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Le statut de directeur d'école dans les projets présidentiels de 2012

 

Certains candidats ou partis évoquent le statut de l'école et de son directeur.

Qu'en disent-ils ?

 

Marine Le Pen
UMP
UMP & PS

Philippe Poutou 

 

La synthèse et les résultats de la consultation IFOP - GDID sont disponibles sur le site de l'Ifop à l'adresse suivante (cliquer sur le panneau ci-dessous) :

 

 

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 20:14
Le président Nicolas Sarkozy a affirmé vendredi à Périgueux qu'il voulait

Le Président de la République était ce vendredi 15 février à Périgueux, ville dans laquelle Xavier Darcos brigue un troisième mandat de maire. Venu soutenir son ministre, il a prononcé un important discours qui donne le coup d'envoi à la réforme de l'école primaire.

 
Retour aux "fondamentaux", recentrage sur l'apprentissage de la langue française et des mathématiques, introduction d'une "instruction civique et morale" où serait notamment abordée la question de la mémoire de la Shoah, réhabilitation du drapeau tricolore, de la figure de Marianne et de l'hymne national, évaluation des enseignants tous les deux ans... 
Nicolas Sarkozy a également fait allusion aux charges administratives des directeurs d’école : des charges de plus en plus lourdes. Il a aussi évoqué le pilotage de l’école primaire par les directeurs. Il attend les propositions de Xavier Darcos sur ce sujet.
 

[…] l’école primaire est un sujet qui m’est particulièrement cher. Et je sais ne pas être le seul dans ce cas. Il y a peu de sujets, en vérité, qui intéressent autant de monde : il y a dans nos écoles primaires près de 7 millions d’enfants et près de 400 000 professeurs. Sans compter le reste des Français, qui tous sont passés par l’école primaire et ont un avis sur la question. Mon ami Xavier a l’habitude de dire qu’il y a en France 64 millions de spécialistes de l’école ! Je vais tâcher ce matin d’être à la hauteur et de ne pas décevoir un si grand nombre ’experts…

Mais je voudrais d’abord m’adresser plus particulièrement aux parents d’élèves, pour leur dire combien je me réjouis de l’attention qu’ils portent à la qualité de l’éducation de leurs enfants. Accueillir un enfant dans une famille, c’est, nous le savons, le plus beau des cadeaux, le plus grand des bonheurs. Pourtant accueillir un enfant donne aussi de lourds devoirs. Avant d’être parents d’élèves, nous sommes parents d’enfants, et nous faisons confiance aux professeurs à qui ils sont confiés, à l’école primaire pour commencer, pour nous aider à les hisser vers la maturité, à les élever progressivement vers l’âge adulte, à leur apprendre le bon usage de la liberté et de la responsabilité qui va avec. Pour leur inculquer surtout les savoirs fondamentaux qui leur permettront d’apprendre avec succès au cours de leurs études, puis tout au long de leur vie.

Oui, vous les parents d’élèves, qui êtes d’abord des parents d’enfants, vous avez le droit d’être exigeants avec l’école primaire, parce que vous êtes exigeants avec vous-mêmes dans votre tâche d’éducateurs. Vous avez le droit de dialoguer avec les maîtres et de coopérer avec eux. Vous avez le droit d’attendre de l’école primaire de vos enfants qu’elle soit excellente, vous avez le droit de connaître les résultats qu’elle obtient. Et c’est mon travail, celui du gouvernement, celui du ministre, celui de tous les professeurs, d’être à votre écoute, de comprendre vos attentes et de vous offrir, pour l’instruction de vos enfants, une école qui leur permette d’acquérir effectivement – j’allais dire efficacement - les savoirs dont ils ont besoin pour devenir pleinement autonomes.

Notre école primaire a aujourd’hui une très longue histoire. Organisée systématiquement pour la première fois sous la Restauration par François GUIZOT, l’école prend la forme républicaine qu’on lui connaît, et à laquelle nous sommes si attachés, avec Jules FERRY, au début de la IIIe République. En vérité, on a tort de dire : « au début de la IIIe République ». Il vaudrait mieux inverser la formule et dire que c’est la IIIe République, bien plutôt, qui est née « au début de l’école primaire ». Tant il est vrai que la création de cette école laïque, gratuite et obligatoire, constitue son véritable acte de naissance et, au-delà, l’acte de naissance de toutes les Républiques françaises dignes de ce nom, jusques et y compris, bien entendu, la Ve, dans laquelle nous sommes. De 1881 à nos jours, l’école primaire a été l’inlassable fabrique des citoyens de notre pays. Si bien qu’à chaque nouvelle génération, en France, c’est la République toute entière qui renaît et se renouvelle par la grâce de notre école primaire.

[…]  l’école est communale depuis qu’elle est républicaine. L’école naturellement, doit l’essentiel à ses maîtres, j’y reviendrai dans un instant. Mais l’école, ce n’est pas qu’une affaire de professionnels. Parce qu’elle est un creuset où se rassemblent tous les enfants de France, parce qu’elle transmet les valeurs et les savoirs qui en feront plus tard des citoyens épanouis, engagés dans la vie familiale, dans la vie professionnelle, dans la vie sociale, l’école n’est pleinement républicaine que si elle est l’école de tout le monde. Les enjeux dont les maîtres sont les dépositaires sont tellement immenses qu’ils engagent la nation toute entière.

Certes, il faut bien du métier et du talent pour faire classe aux enfants de France, qui ne sont pas toujours de charmantes têtes blondes ! Nous savons que la diversité même de la nation, l’affaiblissement de l’autorité des parents, les difficultés de tous les jours que les élèves peuvent rencontrer en dehors de l’école, rendent complexe l’exercice par les professeurs de leur mission.

Mais la mission propre des élus, qui soutiennent et accompagnent les professeurs, est aussi d’incarner les attentes de nos concitoyens à l’égard de l’école, d’exprimer leurs espoirs et aussi leurs impatiences. Dans le modèle de l’école communale, on a une exacte illustration de ce que l’action conjointe de l’Etat et des collectivités locales peut produire de meilleur. Ce n’est pas un hasard au demeurant si dans la mémoire de l’école et des communes de France, il y a la figue dominante de l’instituteur-maire, Janus ô combien républicain : il est une synthèse vivante de notre école communale !

