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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 13:44

Qu'apprend-on à l'école élémentaire ?

Nous reproduisons, ci-après, le discours de Xavier Darcos lors de la présentation à la presse des nouveaux programmes de l'école primaire.
Vous retrouverez ci-dessous la synthèse des nouveaux programmes en cliquant ici.

"Ceux qui ont quitté le système éducatif depuis quelque temps déjà envisagent souvent l'école primaire comme une première étape, exigeante mais vite surmontée, qui précède les difficultés plus sérieuses de l'enseignement secondaire ou du supérieur.

Cette impression erronée se nourrit le plus souvent de la nostalgie de ces années insouciantes, dont la mémoire ne conserve, bien des années après, que de brefs souvenirs : la mélodie obsédante des tables de multiplication, le tracé malhabile des lettres de l'alphabet sur le papier à rayures, l'angoisse de la poésie récitée devant toute la classe.

 

Mais pour l'enfant qui commence à peine sa vie d'élève, la réalité de l'école est tout autre. Elle est une source continue de sollicitations nouvelles, de stimulations intellectuelles et d'incompréhensions passagères que viennent résoudre les explications et les exercices proposés par l'enseignant.

Elle est une remise en cause permanente de la perception incomplète du monde sur lequel l'enfant avait bâti sa personnalité jusqu'alors.

Nous l'oublions parfois, mais l'école primaire est toujours une étape difficile, parce qu'elle s'adresse à des êtres en devenir et parce que son projet pédagogique est exigeant. Mais elle ne doit jamais cesser d'être ambitieuse, car c'est sur elle que repose, presque toujours, la réussite ou l'échec scolaire de l'élève. Ce n'est pas au collège, encore moins au lycée, que se comblent les petites lacunes et les grands retards accumulés à l'école primaire. C'est l'école primaire qui donne à l'élève l'ensemble des connaissances et des compétences essentielles qui lui permettront d'aller plus loin dans son parcours scolaire et de réussir, plus tard, son insertion dans la vie professionnelle.

L'école primaire doit rester garante de l'idéal républicain : permettre à chaque enfant de devenir, par l'instruction, un citoyen libre et éclairé.

 

Mais son projet pédagogique doit aussi tenir compte des réalités de notre temps :

- à l'heure où la quasi-totalité des élèves poursuivent leur formation au-delà de la scolarité obligatoire, l'école primaire ne doit plus chercher à transmettre en quelques années la totalité des champs du savoir, mais de donner à l'individu toutes les clés pour les approfondir ultérieurement.

- à l'heure où la société de l'information expose les enfants au défi de se repérer dans une masse de données indifférenciées, l'école primaire doit plus que jamais transmettre des savoirs cohérents et des approches méthodiques.

- à l'heure où les pays développés cherchent à comparer la performance de leurs systèmes éducatifs, la France ne peut rester insensible aux rapports officiels et aux évaluations internationales qui soulignent, chaque année, la médiocrité des résultats de son école primaire.

Dans un pays qui investit autant de confiance et de moyens dans son système scolaire, il n'est pas concevable que 15% des élèves quittent aujourd'hui l'école avec de graves lacunes dans la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul.

Affirmer une ambition pour l'école primaire, ce n'est pas seulement rappeler la grandeur de ses origines et l'importance de sa mission. C'est lui assigner des objectifs précis quant à la réussite scolaire des élèves.

Diviser par trois, en cinq ans, le nombre d'élèves qui sortent de l'école primaire avec de graves difficultés et diviser par deux le nombre d'élèves ayant pris une année de retard dans leur scolarité : tels sont les résultats que j'attends de la réorganisation du temps scolaire et de la réécriture des programmes du primaire que je veux vous présenter ce matin.

A partir de la rentrée prochaine, l'école primaire connaîtra une nouvelle organisation du temps scolaire dans la journée, dans la semaine et dans l'année. L'enseignement se fera désormais du lundi au vendredi, le samedi matin étant rendu aux familles qui souhaitaient dans leur très grande majorité disposer de deux journées pleines pour se retrouver avec leurs enfants.

