuses circulaires qui, depuis quinze ans, encouragent le travail en équipe, la pédagogie différenciée, l'individualisation,...Bref, il faut se poser la question de savoir si l'abandon des méthodes pédagogiques "à l'ancienne" n'est pas tout simplement la cause de cet effroyable échec et du recul de notre service d'éducation sur la scène mondiale.Alors, au point où en est arrivé notre système éducatif, ne faut-il pas tenter une "expérimentation" nouvelle en revenant aux "vieilles recettes" ?Anne-Marie

Ewen 29/02/2008 23:49

Anne - MarieNous sommes bien d'accord sur des dégats occasionnés par des réformes successives  (ref : combien de textes et leurs contradictions depuis trente ans ?).Nous sommes également d'accord sur la maitrise du langage (ref : Ce que mes élèves de milieu 'populaire' réclament, c'est la capacité à parler, à exprimer leur pensée, à écrire correctement dans toutes les dimensions, de la poésie, des contes ou des journaux...) Nous ne sommes pas d'accord sur la méthode, effectivement mais  s'il s'agit bien de permettre aux élèves de parler avec discernement et richesse lexicale, d'écrire correctement dans diverses situations, alors apprenons aux élèves à dire et à écrire. La grammaire n'est qu'une aide aux effets très peu efficaces pour beaucoup d'energie dépensée ( repérer les pronoms COD pour un seul gain orthographique limité par ex.) Elle a sa place mais ne pourra jamais remplacer des travaux d'écriture diversifiés, répétés et suivis. De quel temps les élèves pourront-ils disposer pour une misérable rédaction dans les futurs programmes? Une farce qu'on aimerait très passagère. Je crains malheureusement que ce hoquet dans la suite des textes de programmes ne soit suivi d'un autre hoquet sans plus de réflexion après les prochaines échéances électorales.  Quel lexique peut être raisonnablement mémorisé s'il est entièrement décallé des projets et de la production régulière d'écrits ?Quelle est l'utilité d'apprendre la totalité du passé simple ?A quoi ça sert si on veut qu'ils sachent écrire et parler ?Quelle est l'utilité de passer du temps à mémoriser des mécanismes opératoires  quand on pourrait faire des mathématiques ?Ce qu'il me parait donc souhaitable c'est de ne plus imposer des réformes sans réflexion, incohérences et contradictions. Ce qu'il me parait souhaitable c'est de permettre du lien, une synergie entre la recherche et le 'terrain', c'est aussi écouter et voir ce qui se passe ici et là car il est dommage de voir tout en noir, il existe beaucoup de choses intéressantes, de gens très impliqués et capables d'obtenir de bons résultats tout en rendant des gosses heureux, des directeurs d'écoles qui font avec leurs petits moyens avancer des équipes qui obtiennent de très bons résultats ( On oublie de dire les énormes différences de résultats entre les écoles et les secteurs  ! )Ce qu'il me parait souhaitable c'est de faire avec intelligence et cohérence. Ce qui est vain c'est de penser qu'on puisse retrouver de l'efficacité en recherchant les vieilles recettes et en nous faisant le coup du vieux chaudron.

Stéphan 29/02/2008 23:04

Ce qui me gêne, Ewen, c’est que tu fais exactement ce que tu reproches (assez justement d’ailleurs) à Darcos.
Ta réponse est tellement formatée, si politicienne qu’elle n’aborde pas les problèmes de fond que connaît aujourd’hui l’école.
Elle alimente un jeu destructeur, une sorte de ping-pong entre 2 idéologies extrêmes, chacun se trouvant dans l’obligation de diaboliser l’autre pour se nourrir de grands sentiments et de phrases creuses.

Ta position est somme toute assez conformiste. En tous les cas, elle est confortable, car, en niant le réel pour se complaire dans un monde binaire fantasmé, elle t’évite la remise en cause (l’autocritique).

Il est assez évident que ce n’est pas en reprenant à l’identique les « vielles recettes pédagogiques » que l’on résoudra les difficultés d’aujourd’hui, peut le prétendent.
Mais méritent-elles tant de haine, tant d’opprobre, tant d’insultes.