Ici, aujourd’hui, ce n’est pas l’instituteur-maire qui est à l’honneur, c’est mieux encore, c’est le maire-ministre de l’éducation nationale ! Je suis particulièrement heureux, mon cher Xavier, de saisir cette occasion pour rendre hommage, dans votre ville, à la fois à votre travail de ministre de l’éducation nationale et à votre travail de maire.

A l’école primaire, il est question de chacun des élèves, mais il est question aussi de nation et de République. Et Il n’y a pas de République sans un minimum de savoir partagé ; pas de République sans valeurs et sans références communes. Et toutes ces choses essentielles, qui sont le ciment d’une société libre, s’acquièrent à l’âge le plus tendre, sous l’autorité d’un maître, à l’ombre du préau protecteur, sur les bancs de l’école primaire.

Notre école primaire a bien changé depuis 1882, depuis l’époque des bancs et des préaux. Je le dis sans nostalgie aucune. Ces changements, à bien des égards, se confondent avec l’évolution sociale et culturelle tout entière de notre pays.

Il est une chose, cependant, qui, au milieu de tous ces changements, n’a jamais changé, une chose qui, au gré de toutes les vicissitudes de notre histoire, ne s’est jamais démentie : c’est l’extraordinaire

dévouement des maîtres d’école de ce pays. Du hussard noir de 1881 jusqu’au professeur des écoles de 2008 en charge, dans tel quartier sensible, de jeunes « primo-arrivants », en passant par Louis Germain, l’instituteur qui permit à Albert Camus de poursuivre ses études, c’est toujours le même idéal qui s’exprime, fait d’autorité et de patience, d’écoute et de fermeté. Chacune des mères, chacun des pères qui sont ici sait bien ce qu’il doit à celle ou à celui qui a appris à son enfant à lire, à écrire et à compter, à s’intéresser au monde, à apprivoiser les règles de la vie en société. Chacun d’entre eux sait bien à quel point la mission est difficile ; rendue plus difficile encore aujourd’hui par toutes les forces, extérieures à l’école, qui brouillent les repères et tendent à détourner nos enfants de la connaissance.

La valeur de nos professeurs, la grandeur et la difficulté de leur tâche, tous les parents la connaissent, nous la connaissons tous. Mais nous sommes avares de notre reconnaissance. Nous ne le leur disons pas assez à quel point nous les admirons et nous les aimons. C’est pourquoi je voudrais rendre hommage, au nom de la nation, au travail anonyme des professeurs des écoles de France, qui sont non seulement dignes des ancêtres qu’on leur oppose parfois – ces fameux « hussards noirs » de la République –, mais encore à bien des égards, je n’hésite pas à le dire, les surpassent : le champ des savoirs qu’ils doivent maîtriser est aujourd’hui bien plus étendu qu’en 1880 – aux disciplines traditionnelles s’ajoutent, par exemple, l’informatique, la langue vivante, la pratique artistique ; les publics d’élèves qu’ils accueillent sont plus hétérogènes, rendant l’acte pédagogique plus complexe. Et je ne parle pas ici des nouvelles tâches administratives qui incombent à ceux, nombreux, qui sont également directeurs d’école.

Ma conviction est que nous n’accordons plus à notre école primaire l’attention qu’elle mérite et qu’elle exige.

La raison en est toute simple : on a naturellement tendance à s’imaginer que tout va bien à l’école primaire. Cela tient sans doute à l’apparence paisible qu’elle nous renvoie : les enfants y sont encore si jeunes, apparemment si insouciants ; les problèmes semblent ne devoir surgir que dans la suite du parcours scolaire, au collège. C’est ainsi autour du collège que se sont focalisés la plupart des débats publics récents sur notre école.

La vérité, nous la connaissons aujourd’hui : pour les élèves qui sont à la peine, le collège n’est souvent que le révélateur de difficultés plus anciennes, de lacunes qui datent des premières années de l’école élémentaire et notamment du Cours Préparatoire.

De récentes enquêtes et autres rapports l’ont malheureusement démontré : contrairement à une opinion longtemps admise et encore répandue, notre école primaire ne se porte pas bien. Chaque année, ce sont plus de 15% des élèves qui en sortent en grande difficulté : soit plus de 100 000 enfants par an! Et ce sont les mêmes, exactement les mêmes enfants, que l’on retrouvera à l’issue de la scolarité obligatoire, dans la même situation – le mot n’est pas trop fort – de détresse scolaire. Car ce qui n’a pas été acquis à l’école primaire ne pourra plus l’être par la suite. Ces élèves qui ont échoué en primaire sont condamnés à subir, jusqu’à l’âge de 16 ans, une scolarité obligatoire qui ne peut plus rien leur apporter : parce qu’ils ne disposent pas des bases minimales pour la suivre. Se figure-t-on la souffrance ainsi accumulée pendant des années, à assister à des cours qu’on n’a pas les moyens de comprendre ? S’imagine-t-on l’ampleur de la frustration ainsi suscitée, la souffrance induite par cette mise en scène quotidienne et publique de l’échec de certains jeunes.

A ce noir tableau, si l’on ose dire, il faut ajouter les 25 autres pour cents d’élèves qui sortent de nos écoles primaires avec des « acquis fragiles » : entendons par là qu’ils n’ont pas encore les capacités de lecture et de calcul leur permettant d’accéder à l’autonomie. On atteint alors 40% d’une classe d’âge dont le niveau est insuffisant à l’entrée en 6e.

Cette situation, déjà relativement ancienne hélas, s’est aggravée : les résultats de l’enquête internationale, qui mesure les performances en lecture des élèves à la fin du CM1, montrent non seulement que la France est en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE comme de celle des pays européens, mais encore que ses performances sont en baisse par rapport à la précédente enquête. Même le niveau de nos meilleurs élèves recule légèrement. De son côté, l’enquête PISA menée par l’OCDE sur les élèves âgés de 15 ans révèle le manque de capacité des jeunes Français à mobiliser des connaissances et des compétences, notamment en sciences. En mathématiques, le pourcentage d’élèves « faibles » est passé, entre deux enquêtes, de 18% à 22%. Et en matière de compréhension de l’écrit, ce sont désormais 8,5% de nos enfants dont le niveau est jugé « très faible », contre 4% en 2000 !