Avec cette nouvelle organisation de la semaine, la durée hebdomadaire de l'instruction obligatoire passera, pour tous les élèves, de 26 heures à 24 heures, soit un total de 864 heures d'enseignement par an, ce qui reste bien au-dessus de la durée moyenne d'enseignement des pays qui obtiennent les meilleures performances scolaires dans les classements internationaux.

Aux termes du protocole d'accord que j'ai conclu avec deux organisations syndicales du premier degré, ces deux heures ne seront pas perdues pour les élèves, mais réinvesties sous forme d'aide personnalisée aux élèves en difficulté scolaire ou de travail en petit groupe. Cela implique une modification substantielle du service horaire des enseignants du premier degré qui se composera désormais de 24 heures hebdomadaires d'enseignement en groupe classe et de 108 heures annuelles consacrées à l'aide directe aux élèves en difficulté (60 heures), au travail en équipe, à la relation avec les familles ou à l'implication dans un projet personnalisé de scolarisation (PPS) d'un élève handicapé (24 heures), à l'animation pédagogique et à la formation (18 heures) ainsi qu'aux conseils d'école (6h).

Enfin, je veux que tous les élèves de CM1 et de CM2 qui, malgré l'aide personnalisée et l'accompagnement éducatif mis en place à la rentrée prochaine, continueraient à éprouver des difficultés d'apprentissage, puissent se voir proposer un stage de remise à niveau durant les vacances scolaires. Ces stages seront opérationnels dès les prochaines vacances de printemps, car il y a urgence à agir, chaque fois qu'un enfant présente des lacunes importantes.

Concrètement, ces stages s'étendront sur une semaine et ils proposeront trois heures d'enseignement par jour en français et en mathématiques. Cet enseignement sera structuré autour de groupes de cinq à six élèves sous la conduite d'enseignants volontaires qui seront rémunérés par des heures supplémentaires.

Je veux en finir avec cette inégalité choquante qui veut que seuls les enfants dont les parents auraient les moyens de les inscrire dans des cours particuliers auraient une chance réelle d'échapper à l'échec scolaire. Ce développement de la réussite payante me semble contraire aux principes fondamentaux de l'école républicaine. Si l'école est gratuite et obligatoire, la réussite scolaire doit l'être elle aussi.

Cette nouvelle organisation du temps scolaire sera au service d'une véritable révolution culturelle, qui consiste à recentrer l'école sur les enseignements essentiels. Pendant des années, on n'a cessé de vouloir augmenter le nombre des connaissances, des compétences et des informations que les enfants devaient recevoir de l'école, sans se soucier de la cohérence pédagogique de ces apprentissages. Les programmes eux-mêmes étaient devenus trop longs, trop lourds, illisibles pour les parents et parfois même, peu compréhensibles par les enseignants.

 

Le projet de programme présenté ce matin constitue le fruit d'un travail de plusieurs mois et je tiens à remercier tous ceux qui s'y sont associés. Je pense naturellement à Jean-Louis Nembrini, qui a fourni un très gros travail avec son groupe d'experts pour me faire une première proposition. C'est à partir de cette proposition que j'ai pu associer à mon tour d'autres experts, parmi lesquels de nombreux membres de l'Inspection Générale de l'Education Nationale tels que Viviane Bouysse, Philippe  Claus, Christian Loarer, Marie Mégard, Rémy Jost, Gérard Bonhoure ou bien encore le doyen du groupe d'histoire-géographie Michel Hagnerelle. Parmi les personnalités qui ont été consultées ou se sont associées à la rédaction des programmes, je peux citer, entre autres, Pierre Léna, Antoine Compagnon, Alain Bentolila, Stanislas Dehaene, Marie-Christine Bellosta ou Danièle Sallenave.

Le résultat est éloquent. Ces programmes avec les progressions en français et en mathématiques sont désormais bien plus courts que les précédents puisqu'ils comportent un total de 36 pages au format du Bulletin officiel, contre 104 pages précédemment. Ecrits dans un langage clair et concis, ils ont été conçus pour pouvoir être lus aussi par les parents d'élèves, y compris les moins rôdés à la lecture de textes officiels.