Nos anciens auraient failli alors que nous nageons dans la vérité ?
Nos anciens n’étaient pas pourvus de réflexion, d’humanisme d’intelligence ?
Leur travail ne se résume qu’à la blouse grise, le bonnet d’âne et le formatage des consciences ?
Pour sourire, j’ai lu aujourd’hui :
le système éducatif français fonctionne "encore comme à l'époque napoléonienne : 10% de nos enfants - soit 70 000 - sont dans des établissements d'excellence. 70% suivent à peu près la route. Et puis il y a les 20%, les 'paumés' du système : 140 000 jeunes".
passer aux années 50 nous ferait faire un drôle de bond en avant…

Et si tu penses vraiment que 15% d’échec scolaire se justifie par des carences sociales, médicales, psychologiques, tu te rapproches dangereusement des idéologues que tu fustiges.

Si l'école devait redevenir un lieu refermé sur de l'instruction , on multiplierait tout simplement la violence par deux alors qu'on a déjà du mal à comprendre.
Affirmation totalement gratuite, et pour comprendre il faut commencer par accepter que l’on peut se tromper, que la vie, la vraie, n’est pas (plus) noire, ni blanche, mais se joue dans toutes les nuances du gris.

Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques...
J.Jaurès… un ancien.
aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques...
Voilà nos maux et ce à quoi il faut résister.

mat pu j.prevert 29/02/2008 22:08

Ewen, il est vain de nier les dégats qu'ont pu commettre les vagues de réformes successives que nous connaissons depuis des decennies. Les résultats sont de moins en moins bons. Il suffit de relire les enquêtes PISA et PIRLS (elles ont été présentées sur ce site, il me semble). Elles montrent que la situation ne fait que se dégrader.Le niveau est si médiocre en lecture qu'il compromet gravement les chances de nos élèves et pas seulement des enfants d'immigrés. La maîtrise de la langue est un des principaux moyens d'appartenance à un groupe culturel. Et ça passe par la richesse du vocabulaire, l'usage de la grammaire...Récemment encore, le HCE a fait état des piètres résultats du primaire.Selon lui, "25 % des élèves ont des acquis fragiles" qui les condamnent à "une scolarité difficile au collège et une poursuite d'études incertaine au delà", et "15% connaissent des difficultés sévères ou très sévères", lacunes qui "rendent impossibles aussi bien un réel parcours scolaire de collège qu'une formation qualifiante". Partant de là, les neuf sages constatent que "l'école élémentaire ne permet pas, en général, de réduire les difficultés repérées au début de la scolarité obligatoire".Faut-il fermer les yeux ? Continuer comme si tout allait pour le mieux ? Même Meirieu reconnaît qu'on "est peut-être allé un peu loin" dans le changement de pédagogies...Anne-Marie

Ewen 29/02/2008 19:59

Non Dédel , ce ne sont pas des chamailleries, je ne crois pas non plus seulement  à une diversion.Je pense qu'on a un ministre très disponible auprès de son grand chef pour apporter une réponse très politique à des problèmes de fond à l'école  et que cette réponse trouve quelques échos au sein des extrêmes, ceux qui privilégient l'idéologie avant les élèves, ceux qui confondent communautarisme avec diversité, ceux qui aimeraient le retour des blouses grises et autre chose encore, les cousins éloignés de ceux qui ont préparé les élèves à la boucherie de 14 18.Rien à voir avec les vrais problèmes des élèves pour lesquels la richesse des programmes n'est pas un handicap, l'apprentissage réel de la langue -et non son étude - non plus mais combien de textes et leurs contradictions depuis trente ans ? Une instruction basique, simpliste et datant des années cinquante remplaceraient la réflexion, le dialogue et les décisions intelligentes ? Aucun citoyen ne le croit ,Stephan, pourquoi nous sort - on ainsi de tels programmes d'un chapeau de magicien ? Il faut relire les rapports récents pour continuer à s'interroger.Quant aux fameux 15 % d'élèves en grande difficulté, il suffit de penser à tous ceux qu'on a eu dans nos classes. J'ai du effectivement en envoyer assez régulièrement entre 10 et 15 % qui avaient plus de dificultés au collège chaque année mais quels étaient leurs problèmes ? De ceux que l'on comprend mieux quand on ouvre les yeux et les oreilles, de ceux qui nécessitent des réponses sociales, médicales, psychologiques. Si l'école devait redevenir un lieu refermé sur de l'instruction , on multiplierait tout simplement la violence par deux alors qu'on a déjà du mal à comprendre.D'autre part quels liens avec le collège pour progresser ?Quelques réunions ridicules et parfois, l'exception grâce à un principal ouvert et connaissant le premier degré, je découvre chaque année des profs de collège avec une opinion différente sur les besoins des élèves et...les programmes!Il y aurait tant de choses à faire avec de la volonté, du dialogue et de l'intelligence. Pour cette dernière, les école en sont pleines chez les enseignants comme chez les élèves, quant à la volonté elle est remplacée par de l'opportunisme et le dialogue, on ne le connait que sur les blogs dont celui - ci.