Ce n’est pas seulement l’avenir de nos enfants qui se jouent au travers de ces statistiques, c’est en vérité celui de la nation tout entière.

Cette situation très préoccupante, nous en avons très vite pris la mesure et le ministre de l’Education nationale, à ma demande, s’y est attaquée dès son entrée en fonction.

Notre objectif est simple et ambitieux : diviser par trois, d’ici la fin de la mandature, le taux d’échec scolaire à la sortie du CM2. Si à l’issue du quinquennat, 5% des élèves quittent le CM2 sans maîtriser les connaissances de base, ce sera encore beaucoup trop, mais nous aurons déjà bien travaillé. A terme, notre but doit être bien sûr qu’aucun élève ne quitte l’école primaire sans maîtriser les savoirs essentiels qui conditionnent leurs chances de réussite au collège puis au lycée.

Les changements que nous avons décidés constituent la plus importante réforme de l’école primaire depuis des décennies. Je tiens ici à saluer le travail remarquable de Xavier Darcos qui a su concevoir l’école primaire dont notre époque et notre pays ont besoin. Ce projet est le fruit d’un long dialogue avec tous les partenaires de l’école, dialogue qui n’est du reste pas achevé. Mais la Nation n’aura pas à rougir de la copie que nous lui rendons.

La nouvelle école primaire que nous avons conçue est articulée autour de trois piliers : de nouveaux programmes, d’abord ; une nouvelle organisation du temps scolaire, ensuite ; un nouveau système d’évaluation, enfin.

Vous me permettrez de prendre quelques libertés avec la logique et de commencer par évoquer plus brièvement les deux derniers points.

En matière de temps scolaire, c’est une petite révolution qui est en marche. Pour la première fois, le temps d’apprentissage sera un temps différencié, afin de permettre aux élèves en difficulté de combler

leurs lacunes à mesure qu’elles apparaissent. La semaine d’enseignement, désormais ramenée à 24 heures, se rapprochera du temps d’enseignement pratiqué par des pays développés comparables. Au delà de ces 24 heures obligatoires pour tous les élèves, nous offrirons donc, dès septembre prochain, dans toutes les classes de l’école primaire, 2 heures de plus en petits groupes aux élèves les plus en difficulté. On se donne enfin les moyens de traiter le problème de l’échec à la racine et de proposer à chaque élève une pédagogie personnalisée.

Parallèlement, nous allons doter notre école primaire d’un véritable système d’évaluation permettant d’identifier rapidement les difficultés et de promouvoir les solutions qui marchent. Deux évaluations nationales témoins seront créées, qui serviront à mesurer chaque année les acquis des élèves au CE1 et au CM2. Chaque famille recevra systématiquement, non seulement les résultats de son enfant, mais également ceux de son école. Quant aux professeurs des écoles, leur évaluation aura lieu tous les deux ans (au lieu de 4 actuellement en moyenne). Elle s’attachera d’abord aux progrès des élèves, et non au choix de telle ou telle méthode pédagogique, laissé à la libre appréciation de l’enseignant.

Il faut concentrer tous nos efforts et toutes nos exigences sur les résultats et cesser de s’épuiser dans des débats sans fin sur les mérites autoproclamés de tells ou telle méthode. Les résultats, encore les résultats, toujours les résultats, voilà les seuls et véritables juges de paix qui doivent guider les choix dans ce domaine.

Mais la réorganisation du temps scolaire et le renforcement de l’évaluation ne sont encore que des moyens : ils doivent être mis au service d’un véritable projet éducatif. Ce projet éducatif, il vise chaque élève, mais il est aussi le projet de la nation toute entière, le projet que la nation choisit de mettre en œuvre pour sa jeunesse. Le projet éducatif, c’est un projet de transmission qui porte sur des valeurs, sur des contenus, sur des connaissances. Le projet éducatif de la nation se matérialise dans des programmes d’enseignement. C’est sur eux que je voudrais m’attarder maintenant.

Comme je l’écrivais déjà dans ma Lettre aux éducateurs, je considère qu’un Président de la République n’est jamais autant dans son rôle que lorsqu’il s’intéresse aux programmes scolaires. Pendant des années, le discours politique en matière d’éducation s’est cantonné à des questions d’intendance : moyens, dotations horaires, statut, que sais-je encore. Autant de questions importantes, qu’en aucun cas je ne néglige. Mais autant de questions qui ne sont pas encore l’essentiel, à savoir : que voulons-nous enseigner à nos enfants ? Ce problème crucial entre tous, nous l’avions abandonné à des « spécialistes », des « experts » qui rendaient en catimini une copie au ministre, lequel bornait souvent sa contribution, et par voie de conséquence, celle de la Nation, à apposer sa signature au bas d’un document pré-rédigé. Je dis que cela ne pouvait plus durer : les programmes scolaires sont un sujet politique et non technocratique.

Certes les élus du peuple n’ont pas vocation à se substituer aux scientifiques. Ce n’est pas à eux de produire le savoir, ce n’est pas à eux notamment d’écrire, ou de réécrire l’histoire. Il leur appartient en

revanche de déterminer ce qui, dans le champ immense du savoir, mérite d’être étudié par les élèves de France.

J’ai voulu que la République se saisisse à nouveau de ce sujet capital que sont les programmes scolaires. J’ai voulu que l’écriture des programmes scolaires ne soit plus la matière de brillantes disputes académiques ou le prétexte de querelles entre différentes chapelles de pédagogues. J’ai voulu qu’elle devienne l’affaire de tous ; qu’elle soit l’occasion de définir ensemble, dans les termes les plus clairs, un horizon commun pour nos enfants. J’ai voulu une chose plus simple encore : que ces programmes servent à améliorer le niveau scolaire de nos enfants ! Qu’ils soient un instrument efficace de progression pour chacun d’entre eux, directement consultables non seulement par les enseignants, mais aussi par les familles, qui doivent savoir et comprendre ce que l’on attend de leurs enfants. Singulière logique qui a longtemps prévalu dans notre pays, qui voulait que les exigences ne soient pas clairement formulées, ou alors noyées dans un sabir incroyable et pour tout dire inintelligible. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Alors franchement, si ce n’est pas clair, c’est qu’il doit y avoir un vice de conception. Cela ne serait pas si dramatique si ce n’était nos enfants qui en pâtissaient.