 

A la lecture de ces programmes, vous percevrez plusieurs changements majeurs avec les textes précédents.

 

Premier changement, les programmes comportent désormais des horaires plus simples et plus précis, qui définissent un horaire unique clairement identifié pour chaque discipline au lieu des fourchettes horaires prévues par les anciens programmes. Cette nouvelle présentation des horaires permet de marquer plus particulièrement l'importance donnée à l'apprentissage des mathématiques et du français. Ainsi, le volume horaire hebdomadaire réservé au Français sera désormais 10 heures en cycle 2 et de 8 heures en cycle 3 , alors qu'il variait, pour le cycle 3, entre six et huit heures dans les programmes précédents. De même, l'horaire d'éducation physique et sportive est renforcé, passant de 3 heures à 4 heures par semaine, conformément à la volonté du Président de la République. Les programmes de sciences, d'histoire géographie et de pratique artistique sont recentrés sur l'essentiel.

 

Deuxième changement, l'ambition retrouvée des programmes disciplinaires.

Elle concerne toutes les disciplines, mais elle est particulièrement sensible dans les domaines du Français et en mathématiques. L'enseignement de la grammaire, du vocabulaire et de l'orthographe est désormais abordé de manière explicite et il nous a paru important qu'un enfant qui sorte de l'école primaire ait appris l'ensemble des temps de l'indicatif, y compris le futur antérieur et le plus-que-parfait ! La pratique de la récitation et de la rédaction, exercices utiles de l'école primaire, font également leur retour dans les programmes officiels.

Il en va de même en mathématiques, puisque les programmes prévoient le renforcement des techniques opératoires. Là où l'on se contentait par exemple d'aborder véritablement la multiplication à partir du CE2, et pas totalement la division, par exemple pour des nombres décimaux, les élèves devront maîtriser parfaitement les quatre opérations avant d'entrer au collège et savoir pratiquer une règle de trois. La pratique quotidienne du calcul mental sera encouragée pour permettre aux élèves d'acquérir très tôt les automatismes nécessaires pour ne pas se tromper dans leurs calculs.

L'histoire fait désormais l'objet d'un véritable enseignement, introduisant chez l'enfant des repères chronologiques fondés sur la connaissance des grandes dates de l'histoire de France et l'existence des personnages, contrairement aux programmes précédents qui affirmaient qu' « à cet âge, il ne s'agit pas encore de faire de l'histoire ». De Clovis à Clémenceau, de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb à celle du vaccin contre la rage par Pasteur, les élèves apprendront à connaître les principaux jalons de l'histoire de France et de l'humanité. C'est dans ce cadre aussi que les nouveaux programmes font explicitement référence à la question de la traite des Noirs et de l'esclavage, ainsi qu'à l'extermination des Juifs et des Tsiganes par les nazis.

La géographie, enfin, permettra aux élèves à partir de l'échelle locale puis nationale, de comprendre les caractéristiques de la géographie de la France dans un cadre européen et mondial. Une attention particulière est apportée à la façon dont les hommes entretiennent et aménagent leurs territoires, à différentes échelles.

 

Troisième changement, l'ouverture des élèves sur d'autres formes de connaissances. Une initiation à l'histoire des arts est introduite dès le cours préparatoire et bénéficie d'un programme précis dès le CE2 en lien avec l'étude des six périodes chronologiques prévues par le programme d'histoire. Elle bénéficiera  d'un horaire spécifique qui lui sera attribué au cycle 3, avec un minimum de 20 heures annuelles en liaison avec l'enseignement de l'histoire, de la pratique artistique et du français. De même, une éducation au développement durable est intégrée à la fois au programme de géographie  et au programme de sciences du cycle 3.