Henri 29/02/2008 15:54

Chacun(e) aura compris Dédel, hormis toi visiblement, que mon "intervention" tempétueuse ne visait pas le syndicat qui après tout fait son boulot, mais tes "interventions" dans lesquelles tu nous exposes à longueur de tirades la pensée de bois du même syndicat !J'attends un jour de ta part, l'embryon de l'esquisse de l'ébauche d'un minimum de discernement, chose que je n'attends bien entendu plus (à ton grand dam certainement !) du syndicat !

Dedel 29/02/2008 15:11

Excuse-moi, Henri, mais ton intervention pose un vrai problème.Les syndicats ne disent rien et on les accuse de ne pas défendre leurs mandants. Ils se font entendre et on leur refuse le droit à la parole. Reconnais qu'il y a quelque chose qui cloche...

Henri 29/02/2008 13:41

"Comme le dit très justement la direction du SNUipp....""Voici ce qu'en dit le SNUipp.........."Dis ! Dédel ! aurais-tu avalé un perroquet par hasard ? Es-tu capable de raisonner tout seul sans nous assener en permanence la langue de bois du syndicat ?Penser seul est parfois une marque de lucidité et surtout d'honnêteté !

Patricia - messagerie IA 29/02/2008 11:08

Moins d’heures d’enseignement, plus de sport, une « introduction à l’histoire de l’art », un soi-disant recentrage en français et en calcul (lire : on essaiera d’épargner à ces deux matières le « resserrement horaire » qui affectera les matières restantes : sciences, histoire-géographie, pratiques artistiques) et on voudrait nous faire croire que ceci va aider les élèves !De qui se moque-t-on ? Comment ne pas comprendre que ce resserrement augmentera encore l’avantage des élèves dont les parents peuvent compenser par des cours particuliers cette réduction ?

Dedel 29/02/2008 09:00

Stephan et Ewen, inutile de vous chamailler sur les programmes. Tout cela n'est qu'une aimable farce visant, une fois de plus, à créer une diversion. Comme le dit très justement la direction du SNUipp, pendant ce temps on ne parle pas des suppressions de postes qui se préparent pour... après les municipales.Est-il bien sérieux de parler de "nouveaux programmes" ? Va-t-on encore nous présenter ces textes comme la panacée qui va régler tous les problèmes ?Voici ce qu'en dit le SNUipp :Le SNUipp tient à réaffirmer que les enseignants des écoles n’ont renoncé à enseigner ni l’ Education civique, ni le vocabulaire, ni l’orthographe, ni la grammaire ou le calcul. Laisser croire le contraire est méprisant pour les enseignants. Qui peut croire que l’abandon des programmes de 2002 remplacés par un fascicule de 24 pages permette de rendre plus aisé l’apprentissage de la lecture ou des mathématiques, des sciences ou de l’histoire ? Certes les programmes doivent être lisibles par tous, mais ce travail de réécriture doit-il être concocté dans le plus grand secret ? Comme chacun le sait, les syndicats n'ont été associés ni à la réflexion ni à la rédaction de ces textes. "Les contenus d’enseignement de l’école primaire constituent un enjeu décisif. Leur évolution nécessite de faire confiance aux enseignants, de s’appuyer sur leur travail et leur expérience professionnelle même s’il appartient bien à la nation de fixer les exigences de l’école".