J’ai voulu en un mot qu’on revienne à l’essentiel, aux « fondamentaux » de l’école.

Les nouveaux programmes de l’école primaire présenteront en quelques pages, dans un langage évitant tout jargon, l’ensemble d’un cursus disciplinaire désormais recentré sur le français et les mathématiques. Ils donneront la priorité absolue à la maîtrise de la langue. Le vocabulaire, qui est un instrument de liberté ; l’orthographe, par quoi notre langue se tient debout ; la grammaire, qui est le commencement de toute pensée : toutes ces nobles disciplines sont enfin mises, ou remises, à l’honneur.

Nous voulons que l’enfant apprenne. Cette démarche rigoureuse d’appropriation doit commencer très tôt : aussi n’avons-nous pas oublié l’école maternelle : il s’agira d’en faire le lieu d’un véritable apprentissage de la langue orale. Car il est impossible d’apprendre à lire et écrire, tout aussi impossible de compter et de calculer, si l’on ne sait déjà parler correctement.

En mathématiques, le programme est tout aussi simple et ambitieux. Les automatismes en calcul seront créés aussi tôt que possible grâce notamment à la pratique régulière du calcul mental. Les programmes privilégient en outre la résolution de problèmes liés à la vie courante.

De façon générale, dans toutes les disciplines, l’accent est mis sur la mémorisation de connaissances et de compétences clairement identifiées, dont on pourra facilement vérifier l’acquisition : il y a un lien direct entre ces nouveaux programmes et le dispositif d’évaluation que j’ai évoqué tout à l’heure.

Mesdames et Messieurs, la nation attend de nous que l’école soit l’école et pas autre chose, c'est-à-dire un lieu d’apprentissage, un lieu d’initiation. Ne dispersons pas l’attention des élèves. Allons à l’essentiel, jour après jour. Ensemble, parents, élus, professeurs, femmes et hommes politiques, remettons de l’école dans l’école ! C’est ainsi que nous assumerons au mieux les responsabilités éducatives qui sont les nôtres et que nous préparerons, en même temps que l’avenir de nos enfants, l’avenir de notre pays.

Mais nous ne cherchons pas simplement à fabriquer de belles machines intellectuelles. Nous voulons aussi éduquer des enfants ouverts sur le monde, respectueux d’eux-mêmes et des autres, aussi attachés à leur pays et à leur identité qu’ils sont soucieux du genre humain. Nous voulons des enfants qui aient en tête et dans leur cœur un certain nombre de repères et de valeurs morales. En vérité, cette exigence d’une éducation morale ne s’ajoute pas à la mission de transmission du savoir : elle en est plutôt l’inséparable condition. Comment imaginer en effet que les connaissances puissent être apprises sans être ordonnées selon des principes supérieurs, selon une certaine vision, que nous souhaiterions humaniste, du monde ? Comment penser même qu’un enfant ignorant de toute règle puisse seulement être disposé à apprendre ? Voici pourquoi j’ai demandé à Xavier Darcos d’introduire dans les nouveaux programmes une partie spécifiquement consacrée à « l’instruction civique et morale ».

Dans le monde d’aujourd’hui comme dans celui d’hier, l’affirmation des valeurs morales, l’énonciation de règles de comportements applicables à tous, sont une absolue nécessité. L’enseignement moral et civique était au cœur du projet initial, celui porté par Jules Ferry. Nous avons eu tendance à le négliger, à l’oublier pour finir par y renoncer. Nous avons eu tort et comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, nous allons donc réintroduire cet enseignement dès l’école primaire.

Cette instruction civique et morale prévoit notamment l’apprentissage des règles de politesse, la connaissance et le respect des valeurs et des emblèmes de la République française : le drapeau tricolore, Marianne, l’hymne national – à l’écoute duquel ils devront se lever. Ouverte sur le monde et la cité, cet enseignement présentera également, pour les plus grands, les règles élémentaires d’organisation de la vie publique et de la démocratie : le refus des discriminations de toute nature, la démocratie représentative, l’élaboration de la loi et son exécution, les enjeux de la solidarité nationale… C’est dans ce cadre que s’inscrira l’initiation des enfants au drame de la Shoah en leur confiant la mémoire d’un des 11 000 enfants victimes de cette tragédie. Il s’agit d’une démarche contre tous les racismes, contre toutes les discriminations, contre toutes les barbaries, à partir de ce qui touche les enfants, c’est-à-dire une histoire d’enfants qui avait leur âge.

Au fond, il s’agit de donner à tous les enfants de France les premiers repères, qui leur manquent parfois si cruellement. Repères intellectuels, culturels, et moraux : ces trois dimensions sont inséparables,

elles sont constitutives de l’idée, si française au fond, d’éducation nationale.

Ce besoin de repères n’est pas une marque de frilosité. Les repères ne sont pas des bouées auxquelles on se cramponnerait par peur de ne pas savoir nager soi-même, par peur d’affronter le grand large : ils sont bien plutôt cela seul qui nous permet de le braver et de nous jeter dans l’inconnu. Ils ne sont pas des bornes, mais des instruments de navigation indispensables, à l’heure où le monde devient plus grand, plus inquiétant, plus complexe aussi. On a beaucoup présenté, et avec raison, la crise de l’éducation comme une crise de l’autorité.

Cette crise de l’autorité a des sources très profondes, inscrite dans les fondements mêmes du projet démocratique constitutif de la modernité. Nul ne peut prétendre s’opposer à ce mouvement de fond par lequel l’homme s’est progressivement affranchi des tutelles traditionnelles. Lequel d’entre nous d’ailleurs souhaiterait un retour en arrière ? Il convient cependant de prévenir un danger : celui que le savoir lui-même soit entraîné dans la chute des anciennes figures de l’autorité aujourd’hui si justement discréditées.

Nous avons voulu, autant que faire se peut, prévenir ce danger. L’école primaire que nous allons, dès l’année prochaine, construire ensemble consacre en effet à nouveau, de la façon la plus concrète qui soit nous l’avons vu, l’autorité du savoir – et partant, celle du maître qui en est le dépositaire.