 

Quatrième changement, l'introduction de l'instruction civique et morale qui remplace l'éducation civique. Cet enseignement permet à l'enfant de découvrir progressivement les valeurs, les principes et les règles qui régissent l'organisation des relations sociales, depuis l'observation des règles élémentaires de civilité jusqu'aux règles d'organisation de la vie démocratique.
Les principes de la morale et l'importance de la règle de droit sont notamment présentés au travers de maximes (« la liberté de l'un s'arrête là où commence celle d'autrui ») ou d'adages juridiques tels que « nul n'est censé ignorer la loi ». Il inclut la connaissance des symboles de la République française et, pour la première fois, des symboles de l'Union européenne. Enfin, les élèves découvrent les traits constitutifs de la nation française, du projet européen et de la francophonie.

 

Cinquième changement, la très forte cohérence donnée aux programmes de l'école maternelle, dont la finalité très clairement affirmée est de préparer les élèves à l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et du calcul tout en conservant sa spécificité propre. L'accent mis sur l'apprentissage du vocabulaire, qui reprend les conclusions du rapport que m'avait remis le professeur Alain Bentolila au mois de décembre dernier, constitue également un apport important pour la réussite scolaire future des élèves.

Je n'imposerai aucune méthode particulière aux enseignants pour transmettre ces savoirs aux élèves, car ils sont les mieux placés pour connaître les capacités de leurs classes et choisir la méthode la plus appropriée pour les faire progresser. Mais je serai vigilant à ce que ces nouveaux programmes et cette nouvelle organisation du temps scolaire contribuent à l'amélioration significative des résultats de chaque école. Ces résultats seront communiqués aux familles selon des modalités que nous définirons au cours des prochaines semaines pour apporter aux familles toute l'information nécessaire sans toutefois entrer dans une logique de mise en concurrence des écoles entre elles. Les résultats de ces évaluations ne seront ni un critère de redoublement pour le CE1, ni un examen d'entrée en sixième pour les CM2. Mais je préfère que l'Education nationale se dote d'outils de mesure fiables et transparents du niveau des élèves plutôt qu'elle découvre, année après année, un classement médiocre dans les différentes évaluations internationales.

 

Si les programmes de l'école primaire suscitent une telle attention, c'est parce qu'ils constituent une forme de contrat social éducatif. Transmettre le savoir, c'est guider l'élève vers une forme de liberté et une forme de responsabilité et c'est prendre en même temps, au nom de la société tout entière, l'engagement moral de ne pas échouer dans cette mission. Nous avons désormais un devoir de réussite pour l'école primaire". 
      

Le ministre a enfin laissé la porte ouverte à d'éventuelles "améliorations" au cours des "deux-trois" prochains mois, via "des amendements que pourraient souhaiter nos personnels". Une journée banalisée "permettra à toutes les classes de France d'en discuter"

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Published by Les directeurs en lutte - dans Propositions du Ministère
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Dedel 25/02/2008 23:23

Je pense qu'il ne faut pas faire d'amalgames entre une réforme qui nous est imposée et des revendications catégorielles dont nous ne sommes pas le maître d'oeuvre.Les réformes, elles nous sont dictées, sans consultation ou alors c'est pour la forme. Et elles s'imposent à tous. Directeurs ou adjoints, peu importe, nous avons à les appliquer même si elles ne nous conviennent pas. On doit ronger son frein alors qu'on sait qu'on aurait pu les maliorer si on nous avait associés à leur élaboration. Mais on sait bien que chaque ministre est "fier" de "laisser sa trace" et qu'il ne veut rien partager...Pour les revendications, je rappelle que le SNUipp n'a pas signé le protocole de mai 2006 suite à la consultation de la profession. Il faut s'en souvenir, tout de même et ne pas accuser à tort et à travers.

merlin 25/02/2008 23:06

Disons Ben, qu'il y a pour certains base et...base!Parfois, si on s'adresse au MEN, c'est au nom de la Base ( élective): on porte sa parole et on rugit en son nom.Et puis , il arrive que la base ait des idées, des revendications, des doléances même!"On" lui explique alors que l'"on" sait ce qui est possible et bon pour elle, que tout n'est pas réalisable tout de suite même si on voudrait bien, mais que un peu c'est toujours mieux que rien et que la base ne sait pas tout mais qu'il faut avoir confiance et qu'"on" est là.... Bref , nous avons parfois l'impression à la base qu'"on " nous prend pour des c......!