Stéphan 29/02/2008 07:21

-la lecture de Kintzler en dit aussi long que ses références.
J'en reste baba!
Car comment faire évoluer les choses si chacun n'est pas prêt à accepter les arguments de l'autre.
Il se passe exactement ce à quoi l’on assiste depuis les années 90: la caricature, la formule choc, la pub, la com... Qui permet soigneusement d'éviter le réel et rester dans une obstination confortable, puisque le méchant, c'est l'autre, celui qui ne sait pas, celui dont les références sont douteuses...

Non, Ewen, l'école n'appartient pas aux enseignants, mais aux citoyens (que nous sommes par ailleurs), les enseignants sont au service de l'école.

-je suis effectivement de ceux qui ont utilisé l’ascenseur et le regard d’en haut m’indispose parfois.
Là 2 choses:
• Tu regardes de où toi?
• Tu penses que tu es le seul à avoir bénéficié de cet "ascenseur"? et de quel droit tu le refuses aujourd'hui à nos élèves?

-Respecte – t – on les élèves de milieu ‘ populaire’ en leur proposant une instruction au rabais car ce n’est pas l’obligation de connaître le passé antérieur qui va les faire accéder au langage. S'exprimer oralement et par écrit, cela s'apprend.
ben justement, ils l'apprennent mal!
15% des élèves CM2 de ZEP n'ont AUCUNE des compétences attendues pour l'entrée au collège.
Il n'est pas légitime, de s'interroger et de dire clairement ce que DOIT savoir un élève à la fin de son parcours scolaire?

Ce n'est pas une aide, un repère, un objectif et pour l'enseignant et pour l'élève et pour les parents?
Où est l'insulte, où est le "rabais"?
Ce n'est pas un moyen de sortir de ce contrat implicite et destructeur que l'école entretient avec ses usagers, même si ce n'est pas le seul?

-qui décide de tout et de son contraire en ce moment ?
ceux qui ont le pouvoir, comme d'hab. (j'ai juste?).
- Mais qui met en oeuvre?
Personne! Je n'en veux que pour preuve la mise en place de la politique des cycles ou le fait que l'on a jamais cessé de faire redoubler un élève au CP (malgré les stats, les cycles et les recommandations), ou encore qu'il faille, chaque année redire de ne pas confier un CP à un T1/2...
Quel bilan de la politique
-Les soubresauts que connaissent les programmes de l’Ed. Nationale n’ont malheureusement pas grand – chose à voir avec ces évolutions mais avec des politiques qui ne se soucient nullement d’évaluer et encore moins de comprendre. Les enseignants, de l’école à l’Université en savent quelque chose. En ce moment ils sont loin d’être les seuls, hélas.
-Là je te rejoins, (sauf sur l'évaluation et le comprendre, ça ils le font très bien) ces programmes ne méritent pas le titre de "réformes", mais quelle occase de faire de la politique politicienne et, surtout, rester à ce niveau...

Ce que dénonce Kintzler, mais notre école mérite mieux que ça.

Ewen 28/02/2008 19:28

Stéphan,Un peu de réalisme : la lecture de Kintzler en dit aussi long que ses références.Un peu d’humilité : désolé pour n’avoir pas su me faire comprendre ; je suis effectivement de ceux qui ont utilisé l’ascenseur et le regard d’en haut m’indispose parfois.‘Un peu beaucoup’ de cohérence : quand on retourne en arrière , il ne faut pas oublier tous ceux qui n’entraient même pas au collège à l’époque d’une immigration très réduite.Ne pas comparer ce qui n’est pas comparable.Quel rapport ont ces programmes avec le respect ? Respecte – t – on les élèves de milieu ‘ populaire’ en leur proposant une instruction au rabais car ce n’est pas l’obligation de connaître le passé antérieur qui va les faire accéder au langage. S'exprimer oralement et par écrit, cela s'apprend.‘Très beaucoup’ de réalisme : qui décide de tout et de son contraire en ce moment ?‘Beaucoup plein’ de soubresauts, oui, il est des progrès qui demandent toute l’observation, la persévérance et le savoir – faire de professionnels ( avec les bébés ) ou un vrai projet de société ( les transports en commun issus d’une technologie très pointue ). Les soubresauts que connaissent les programmes de l’Ed. Nationale n’ont malheureusement pas grand – chose à voir avec ces évolutions mais avec des politiques qui ne se soucient nullement d’évaluer et encore moins de comprendre. Les enseignants, de l’école à l’Université en savent quelque chose.  En ce moment ils sont loin d’être les seuls, hélas.