Mais le maître et sa classe ne réussiront pas seuls. Mesdames et Messieurs, il y a parmi vous, je le sais, je l’ai souhaité ainsi, une majorité de parents d’élèves. C’est à eux que je voudrais, pour terminer, m’adresser. L’autorité sans laquelle il n’y a pas de transmission possible ne sera pas tout à fait rétablie si nous ne repensons pas en profondeur la nature du lien qui unit les parents et l’école. Il ne peut en effet y avoir, devant l’enfant, deux discours : celui de son professeur et celui de ses parents. Sur ce qu’il faut faire, sur ce qui est bon et juste, il ne peut y avoir de double discours ; il ne peut y avoir deux poids et deux mesures, deux systèmes de valeurs, entre lequel l’enfant serait ballotté. Bien évidemment, la plupart du temps, les relations parents-professeurs sont harmonieuses et se déroulent dans un climat de confiance réciproque. Mais beaucoup d’enseignants, je le sais, se plaignent dans certains cas, de ne pas être compris ou soutenus. Et beaucoup de parents se plaignent, eux aussi. Entre professeurs et parents, il faut se parler, il faut s’écouter ; il faut s’entendre enfin. Nous devons donc imaginer ensemble les conditions d’un dialogue véritable entre les différents éducateurs, afin que la maison et l’école parlent d’une seule et même voix, dans l’intérêt de l’enfant.

Et puisqu’il est question d’autorité, il n’est plus possible d’escamoter la question de l’autorité au sein de l’école. Ce qui doit être au centre de la classe, ce n’est pas l’élève qui a tout à apprendre et ne peut pas être le producteur des connaissances qu’il doit acquérir. Ce n’est donc pas lui qui peut faire autorité. Il faut remettre les choses à l’endroit : c’est le savoir qui doit être au centre de la classe, donc le professeur qui en est le dépositaire et le transmetteur qui doit faire autorité.

Je mesure combien le travail du professeur dans sa classe ressemble à celui d’un artisan solitaire. Ce professeur-artisan, pourtant, est aussi un agent public inséré dans une organisation publique qui s’appelle l’Etat. Tout groupe humain, quel qu’il soit, a besoin d’être dirigé. Les équipes enseignantes n’échappent pas à la règle. Il y a des principaux dans les collèges, des proviseurs dans les lycées. Sans méconnaître la grande valeur professionnelle des inspecteurs de l’enseignement primaire et des  directeurs d’écoles, il faut s’interroger, même si cela ne fait pas plaisir à tout le monde, sur le pilotage de l’enseignement primaire. J’ai toute confiance naturellement en Xavier DARCOS pour conduire cette réflexion et pour me faire des propositions.

*****************
  

Ce discours n'est pas nouveau : le candidat Sarkozy l'avait déjà tenu durant la campagne électorale des présidentielles. Il avait aussi souligné la charge de travail qui repose sur les directeurs d'école. Il avait également évoqué le "pilotage" des écoles primaires.

Il doit encore être largement précisé. Il reste aussi à nous prouver qu'il ne s'agit pas d'une simple opération de communication dictée par des enquêtes d'opinion, elles qui révèlent depuis quelques années une aspiration croissante des Français à une rupture avec le pédagogisme soixante-huitard.
Nous attendons maintenant que le ministre de l'Education nationale passe aux actes et que nous n'ayons pas à entendre ces propositions une troisième fois.

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merlin 20/02/2008 17:19

Dedel, juste quelques remarques:L'allègement des charges des dirlos est un leurre: nos charges ont augmenté, augmentent et augmenteront, c'est un fait et l'exemple que tu cites ( autorisations de sortie elles étaient dévolues aux IEN avant de l'être aux dirlos...dans l'indifférence syndicale générale.)les petits établissements du primaire; certes ils existent encore...mais de moins en moins, l'heure est aux regroupements avec des écoles qui font ou feront entre 8 et 15 classes environ. Des petits  ( ou moyens) collèges en fait.Le dirlo entrave au travail en équipe pourquoi ??????? comme le collègue précédent je pense que c'est plutôt l'inverse.Quand à Perrenoud qui est certainement quelqu'un de charmant et de compétent est-il le mieux placé pour savoir comment doit fonctionner une école et quels sont les problèmes quotidiens des dirlos? Le Snuipp nous abreuve aussi souvent des réflexions de grands penseurs...bien éloignés du terrain. Arrêtez dans les syndicats de vous faire confisquer la parole par d'autres qui seraient d'après vous mieux qualifiés pour parler de nos problèmes que les dirlos ou adjoints.  Que Perrenoud gère son université en équipe avec un CDM décisionnaire et ce sera bien .; mais je ne suis pas certain que ce soit le cas. Quand à la " culture du primaire" excuses-moi, mais quand un système a montré sa faillite ( et c'est le cas du fonctionnement des écoles actuellement qui survivent grâce à la bonne volonté des collègues mais à leurs dépends aussi) et bien il est intelligent de le changer!

ben 20/02/2008 15:04

A Dedel,Ta démonstration est parfaite. Ce que tu défends est donc la réalisation d'un rêve (c'est toi qui le dis !!)Même si tu n'engages pas ton syndicat, tu le mets très souvent en avant à travers tes commentaires et c'est aussi le même rêve que vous faites.Réveille-toi, réveillez-vous !!Les directeurs ne sont pas opposés au travail en équipe et quand une équipe fonctionne dans une école c'est pratiquement toujours parce qu'il y a un directeur qui anime, coordonne, active l'ensemble.Arrête d'agiter le chiffon rouge du chef, c'est ridicule, les directeurs veulent que la spécificité de leur métier, dont l'animation des équipes soit reconnue, ça n'est pourtant pas compliqué à comprendre !!!Et je termine comme toi ... mais...on peut rêver !!!!!!!