ben 25/02/2008 17:09

Dédel : ou comment se prendre le boomerang dans les dents !!!Eh, oui, je te cite :pour être acceptée, une réforme doit être acceptée par la base. Tous les politiques sont d'accord sur ce point. Ils le disent tous mais hélas ne le font pas tous.Il faudrait déjà balayer devant ta porte !! car il me semble que vous procédez un peu comme ça aussi, non ?Juste un exemple, le fameux CMD  ?? c'est bien ton syndicat qui le propose ? c'est bien accepté par la base ça ? surtout par les dirlos !! ça n'est pas  le haut de la pyramide qui le propose par hasard ??Ceci étant dit, mes propos ne sous-entendent pas que je valide le fond ou la forme de cette énième réforme qui ne s'attaque évidemment pas aux causes mais permet de brasser le maximum de vent.

Henri 25/02/2008 16:32

Merci Dedel ; je n'en attendais pas moins de toi et je prends acte de ton souci d'être attentif à "la base" (de refuser donc tout apport "pyramidal") : tu conviendras dès lors assez justement (j'ai grande confiance dans les entourloupes de ta pensée !) qu'il serait bon que "la base", la vraie, et plus particulièrement celle que constituent les directrices et directeurs de ce beau pays de France -car c'est ici l'objet de ce blog que de se soucier parfois d'elles et d'eux ! - soient effectivement entendus dans leur revendication juste et légitime d'un statut qu'ils ont clairement exprimé lors notamment d'une certaine consultation IFOP dont tu ne peux ignorer l'existence !....sauf à faire preuve d'un aveuglement pernicieux, ce dont je n'ose te soupçonner !...et à me renvoyer à des consultations organisées par les "organisations représentatives", aussi bien la tienne sauf erreur de ma part, que celle "d'en face", honteuse signataire d'un fameux protocole !...Pousse ton raisonnement jusqu'au bout et conviens, si tu le peux, que, à ce jour, "la base" n'a guère été véritablement consultée par "les tiens ou les autres" que par des moyens bien détournés...

Dedel 25/02/2008 13:45

Henri, tu sais bien que les réformes ne peuvent plus être imposées en 2008 comme c'était le cas il y a 40 ans.D'ailleurs, sur tous les forums, on lit quantité de critiques sur ce que nous impose Darcos. Tu as peut-être eu l'occasion d'en lire si tu suis l'actualité. Pourquoi ces critiques ? Parce qu'un ministre même aidé des meilleurs conseillers ne peut pas avoir une idée précise de ce que les acteurs de terrain savent par expérience. Nous sommes tous, toi comme moi, en mesure de signaler des incohérences, des absurdités ou des bizarreries dans tout texte imposé du haut de la pyramide.Et il y a surtout une raison majeure que tu ne peux pas négliger : pour être acceptée, une réforme doit être acceptée par la base. Tous les politiques sont d'accord sur ce point. Ils le disent tous mais hélas ne le font pas tous. C'est le but de notre reproche.Tu vois, c'est cela qu'il fallait lire dans mon commentaire et non la volonté qui serait la nôtre de cogérer le système.

Henri 24/02/2008 13:59

L'avantage avec toi, Dedel, c'est que tu nous fais souvent rire :"Concernant les nouveaux programmes, savez-vous que le SNUipp a fait savoir qu'il regrettait de n'avoir pas été associé à leur élaboration et qu'il manifeste son mécontentement ?"Je voudrais bien que l'on m'explique en quoi un syndicat (dont l'existence a normalement, je dis bien normalement, mais je peux me tromper !!! pour but la défense des personnels, de TOUS les personnels !) a son mot à dire concernant les programmes ,Nouvelle mutation des syndicats ?