Stéphan 28/02/2008 17:18

ewen,
Je te conseille de LIRE, calmement et vraiment, le texte de Catherine Kintzler.
Tu comprendras, j'espère, de quoi il s'agit.

Alors que les critiques (car il y en a) portent chez elle, c'est le contraire qui se passe en te lisant.
>un peu d'humilité d'abord, ma classe, mes élèves, mon milieu populaire..., ce n'est pas toi le sujet, mais les élèves Français.

>un peu de réalisme, ensuite,
•quel ascenseur social? il est en panne depuis une vingtaine d'année,
•quelle réussite scolaire? 15 à 20% d'élèves en échec scolaires et, plus tard, 120 000 jeunes sur le marché du travail sans diplôme.
•quel respect? 60 enseignants victimes d'agression par jour!

>un peu de discernement enfin, quel contexte "politique particulier"? c'est l'école qui ne va pas bien, qui se dégrade depuis des lustres...
Le retour en arrière serait néfaste à priori?

•aujourd'hui on ne couche plus les bébés sur le ventre, retour en arrière ou mesures de bon sens après s'être aperçu que c'était une des causes de mort subite du nourrisson?
•aujourd'hui on reconstruit des trams dans les grandes villes, retour en arrière ou mesure de bon sens pour endiguer le fléau qu'est devenue la bagnole?
...
Oui Paul:
la «vieille recette» consistant à soutenir tout ce que «l'ennemi» attaque et à attaquer tout ce qu'il soutient ne sert ici qu'à évacuer les principes et à faire obstacle à la pensée.
un régal, mais combien cruel pour ceux qui l'utilise encore.

ewen 28/02/2008 11:10

L'échec - mais encore faudrait -il évaluer, analyser, dire et écouter pour le cerner et le compendre - devrait justifier un retour en arrière ? Quelle est cette société qui accepterait le passé et sa basique instruction comme recours alors que le monde a considérablement bougé depuis quelques décennies et continue de se transformer ?Ce n'est pas la mienne, ce n'est pas celle de mes élèves ni de leurs parents, ce ne peut être celle du progrès et de la réflexion car on supposerait alors progrès et réflexion et non retour en arrière.Ce que mes élèves de milieu 'populaire', mon milieu 'populaire' , réclament, Eric, c'est la capacité à parler, à exprimer leur pensée, à écrire correctement dans toutes les dimensions, de la poésie, des contes ou des journaux. Et pour cela la grammaire n'est pas une solution. Les exercices d'application ne remplaceront jamais la capacité à produire un petit texte cohérent et achevé. Effectivement, il serait temps de ne pas balancer les bonnes expériences en revivant le passé. Ce serait aussi un meilleur respect de notre travail. Il est entièrement faux de faire le seul constat de l'échec quand on ne connait même pas la manière de travailler des collègues de l'école d'à côté, voire même de nos collègues du même couloir car il existe de supers réussites. Les voit -on ? Les valorise - t -on ?Il y a bien une cohérence dans ce retour aux recettes de grand - mère : les élèves de milieu populaire devront - ils devenir des petits entonnoirs pour  'élargir leur horizon' ?Cette cohérence de circonstance, née dans un contexte politique très particulier, va produire une incohérence totale car on ne peut exiger une évolution en se trompant de termes : les fondamentaux, il faudrait effectivement les définir. 