Ewen 20/02/2008 10:31

Perrenoud a parfaitement raison et c'est même la seule manière cohérente d'aller de l'avant et de répondre aux  problématiques d'aujourd'hui. La demande de liberté pédagogique n'est pas remise en cause mais au contraire émancipée, combien de profs se cachent dans leurs petites classes, incapables de justifier de leurs méthodes, ne souhaitant pas les expliquer aux parents des élèves car ils 'n'ont pas à le faire ! ' Un élève pour devenir autonome a besoin d'autre chose que la case du prof, surtout si on y trouve un contenu bien éloigné de celui de la case du précédent.Et cette équipe, pour exister, a besoin d'un directeur qui soit suffisamment au fait des projets de son école  pour coordonner, apporter les ingrédients quand il le faut, orienter si besoin etc... On est loin des préoccupations du directeur qui dirige, coupé de la vie de sa propre école, ne répondant qu'aux seules exigences d'une administration inefficace. Il faudrait un professionnel, formé à la communication, reconnu par ses anciens pairs ( apte à  les défendre aussi ) et capable de faire vivre des projets qui ne sont, à l'heure actuelle, que de ridicules dossiers obligatoires de par la loi de 89. Un statut est nécessaire mais à condition de définir les nécessités.Les minables avancées récemment imposées grâce à un syndicat qui s'est fourvoyé, apportant l'aumône comme cerise sur le gâteau, sont mises en avant régulièrement par un ministre trop heureux de répondre régulièrement à la presse comme aux députés : circulez y'a plus rien à voir, regardez comme ils ont obtenu satisfaction!

Dedel 19/02/2008 18:48

Pour apporter des solutions au fonctionnement de l’école :On peut raisonner en terme d'individualisme, Dans ce cas, tu vois le côté aménagement de la fonction de directeur pour la rendre moins pénible ou moins prenante au quotidien. Mais, ne pourrait-on pas exiger de réduire les tâches qu'on a amoncelées au fil des ans ? Combien d'enquêtes qui ne servent à rien et qui pourraient nous soulager d'autant ! Il est des responsabilités dont on devrait être déchargés, je pense notamment aux autorisations de sortie. Un adjoint est-il irresponsable au point qu'on ne lui permette pas de prendre lui-même la décision d'emmener ses élèves dans le parc voisin ? En faisant le point sur tout ce qui nous est demandé, on trouverait largement de quoi alléger nos charges et nos responsabilités.On peut aussi raisonner en terme de travail collectif et cette fois, on pense à l'intérêt de l'élève. C'est la thèse que soutient le sociologue Philippe Perrenoud, (professeur à l’Université de Genève) qui dit ceci : "aussi longtemps que le travail d’équipe est l’exception, il perturbe la gestion du système, faite pour des individus interchangeables. Si la coopération devenait la règle, la figure s’inverserait, les règles, les principes de gestion seraient progressivement conçus pour que l’institution puisse dialoguer avec des collectifs constitués et tenir compte de leurs besoins, sans être obligée de déroger ou de bricoler des solutions de fortune. Les systèmes éducatifs actuels me semblent engagés dans une phase de transition : le travail en équipe n’est plus pestiféré, il apparaît même un gage de professionnalisation, mais les procédures d’attribution des postes, de gestion des carrières, d’évaluation restent pensées pour des individus". Ph. Perrenoud fait allusion aux équipes éducatives. Mais à y réfléchir, on pourrait imaginer une école de taille humaine fonctionner de la sorte. Là, je n'engage pas mon syndicat. C'est une réflexion toute personnelle.Forcément, on aboutit à un tout autre fonctionnement pour gérer une école de cette manière. Et si l'on y arrive, alors tous les collègues se sentent davantage impliqués dans le projet de l'établissement et prennent leurs responsabilités. Le directeur reste naturellement indispensable mais son travail s'en trouve réellement et fortement soulagé. Tu vois, des solutions existent. Oh je sais, pas simples à mettre en oeuvre, mais... on peut rêver

merlin 19/02/2008 16:36

C'est une analyse. C'est la tienne et j'ai la mienne. Je note cependant que l'esprit " individualiste" des enseignants ( qui est réel) s'accomode mal du travail d'équipe que l'on met en avant et de la prise de reponsabilités volontaire des enseignants au sein de cette même équipe que certains syndicats mettent en avant comme remède à tous les maux de la direction en particulier et de l'école en général. Nombre d'entre eux trouvent je pense beaucoup plus confortable une vraie direction ce qui leur libèrerait du temps pour leur travail de classe. J'ai déjà écrit ce que je pense de la direction collégiale et du CDMD. Je suis satisfait de lire que tu partages mon analyse sur l'individualisme enseignant. Dernier point: les enseignants préfèreraient -ils avoir un vrai directeur auprès d'eux, ou un chef coordinateur un peu plus loin d'eux ? Car c'est ça la VRAIE question!

Cedric58 19/02/2008 14:18

Bonjour MerlinJe ne viens pas au secours de Dedel. On n'est pas du même syndicat mais surtout il est capable de défendre ses idées tout seul, il l'a montré.Simplement, plus qu'une histoire de syndicat qui se serait dressé contre les directeurs pour ne pas pas voir une "tête dépasser" selon ton expression, c'est le poids des traditions de l'école communale à l'école d'aujourd'hui qui a forgé et figé la situation actuelle. L'école primaire a toujours eu cette tradition qu'on retrouve fortement ancrée dans les esprits encore de nos jours : les enseignants y sont très individualistes et ont toujours refusé d'avoir un chef auprès d'eux. On trouvait normal que quelqu'un dirige l'établissement et qu'en contrepartie, il ait quelques avantages. A l'poque, le directeur, plus encore que les instituteurs, était un véritable notable dans sa commune. Et souvent, ça lui apportait quelques menus avantages supplémentaires. Il était reconnu. Il possédait le savoir. Cette reconnaissance-là était bien plus importante, aux yeux de tous y compris les siens, qu'une reconnaissance institutionnelle.Tout cela a perduré jusqu'à perdre de sa consistance puisqu'on le sait bien, un instituteur ne représente plus grand chose dans la société actuelle. Seulement, voilà, dans les esprits des adjoints et de beaucoup de directeurs actuels, l'idée d'avoir ou d'être un petit chef est insupportable. Les syndicats ont dû (et doivent encore)tenir compte de cette donnée. Certes, les esprits commencent à évoluer quelque peu sur ce sujet et dans notre syndicat (le SE), tu l'auras remarqué, l'idée fait doucement son chemin qu'il faut obtenir des avancées supplémentaires pour les directeurs surtout ceux qui ne sont pas encore déchargés. L'obtention d'1/4 pour les 4 classes s'inscrivait dans cette nouvelle approche. C'est nettement insuffisant, ça ne va pas assez vite, j'en conviens. Mais il faut continuer. Et ça irait certainement plus vite si on était plus nombreux à lutter ensemble.