Ecole IA76 22/02/2008 18:23

Qui pourrait croire qu'avec un statut tout serait réglé ? Personne. Mais est-ce que ça va mieux sans statut ? C'est cette question qu'il faut se poser Dedel.23 ans de direction. 12 classes. 1/2 décharge. Situation enviable pour certains, je veux bien le croire. Mais est-ce à dire que tout va pour le mieux ? NON ! Je cours après le temps du matin au soir. J'ai l'impression de tout faire trop vite et finalement de tout bâcler. Je sens parfois qu'il me faudrait du temps pour dénouer un problème avec des parents. Pas possible alors ça dégénère bêtement. Même si les principaux et proviseurs se plaignent de leurs conditions de travail, eh bien, je l'avoue, le les envie. J'envie le principal du collège de mon secteur. A peine 40 élèves de plus que moi mais que de moyens supplémentaires que je n'ai pas !Au fil des ans, j'ai beaucoup réfléchi à notre condition de directeur. Ma pensée a évolué. Je ne vois plus les choses comme au début de ma direction. Je me dis que nous devrions être alignés sur le statut des chefs d'établissement. Etre dans le même corps. Un corps unique de direction comportant 3 étages (école, collège, lycée) avec passerelles.Il faudra bien qu'un jour ou l'autre nous acceptions d'être recrutés par concours. C'est une condition minimum pour obtenir la reconnaissance de l'institution mais aussi celle de nos adjoints. Il faut également qu'on cesse de croire ou dire que tous les directeurs sont irréprochables et que les problèmes proviennent des adjoints. C'est également affaire de crédibilité. Comme dans toutes les professions, il y a chez nous des gens incompétents. Ni plus ni moins. Et statut ou pas, ceux-là ne s'en sortiront pas mieux dans leur école s'ils n'ont pas le minimum d'envergure, de charisme ou d'autorité naturelle pour conduire une équipe. Regardons autour de nous et faisons preuve de réalisme et d'objectivité : nous en connaissons tous qui ne sont pas taillés pour faire ce métier.Un concours garantirait un recrutement de meilleure qualité en créant une sorte de cercle vertueux. Je pense également qu'il nous faut accepter et même revendiquer un statut hiérarchique. Je m'explique : par statut hiérarchique, je veux qu'on me reconnaisse avoir autorité sur mon personnel. Je ne veux pas, pour autant, les noter. Je laisse ce rôle à l'inspecteur (IEN ou IA). Ce que je dis n'a rien d'original. Quelqu'un d'autre (Anne-Marie si je me souviens bien) l'a très bien écrit ici même il y a quelques jours. J'adhère à son commentaire tout en sachant que nous sommes probablement minoritaires à l'heure actuelle. Pourtant, il n'y a pas d'alternative autre que celle -là si nous voulons être entendus, écoutés et reconnus.Les esprits évolueront certainement dans ce sens, j'en suis persuadé. Mais... je serai sans doute en retraite à ce moment-là.Didier

Paul 22/02/2008 11:23

Du même Fotinos, de la même MGEN; en 2006:
Le moral des directeurs d'école est au "36e dessous" et leur état "est pire que ce que l'on craignait", a révélé jeudi à l'AFP l'auteur d'une enquête inédite de la Mutuelle générale de l'Education nationale (Mgen) sur le climat dans le primaire.

Cette enquête, qui sera publiée en octobre, a été réalisée par Georges Fotinos, conseiller du président de la Mgen et ancien inspecteur général, auprès de 900 directeurs d'école de toute la France, de décembre 2005 à février 2006. Elle sera diffusée dans les 50.000 écoles du territoire avec le concours de la Maif, la mutuelle des enseignants.

Préfacée par le pédagogue Philippe Meirieu, elle dresse un constat "effroyable" selon Georges Fotinos : "le roi est nu, le moral des directeurs d'école est pire que ce que l'on craignait. Leur moral est au 36e dessous alors que ce sont des responsables d'école".

Comme quoi, ne pas avoir de statut c'est pire...
à méditer.

Sur les programmes le problème n'est pas d'y être ou pas associer, c'est qu'ils sont inutiles!
Le retour aux fondamentaux se déclinent depuis Chevenement en 1984 avec autant de programmes que de ministres...
Si la solution était d'en pondre un nouveau, ça se saurait.
Effectivement, faire un caprice pour y être associer est à méditer.