Eric D 27/02/2008 19:39

Ceux qui crient au ringardisme à propos des nouveaux programmes sont dans une posture reflexe facile mais malhonnête, cela évite la moindre réflexion. Force est de constater que ce qui se faisait jusqu'à présent n'a pas eu les effets escomptés, surtout dans les quartiers populaires, ce qui est un comble puisque la pédagogie moderne était destiné aux enfants de milieux défavorisés. Donc on peut continuer à faire de l'ideologie, dire que la grammaire c'est de droite, le par coeur est de droite, la syllabique aussi, c'est de la pure croyance.  Je ne trouve pas ces programmes poussiéreux, je leur trouve bien sûr des défauts (trop lourds en grammaire, trop d'importance au calcul posé...)  mais je me sens plus à l'aise avec eux qu'avec ceux de 2002 . Donc critiquons, mais ne rejettons pas par réflexe d'arrière garde

mat pu j.prevert 27/02/2008 18:56

On ne peut accepter vos propos sans réagir Ewen. Qu'on soit de droite ou de gauche, on ne peut que faire le constat d'échec de l'école depuis des dizaines d'années.Echec qui ne fait que s'accroître. Les différentes enquêtes internationales nous l'ont assez montré ces derniers mois. Il est évident que l'école n'assure plus son rôle d'ascenseur social. Les premiers à en être victimes, ce sont d'abord les enfants des classes sociales les plus défavorisées. Et cela est franchement scandaleux.Revenir aux "vieilles recettes", c'est avant tout donner les bases les plus élémentaires à ces enfants. Les "fondamentaux", si vous souhaitez utiliser un autre mot à la mode. Moi, ce mot ne me choque pas. Ni ce qu'il recouvre. La grammaire, il ne faut pas la réserver aux élites. Or avec les méthodes floues telles qu'on nous les impose depuis des années et des ministres, c'est ce que nous faisons, hélas.Quant à vos propos sur le "nationalisme", le "salut au chef", je ne vois pas ce qu'ils viennent faire dans ce débat.Anne-Marie

Ewen 27/02/2008 18:22

Quand les vieilles recettes refont surface, on revient aux certitudes des années d'après - guerre, la mondiale numéro 2, on confond les fondamentaux avec une mauvaise farce, on tente de sourire aux citoyens qui n'acceptent pas que le monde n'est plus tout à fait le leur , qu 'il n'est plus celui des automatismes et de la seule grammaire réservée à la caste de ceux qui ont déjà le langage comme privilège, on tente de nous enfermer à l'intérieur d'une histoire évènementielle faite des légendes d'un nationalisme caricatural, on tente de soustraire l'intelligence pour imposer le salut au chef. Quand les recettes refont surface, la société va mal.

VALMORI Patrick 27/02/2008 18:21

Du nouveau concernant le "devoir de mémoire". X. Darcos a réuni le comité de réflexion ce matin. Le gouvernement abandonne l'idée de Sarkozy et revient à... ce qui se pratique déjà !!!"Le gouvernement a entrepris une marche arrière, annonçant d'abord une "mission pédagogique" confiée à Hélène Waysbord-Loing, présidente de l'Association de la maison des enfants d'Izieu, puis en évoquant la possibilité d'un parrainage par classe, avant finalement d'aboutir à un projet pédagogique.Le souhait de Nicolas Sarkozy que tous les élèves de CM2 se voient "confier la mémoire" d'un enfant mort durant la Shoah a été abandonné. "Il y a la volonté de tous d'arriver à améliorer ce qui est déjà très bien fait par les professeurs" enseignant la Shoah depuis 2002 en primaire, a insisté Simone Veil".Encore une idée qui n'avait fait l'objet d'aucune réflexion préalable...

Henri 27/02/2008 18:20

@ ceux qui souhaiteraient poursuivre cette réflexion, engagée depuis longtemps par Catherine Kintzler, on ne saurait trop recommander la lecture de ses articles parus dans son blog :http://www.mezetulle.net/Un grand bol d'air pour aérer ses neurones !

Paul 27/02/2008 17:29

Pour ma part la lecture de ce texte fait partie des moments magiques: quand les mots d'un autre exprime un ressenti personnel.

Quelle force peuvent atteindre les critiques quand elles sont à ce point accompagnées par la raison.

la «vieille recette» consistant à soutenir tout ce que «l'ennemi» attaque et à attaquer tout ce qu'il soutient ne sert ici qu'à évacuer les principes et à faire obstacle à la pensée.
un régal!

Nathalie Poncelet 27/02/2008 14:49

Un point de vue intéressant qui souligne la quadrature du cercle : comment faire plus de Français et de Maths dans une semaine amputée des heures du samedi et d'un horaire de sport augmenté d'une heure.Faudra vraiment qu'on nous explique ce qui doit être réduit et qu'on le dise clairement.