merlin 19/02/2008 13:55

Que tu as raison! Mais, je cite: " Unis contre......ils ( les directeurs) " aucune ambiguité , il s'agit bien des dirlos ( dont je faisais partie ( pour la petite histoire).Les services ? il suffisait de le prévoir dans les textes comme possibilité afin que chaque école s'organise...mais ce que l'on tolère des Rased ( ils se déplacent...pas toujours là...;très occupés...) on le refuse aux dirlos....Mon propos ne vise qu'à recadrer certains propos tenus sur le forum: non, l'absence de progression sur la situation des dirlos ne provient pas d'un problème de " caisses vides" comme on veut nous le faire croire mais bien d'un combat idéologique syndical ancien qui a toujours visé à refuser aux dirlos toute avancée qui pourrait laisser à penser qu'ils ont un ....statut? différent de celui des adjoints: on nivelle , aucune tête ne doit dépasser ! ... quand aux mesures d'avancement plus rapide pour les dirlos permettant de compenser un peu leur charge de travail ... pourquoi les syndicats ne les ont-ils jamais reprises ... ce qui leur a coûté la plus grande partie de leurs adhérents dirlos d'ailleurs, j'en parle encore en connaissance de cause!

Dedel 19/02/2008 10:55

Si on refait l'histoire, il faut le faire complètement, Merlin.Sur les "maîtres directeurs" de Monory, souviens-toi (ça dépend de ton âge, évidemment) : la réaction est venue des directeurs eux-mêmes qui se sont retrouvés en tête des actions syndicales pour rejeter cette réforme. Il faut le préciser car on pourrait croire, à te lire, que c'est encore un mauvais coup des syndicats contre les directeurs...Ensuite, tu parles des services de récré. N'oublie pas que l'immense majorité des écoles ne comporte que peu de classes donc peu d'adultes. Ce qui fait qu'en retirant le directeur du tableau des services, il reste peu de monde pour assurer une rotation, permettant ainsi à tous les collègues de souffler un peu. Tu imagines dans une école de 3 classes, le directeur laissant ses 2 collègues faire tous les services et lui rien...Je voulais juste apporter ces précisions pour resituer le débat dans toute son objectivité. Il ne faut pas toujours taper sur les syndicats. Ils ne sont pas responsables de tous les maux de la terre, Merlin.

merlin 19/02/2008 09:37

Un peu d'Histoire: depuis presque 20 ans, il y en a eu des demandes de reconnaissances de la part des dirlos. Unis contre le statut des maîtres directeurs, ils se sont vite aperçus qu'ils avaient les charges prévues des maîtres directeurs sans en avoir les retombées financières et en terme de reconnaissance. On a alors proposé aux syndicats ( qui avaient fait scission) un avancement automatique pour les dirlos au choix ou au grand choix, plus tard ( après les PE) une intégration " prioritaire" dans le corps de la Hors classe, ces mesures pouvaient tenir compte de l'ancienneté dans la fonction de dirlo pour éviter les " vocations" des 5 dernières années de carrière, une exonération si besoin des services de cours pour gérer pendant les récrés les petites affaires quotidiennes...... j'en oublie!  Toutes ces propositions n'ont jamais été reprises par les syndicats , soucieux de ne pas différencier le dirlo des adjoints , ....alors que les charges augmentaient régulièrement. Alors chers collègues , attendez-vous à avoir à gérer l'accueil pendant les vacances, l'organisation des 2 heures de soutien et d'autres surprises pour la rentrée, mais rassurez-vous....l'équipe sera derrière vous comme il y a 20 ans !!

ecole.pagnol 18/02/2008 23:09

Oui, IL a dit qu'il donnerait du pouvoir d'achat et qu'IL suivrait les yeux fermés la commission Attali, comme on a pu le voir pour les taxis. Il fera comme son fils qui  devait "soutenir Martinon jusqu'à la mort"!Bon, cela dit on ne sera pas des chefes d'établissement et c'est toujours ça... (humour, humour, il ne nous reste plus que ça..)@+signé Marcel

VALMORI Patrick 18/02/2008 23:03

Très bien vu, Henri. Je te suis à 100 %. D'ailleurs, à part l'école, existe-t-il une structure, une société, une entreprise... qui n'ait pas de réel pilote à sa tête ? Ne cherchez pas, il n'y en a pas. Comme le dit Henri, tout fonctionnement social repose sur des règles simples qui ont trait au respect d'une autorité. Cette dernière peut se concevoir sous des formes différentes et très diverses, c'est vrai. Mais rien ne peut fonctionner correctement sans une autorité, un pilote, un guide, un meneur... Dans une école, ça s'appelle un directeur.

Henri 18/02/2008 13:34

Comment ne pas être d'accord avec Valmori ?Ce discrédit du terme "autorité" et l'avalanche de fantasmes de tous ordres qu'il véhicule fait pitié !En quoi une autorité serait-elle brimante ? De combien, nous-mêmes, tous, ici présents, adultes (enfin, en principe !)  de combien donc d'autorités sommes-nous les sujets ? la justice, les lois (quelles qu'elles soient !), nous baignons dans un ensemble de contraintes, de codes, de cadres législatifs, etc... qui font qu'une paix sociale (peut-être relative aux yeux de certains, mais quand même !) est possible !Le législateur l'a prévu ainsi et tout contrat social ou autre repose sur une acceptation tacite, implicite d'une autorité !En quoi et pourquoi, l'école échapperait-il à ce fonctionnement ? On demande au directeur de faire fonctionner une école, une "équipe" mais on le lie pieds et poings pour l'empêcher de pallier tout type de dysfonctionnement inhérent à l'existence d'une équipe, d'une collectivité humaine ! Curieuse contradiction, aux effets dévastateurs !