Sur le pouvoir d'achat... Il baisse depuis une 20 d'années...
À méditer, aussi, quand on sait que nous battons un record mondial; le nombre de syndicats qui s'occupent des enseignants français: un grosse dizaine!

merlin 22/02/2008 10:47

Et on peut facilement imaginer quel numéro d'équilibriste on demande aux directeurs et directrices d'école qui doivent gérer les mêmes relations avec les enseignants sans même avoir la protection d'un statut!Mais si leur sort est si enviable et si dynamisant pour l'équipe, pourquoi leurs syndicats ne demandent-ils pas un alignement des chefs d'établissement sur la fonction de dirlo ? Faut que j'en parle au principal de mon secteur ( collège = 378 élèves, Mat + Elém = 360 élèves).......je crois que ça va le faire rire ( on s'entend bien et il a de l'humour!)

Dedel 22/02/2008 10:12

Concernant les nouveaux programmes, savez-vous que le SNUipp a fait savoir qu'il regrettait de n'avoir pas été associé à leur élaboration et qu'il manifeste son mécontentement ?Si l'essentiel de ces mesures était connu, les acteurs du primaire ont regretté unanimement qu'elles "sentent le bonnet d'âne et la blouse grise" des années 50, a expliqué Gilles Moindrot, secrétaire général du SNuipp-FSU (majoritaire), plutôt qu'"une école qui innove, qui donne goût de la vie, qui est gaie et qui épanouit". - Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU (majoritaire), à l'AFP : "L'enseignement à l'école élémentaire, c'est un équilibre, tout est important. De façon générale, les nouveaux programmes mettent beaucoup l'accent sur le « par cœur », l'apprentissage des règles, les automatismes... C'est très important, et les enseignants du primaire ont à coeur de travailler dessus, mais on ne peut pas faire qu'un enseignement ne soit que ça. On prive l'élève de la joie de grandir, de découvrir, on vole leur enfance aux élèves". Xavier Darcos "dit qu'il n'impose pas de pédagogie, mais en réalité il impose des choix, des règles. Par exemple les consignes sur « la rédaction » sont détaillées sur seulement cinq lignes dans les programmes, tandis que l'étude de la grammaire et de la conjugaison occupent une page entière".Autre point majeur de mécontentement : l'augmentation des salaires de fonctionnaires. Contrairement aux quatre centrales syndicales qui ont signé, la FSU rejette cette proposition qu'elle juge nettement insuffisante.Autre point : les résultats de l'étude réalisée par G. Fotinos auprès de 2000 chefs d'établissement (secondaire).Traditionnellement, le chef d'établissement devait faire face à un émiettement incroyable de ses tâches. Homme orchestre de son établissement, il va dans la même journée enchaîner des tâches très différentes comme une réponse à une enquête académique, la gestion d'un élève difficile, une réunion avec un enseignant, un coup de fil à l'inspecteur d'académie, le choix d'un fournisseur avec son gestionnaire etc. Un autre motif traditionnel de plainte concerne les relations avec les enseignants, souvent difficiles, parfois même inciviles. Enfin l'année dernière ils avaient largement fait remonter au ministère leur exaspération devant la multiplication des enquêtes académiques.A retenir cette phrase capitale : "Un autre motif traditionnel de plainte concerne les relations avec les enseignants, souvent difficiles, parfois même inciviles"Comme quoi il ne suffit pas d'avoir un statut pour que tout soit miraculeusement réglé. A méditer... 

Ecole primaire butte montceau - AVON 21/02/2008 13:58

Après avoir fait diversion avec le samedi matin (cf les interminables palabres que cela a entrainé), cette nouvelle diversion (l'annonce de "nouveaux" programmes) semble fonctionner à merveille.  En attendant, on évite de parler de l'essentiel : la suppression de 11 300 postes d'enseignants en 2008 (et le reste) ; surtout à la veille d'une élection.  Et puis dire à l'opinion que les enseignants ne font pas leur boulot (grammaire, calucul etc.) c'est s'assurer qu'une partie de l'opinion ne les suivra pas s'ils protestent au moment de la carte scolaire !