VALMORI Patrick 18/02/2008 09:00

Ewen, si on n'a pas un statut clair et précis, comme le suggère Anne-Marie, alors il ne faudra pas s'étonner de voir se multiplier les cas bien actuels où des directeurs rencontrent les plus grandes difficultés à mettre en place un simple service de surveillance de récréation...Il faut évidemment laisser la notation aux IEN. MAIS il faut un texte clair stipulant que "le directeur a autorité sur les enseignants de son école". Faute d'accepter ce minimum, on continue dans le flou avec les conséquences qu'on sait pour certains de nos collègues.

Paul 17/02/2008 10:35

Bonjour Ewen,
devenir un petit chef
...
faire de bons soldats
...
De qui es-tu le petit-soldat?

Ewen 16/02/2008 22:40

Il est vrai que mon message était lapidaire.Je suis directeur et lutte depuis belle lurette pour un statut qui permette enfin de sortir des problèmes que nous connaissons presque tous. Imposer un statut hierarchique aux collègues, qu'ils soient adjoints ou directeurs, cela ne passera pas et ce n'est pas cela dont on a besoin, ce n'est pas cela non plus qui est demandé ( voir sondage assez exhaustif IFOP ). Je ne le souhaite pas non plus car 'le climat dans les écoles ' risquerait de devenir intenable dans nombre d'endroits. J'ai connu de petits sergents sans statut et j'ai toujours eu à l'esprit de ne pas agir de la sorte depuis que j'exerce ce métier.Concernant l'apprentissage de la langue française,  évidemment il faut une qualité d'apprentissage car, comme tu le rappelles, il y a de sérieux enjeux, ces derniers concernant surtout les enfants des familles défavorisées. Cette qualité d'apprentissage doit concerner l'oral dès le plus jeune âge. Mais il faut bien savoir ce que cela signifie; décréter un qualititatif et un quantitatif avec force ne permet pas d'avancer très facilement; le langage est le lien avec la famille et c'est là qu'il prend d'abord toutes ses dimensions, affective, communicative ... Plus de travail à l'oral ne suffit pas. Mais il faut le faire, c'est primordial. L'idéal serait d'inventer un subtil accompagnement des familles mais encore faudrait -il faire venir les familles qui ont justement des problèmes avec le langage !Concernant l'écrit, et c'est là mon entier désaccord avec des décisions présidentielles d'un autre âge, on pourra faire faire aux élèves  toutes les analyses possibles, les faire utiliser  tous les métalangages sans jargon aucun, faire rentrer la langue dans des petites boites dont seuls les adultes comprennent les subtilités ( parfois avec toute l'émotion d'un Bentolila ), on n'apprendra pas aux élèves à communiquer, à s'exprimer, à proposer, à justifier, à expliquer etc... Pour apprendre à parler, on parle et il ne faudrait qu'analyser et disséquer pour écrire ? Il faut écrire, écrire et encore écrire, de manière régulière, dans des situations différentes, dès les premières représentations de maternelle jusqu'au CM2. Ce travail réclame une priorité, des choix, de la régularité, des actions fortes, de la communication vraie ( pas celle de faire plaisir au prof sur une page de petit cahier Séyes ),de l'expression entendue, des projets ....bref bien autre chose que des leçons de grammaire. Ces dernières doivent prendre une place raisonnable et utile et ne pas mobiliser tout le temps. Il existe des manières de faire en orthographe qui sont assez efficaces sans prendre non plus tout le temps de l'écrit. Sans ces orientations, les exercices d'applications fournissent une illusion qui disparaît très vite dès qu'on passe à l'écriture des textes.

mat pu j.prevert 16/02/2008 14:31

Je suis en complet désaccord avec ce que vous avez écrit, Ewen.1. sur le problème de la directionOn n'entend que ça : des collègues qui se plaignent de ne plus parvenir à mener à bien leur fonction. Pour des raisons liées à la lourdeur des tâches qui nous sont imposées année après année. Faute de statut, il nous faut tout accepter sans dire mot sous peine de nous voir retirer notre emploi.Pour des raisons d'autorité aussi et surtout. A leur manque d'autorité naturelle, les collègues en difficulté avec leurs adjoints pourraient s'en sortir avec une autorité institutionnelle que nous confèrerait un statut.Pour ces deux raisons, il nous faut un statut et c'est ce que j'ai déjà expliqué sur ce site le 31 janvier dernier :je pense que nous devons être plus radicaux dans nos exigences. Il nous faut une vraie réforme de la direction d'école. Il faut tout mettre à plat et remplacer les demi-mesures par de réels apports : un STATUT reconnaissant l'autorité du directeur sur son équipe (laissons la notation aux IEN), l'intégration dans le corps des chefs d'établissement (nous aurons ainsi un vrai syndicat pour nous représenter), une grille salariale spécifique, une indemnité de direction adaptée (comme les chefs d'établissement), des décharges appropriées et des moyens matériels du XXIème siècle... 2. sur le problème de la maîtrise de la langue Mais comment apprendre une langue, quelle qu'elle soit, si on n'en connaît ni les règles de grammaire ou d'orthographe, ni le vocabulaire ? Sauf à baragouiner quelques rudiments avec deux ou trois centaines de mots, comment avoir des chances de promotion sociale et ne pas être victime de la pauvreté de son langage ? Si l'école ne se charge pas de cet apprentissage, qui le fera ? Les familles ? Oui, celles qui en ont les moyens financiers ou celles qui ont le pouvoir par la culture et les diplômes.Ne voyez-vous pas la fuite de notre école publique vers le privé ? Et qu'en serait-il de l'école publique si le privé avait la possibilité d'ouvrir des classes en fonction de leurs besoins ?Attention, Ewen, votre jugement est extrêmement dangereux. Il ne peut que desservir les directeurs si nous refusons un véritable statut et il ne peut que nuire à l'école publique si celle-ci refuse d'instruire les enfants comme les parents l'attendent de plus en plus.Anne-Marie

Ewen 15/02/2008 22:52

En tant que directeur, je souhaiterais que cela soit plus explicite ;je ne veux pas, comme nombre de mes collègue devenir un petit chef.En tant qu'enseignant, je suis effrayé; enseigner la langue française par la grammaire, l'orthographe et le vocabulaire ?Voudrait -on enseigner une langue morte ?De quels fondamentaux parle - t -on ? De ceux qui font de bons soldats ?Liberté pédagogique pour enseigner les questions que se pose le chef de l'Etat en son for intérieur ?Inquietant.